Selon BMF - International, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a salué mardi 15 avril 2026 les récents signaux émis par Budapest concernant une possible adoption de l’euro à moyen terme. Cette déclaration intervient dans un contexte où l’Union européenne (UE) continue d’encourager les États membres encore hors de la zone euro à rejoindre le mécanisme, tout en surveillant les risques économiques persistants.
Ce qu'il faut retenir
- La Hongrie envisage désormais une adoption future de l’euro, une première depuis son adhésion à l’UE en 2004.
- Christine Lagarde a confirmé cette évolution lors d’une allocution publique, sans préciser de calendrier précis.
- L’UE reste prudente sur les risques d’approvisionnement en kérosène et en énergie, qui pourraient perturber la transition.
- Budapest n’a pas encore engagé de démarche officielle pour intégrer le mécanisme de change européen (MCE II).
Budapest franchit un pas symbolique vers l’euro
Lors d’un discours prononcé à Francfort, Christine Lagarde a évoqué « une ouverture encourageante » de la part des autorités hongroises. « Cela pourrait être le cas à l’avenir », a-t-elle déclaré, sans pour autant s’engager sur un calendrier. La Hongrie, dirigée par le Premier ministre Viktor Orbán, avait jusqu’ici maintenu une position ferme contre l’adoption de l’euro, privilégiant la couronne hongroise comme monnaie de référence. Pourtant, les récentes déclarations suggèrent un changement de posture, même prudent.
Côté hongrois, le gouvernement n’a pas encore officialisé de feuille de route. Selon des sources diplomatiques citées par BMF - International, Budapest étudie désormais les conditions macroéconomiques nécessaires à une telle transition. Une intégration dans le MCE II, préalable obligatoire à l’adoption de l’euro, pourrait être envisagée d’ici 2027, si les critères de convergence sont remplis.
L’UE entre vigilance et opportunité
L’Union européenne suit cette évolution avec attention, alors que plusieurs pays, dont la Pologne et la République tchèque, restent réticents face à une adoption accélérée de l’euro. Bruxelles a rappelé que les critères de Maastricht — dette publique inférieure à 60 % du PIB, inflation maîtrisée, déficit budgétaire limité — devaient être respectés. « L’euro n’est pas une fin en soi, mais un outil au service de la stabilité économique », a rappelé un porte-parole de la Commission européenne.
Parallèlement, l’UE reste en alerte face aux risques d’approvisionnement en kérosène, évoqués par plusieurs États membres. « Dans un avenir proche, des problèmes d’approvisionnement ne sont pas exclus », a indiqué une source européenne à BMF - International, soulignant la dépendance du continent aux importations énergétiques.
« L’euro représente une opportunité pour les économies européennes, mais il doit s’inscrire dans une stratégie globale de résilience. » — Christine Lagarde, présidente de la BCE
Quelles prochaines étapes pour la Hongrie ?
Pour intégrer la zone euro, Budapest devra d’abord rejoindre le MCE II, un mécanisme de change qui limite les fluctuations de la monnaie nationale par rapport à l’euro. Une période de stabilité d’au moins deux ans est généralement requise avant l’adoption définitive. Les analystes soulignent que la Hongrie devra également renforcer sa crédibilité financière, notamment après des années de tensions avec Bruxelles sur l’État de droit et les réformes économiques.
Côté hongrois, le ministre des Finances Mihály Varga a indiqué que « aucune décision hâtive ne serait prise ». Une prudence qui reflète les divisions au sein du gouvernement sur la question monétaire. Pourtant, la pression européenne et les incertitudes économiques pourraient accélérer le processus.
Reste à savoir si Budapest parviendra à concilier ses priorités nationales avec les exigences européennes, dans un contexte économique toujours marqué par les séquelles de la crise énergétique et les tensions géopolitiques.
