Cinq des sept personnes coincées dans une grotte à moitié inondée au Laos depuis le 20 mai 2026 ont été secourues entre le vendredi 29 et le samedi 30 mai, ont annoncé les secouristes sur place. Selon BMF - International, les deux personnes restantes sont toujours portées disparues.
Les cinq premiers rescapés ont été extraits vendredi 29 mai, tandis que quatre autres ont été libérés samedi 30 mai, a précisé Lee Kian Lie, un plongeur secouriste malaisien joint par l’AFP.
« Le niveau de l’eau a été abaissé par pompage, ce qui leur a permis de sortir. »La libération du premier homme, vendredi après-midi, avait été documentée par une photo diffusée sur Facebook par un groupe de secouristes thaïlandais. On y voit trois sauveteurs guidant un individu trempé et couvert de boue sur un sol instable.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq personnes ont été extraites d’une grotte inondée dans la province de Xaysomboun (centre du Laos) après dix jours de piège.
- Le premier rescapé a été libéré vendredi 29 mai à 15h10 heure locale (10h10 à Paris), suivi de quatre autres samedi 30 mai vers la même heure.
- Deux personnes restent portées disparues et font toujours l’objet de recherches.
- Les sept hommes étaient bloqués depuis le 20 mai, après des crues soudaines ayant isolé la caverne où ils cherchaient de l’or.
- Le niveau d’eau a été abaissé artificiellement par pompage pour faciliter l’extraction.
- La grotte se situe dans une zone montagneuse reculée de la province de Xaysomboun.
Une opération de sauvetage sous haute tension
L’extraction des cinq premiers rescapés s’est déroulée dans un environnement particulièrement hostile. La grotte, à moitié submergée, présentait des conditions périlleuses pour les sauveteurs. Les images partagées par Thailand Rescue Diver sur Facebook montrent les hommes épuisés, soutenus par des plongeurs équipés de combinaisons étanches. Le premier libéré, vêtu de haillons boueux, a été immédiatement pris en charge par les équipes médicales sur place.
Selon les secouristes, l’opération a été rendue possible grâce à un pompage intensif permettant de réduire le niveau de l’eau. Lee Kian Lie a confirmé à l’AFP que cette méthode avait été décisive pour permettre aux hommes de sortir. « Sans cette baisse du niveau d’eau, l’accès à la grotte serait resté impossible », a-t-il souligné. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué sur les moyens techniques employés pour le pompage, mais on sait que des pompes portatives ont été mobilisées en urgence.
Un groupe isolé depuis le 20 mai dans une région reculée
Les sept hommes, tous des adultes, se trouvaient dans une caverne située dans une zone montagneuse de la province de Xaysomboun. Selon les médias d’État laotiens, ils y étaient piégés depuis le 20 mai, après que des crues soudaines ont bloqué l’accès à la grotte. Leur objectif initial était de chercher de l’or, une activité courante dans certaines régions du Laos malgré les risques qu’elle comporte.
C’est seulement mercredi 28 mai que les cinq premiers survivants ont été localisés, blottis dans un étroit puits à environ 300 mètres de l’entrée de la grotte. Leur position, à la fois isolée et difficile d’accès, a nécessité une coordination complexe entre plongeurs, alpinistes et équipes médicales. Les deux disparus, dont les noms n’ont pas été divulgués, étaient probablement dans une partie encore plus profonde de la grotte, rendue inaccessible par l’inondation.
Un bilan encore provisoire dans l’attente des disparus
Les autorités laotiennes n’ont pas encore révélé l’identité des rescapés ni leur état de santé. On ignore si des complications médicales sont à déplorer parmi les cinq extraits. Les secouristes ont indiqué que les hommes présentaient des signes de déshydratation et d’épuisement, mais aucune blessure grave n’a été signalée pour l’instant. Les deux disparus, quant à eux, font toujours l’objet de recherches intensives, mais les chances de les retrouver vivants diminuent à mesure que le temps passe.
Les opérations se poursuivent ce dimanche 31 mai, avec pour objectif de localiser les deux derniers membres du groupe. Les sauveteurs doivent maintenant faire face à un dilemme : poursuivre les recherches dans une zone inondée et instable, ou se concentrer sur la sécurisation des galeries pour éviter tout nouvel effondrement. Les autorités n’ont pas précisé si de nouvelles techniques, comme l’utilisation de drones subaquatiques, seraient déployées pour tenter de localiser les disparus.
Contexte : l’orpaillage artisanal au Laos, entre opportunité et danger
La recherche d’or dans les grottes est une pratique répandue au Laos, où des milliers de personnes survivent grâce à l’exploitation artisanale de ce métal précieux. Cependant, cette activité comporte des risques majeurs, notamment en période de mousson, lorsque les crues soudaines peuvent transformer des cavités en pièges mortels. Les autorités laotiennes tentent depuis des années de réguler ce secteur, mais les moyens manquent souvent pour faire respecter les règles de sécurité.
En 2023, un accident similaire avait coûté la vie à six personnes dans une grotte de la province de Khammouane. À l’époque, les victimes étaient également des orpailleurs pris au piège par une montée des eaux. Ces drames récurrents soulèvent des questions sur la nécessité d’un encadrement plus strict de l’orpaillage, ainsi que sur l’accès à des équipements de sécurité adaptés pour les travailleurs informels.
L’orpaillage artisanal au Laos est souvent une activité de survie pour des populations pauvres. Les grottes offrent parfois des concentrations élevées en or alluvial, mais ces zones sont particulièrement dangereuses, notamment en saison des pluies. Les orpailleurs utilisent souvent des outils rudimentaires et n’ont pas toujours conscience des risques d’inondation soudaine, surtout dans des régions reculées où les alertes météo sont rares.