Comme le rapporte RMC Sport, Ciryl Gane est devenu la semaine passée le premier Français champion incontesté de l’histoire de l’UFC, une consécration immense pour le poids lourd, mais aussi pour un sport qui, en France, a longtemps dû se construire dans l’ombre, entre interdictions, rivalités et combats pour sa reconnaissance.
Ciryl Gane a remporté la ceinture intérimaire des lourds en mettant Alex Pereira KO en juin dernier à la Maison Blanche, avec la perspective de retrouver Tom Aspinall pour réunifier les titres. Cependant, les complications oculaires persistantes du champion anglais, aggravées par une nouvelle blessure à l’entraînement, ont finalement rendu cette revanche impossible à court terme. Le 14 septembre, Aspinall a annoncé qu’il renonçait à sa ceinture pour ne pas bloquer davantage la catégorie.
Ce qu'il faut retenir
- Ciryl Gane est devenu le premier Français champion incontesté de l'UFC.
- Il a remporté la ceinture intérimaire des lourds en mettant Alex Pereira KO en juin dernier.
- Tom Aspinall a renoncé à sa ceinture en raison de complications oculaires persistantes.
- Ciryl Gane affrontera Josh Hokit pour sa première défense de titre le 14 novembre au Madison Square Garden.
L'ascension de Ciryl Gane
Pour raconter l’ascension de Ciryl Gane, il faut d’abord revenir à Puteaux, bien avant les lumières de l’UFC, lorsque Xavier Séverin découvre un jeune homme venu s’essayer au muaythaï. C’est dans cette salle que le futur champion apprend à devenir combattant. Séverin, formateur émérite, identifie le potentiel athlétique pour le combat du basketteur, le pousse à prendre la compétition au sérieux et construit les fondations techniques d’un poids lourd qui ne ressemblera jamais tout à fait aux autres.
Le MMA français s’est nourri d’un héritage exceptionnel dans les disciplines de pieds-poings. Bien avant de produire des combattants capables de briller dans l’octogone, la France possédait déjà une véritable culture de la savate, du kickboxing et du muaythaï, avec ses champions, ses entraîneurs, ses clubs et son savoir-faire technique. Une richesse qui a constitué l’un des socles de son développement en MMA, aux côtés de la lutte, du jiu-jitsu brésilien et du grappling.
Les pionniers du MMA français
Cheick Kongo a ensuite occupé une place particulière dans cette histoire. Pendant près de dix ans à l’UFC, le poids lourd a représenté une présence française durable au plus haut niveau, à une époque où il fallait être extrêmement passionné pour suivre régulièrement les performances de nos combattants à l'étranger. En battant le légendaire Mirko Cro Cop à l’UFC, Kongo montre à tous les autres que les Français peuvent le faire.
David Baron, Christian M’Pumbu, Karl Amoussou et bien d’autres ont, chacun à leur manière, prolongé cet effort, tandis que des talents comme Tom Duquesnoy, Taylor Lapilus ou encore Mickael Lebout contribuaient à donner une nouvelle visibilité au MMA tricolore. Des pionnières comme Tévi Say, Laëtitia Blot, ou Maguy Berchel et Lucie Bertaud, ont elles aussi participé à ouvrir la voie, côté féminin.
La symbolique du titre
La responsabilité et la symbolique de ce titre sont énormes. Mais aujourd’hui, l’heure est à la célébration. Pour tous ceux qui ont participé à sa formation. Pour les pionniers qui ont combattu quand la discipline cherchait encore sa place en France. Pour les entraîneurs, les clubs et les passionnés qui ont continué à faire vivre ce sport malgré les obstacles et les divisions.
La consécration de Gane constitue maintenant un repère historique que tous ceux qui ont participé à cette construction, pourront regarder avec fierté. L’histoire du MMA français est cabossée, sa construction est loin d’être achevée, mais elle possède désormais un champion qui lui ressemble : atypique, parfois contesté, longtemps attendu et finalement consacré.