Selon Euronews FR, les écarts de revenus nets entre les pays européens restent marqués en 2026. Un salarié rémunéré au salaire moyen perçoit plus de quatre fois plus au Luxembourg qu’en Hongrie, où les revenus nets annuels varient de 12 967 € à 54 260 €. Ces disparités s’expliquent par des différences de salaires, de systèmes fiscaux et de coût de la vie, selon les dernières données d’Eurostat publiées à la mi-2026.
Ce qu'il faut retenir
- Le Luxembourg affiche le revenu net annuel le plus élevé pour une personne seule sans enfant : 54 260 €.
- La Hongrie enregistre le revenu net le plus bas : 12 967 €.
- L’écart se réduit à 2,3 fois une fois le coût de la vie pris en compte, contre 4,2 fois en valeur nominale.
- L’Allemagne est le pays le plus généreux pour les familles avec enfants, grâce à des prestations familiales élevées.
- En pouvoir d’achat standardisé (SPA), la Grèce chute au dernier rang, derrière la Hongrie.
Des écarts persistants entre l’Est et l’Ouest de l’Europe
Les revenus nets annuels pour une personne seule sans enfant révèlent des disparités majeures. D’après Euronews FR, les pays de l’UE se divisent en trois groupes distincts. À l’extrémité supérieure, le Luxembourg (54 260 €), l’Irlande (44 263 €) et le Danemark (41 981 €) dépassent les 40 000 € nets annuels. Les Pays-Bas (36 837 €), la Belgique (34 642 €) et la Suède (34 624 €) complètent le peloton de tête.
En milieu de classement, l’Allemagne (31 000 €) et la France (30 832 €) se situent juste au-dessus de la moyenne européenne, fixée à 26 929 €. L’Espagne (25 263 €) et l’Italie (24 471 €) ferment la marche des grandes économies, avec des revenus nets inférieurs de plus de 5 000 € à ceux de l’Allemagne ou de la France. Autant dire que les écarts se creusent entre les pays les plus riches et ceux où les salaires sont les plus modestes.
Les pays d’Europe de l’Est en difficulté
Dans dix pays de l’UE, les revenus nets annuels restent inférieurs à 20 000 €. La Hongrie (12 967 €), la Roumanie (13 233 €) et la Grèce (15 050 €) forment le trio le moins bien loti. La Slovaquie (15 686 €), la Pologne (16 163 €) et la Lettonie (16 793 €) suivent de près. Même les pays comme la Tchéquie (19 569 €) ou le Portugal (19 709 €) peinent à atteindre les 20 000 €, malgré une légère amélioration par rapport aux années précédentes.
Ces chiffres s’expliquent par des salaires nominaux plus faibles, mais aussi par des systèmes fiscaux et des cotisations sociales souvent plus élevées. Euronews FR souligne que la Bulgarie, qui enregistrait les revenus nets les plus bas en 2024, a été exclue des données 2025 en raison d’une révision jugée « anormalement forte » par Eurostat. Une prudence qui s’impose dans l’interprétation de ces écarts.
Le coût de la vie modère les écarts, mais ne les efface pas
Lorsqu’on corrige les revenus nets du pouvoir d’achat, l’écart entre les pays les plus riches et les plus pauvres se réduit considérablement. En valeur nominale, le Luxembourg devance la Hongrie de 4,2 fois, mais cette différence tombe à 2,3 fois une fois le coût de la vie pris en compte. Autant dire que les salaires perçus en Hongrie ou en Roumanie ont un pouvoir d’achat bien supérieur à ce que suggèrent les chiffres bruts.
Exprimé en SPA (Standard de Pouvoir d’Achat), le revenu net moyen de l’UE s’élève à 26 346 €. La fourchette s’étend de 17 509 € en Grèce — qui chute au dernier rang — à 40 846 € au Luxembourg. Parmi les grandes économies, l’Allemagne (28 536 €) devance l’Espagne (27 794 €) et la France (27 724 €), tandis que l’Italie (25 095 €) reste en dessous de la moyenne.
Les prestations familiales redistribuent les cartes
Les revenus nets varient considérablement selon la situation familiale. Pour un couple avec un seul revenu et deux enfants, l’Allemagne se distingue avec une hausse de 53 % du revenu net, passant de 31 000 € à 47 424 €. La Pologne (39 %), la Belgique (37 %) et l’Autriche (33 %) offrent également un soutien familial significatif.
À l’inverse, l’Espagne (13 %), la France (26 %) et l’Italie (25 %) affichent des écarts bien moindres. Chypre (6 %), la Finlande (7 %) et la Suède (8 %) ferment la marche, bien que d’autres mécanismes puissent compenser ces différences. Ces données montrent que les politiques familiales jouent un rôle clé dans l’équilibre des revenus nets en Europe.
Une fracture Est-Ouest qui se réduit, mais persiste
Les tendances régionales révèlent une domination persistante de l’Europe de l’Ouest, même si le Danemark perd du terrain en termes de pouvoir d’achat. Les pays d’Europe de l’Est, comme la Roumanie, la Pologne ou la Croatie, gagnent des places dans le classement SPA grâce à un coût de la vie inférieur, qui compense en partie des salaires nominaux plus faibles. Cette dynamique contribue à réduire la fracture Est-Ouest, mais elle ne l’efface pas totalement.
Certains pays comme la Roumanie ou la Pologne voient leur classement s’améliorer significativement une fois le pouvoir d’achat pris en compte. À l’inverse, des nations comme la Grèce ou le Danemark reculent dans le classement SPA, malgré des revenus nets élevés en euros. Ces variations illustrent la complexité des comparaisons européennes, où le niveau de vie dépend autant des salaires que du coût de la vie.
Ces écarts persistants interrogent sur l’efficacité des politiques de convergence économique en Europe. Jusqu’où les pays les moins favorisés pourront-ils réduire leur retard, et quels leviers actionner pour y parvenir ?
Le revenu net correspond à ce que perçoit un salarié après déduction de l’impôt sur le revenu et des cotisations sociales. Pour les familles avec enfants, les prestations familiales (allocations, réductions d’impôts) sont ajoutées. Ces chiffres sont calculés à partir des salaires moyens et des systèmes fiscaux nationaux, comme l’explique Euronews FR.
Le pouvoir d’achat standardisé (SPA) permet de comparer les revenus nets en tenant compte du coût de la vie dans chaque pays. Par exemple, un salaire de 15 000 € en Hongrie permet d’acheter plus qu’un salaire de 50 000 € au Luxembourg, où les prix sont bien plus élevés. Cela réduit l’écart apparent entre les pays.