Ancien architecte clé de la performance sportive française, Claude Onesta revient dans un livre à paraître ce jeudi 16 avril 2026 sur son passage à la tête de la haute performance à l’Agence nationale du sport (ANS), une expérience qu’il qualifie lui-même de « pas un long fleuve tranquille ». Intitulé Performer – La Méthode de Claude Onesta, l’ouvrage détaille les coulisses de sept années de travail ayant contribué à l’excellence du collectif France lors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024, comme le rapporte Le Figaro.
C’est dans les locaux de son éditeur, Michel Lafon, que l’ancien sélectionneur de l’équipe de France de handball, souriante et détendu, a accordé un entretien exclusif au quotidien. Il y évoque sans détour les obstacles rencontrés, les méthodes déployées et surtout les leçons tirées de cette période, qui l’ont définitivement éloigné de toute velléité politique, notamment celle de briguer le poste de ministre des Sports.
Ce qu'il faut retenir
- Un livre publié le 16 avril 2026 pour raconter son expérience à l’Agence nationale du sport (ANS) entre 2017 et 2024.
- Sept années marquées par des « bâtons dans les roues » selon Onesta, mais ayant permis la réussite sportive des JO de Paris 2024.
- Une méthode présentée comme exigeante, loin des compromis politiques, avec une approche directe et sans concession.
- L’ancien responsable se dit désormais « vacciné » contre toute ambition ministérielle.
Un ouvrage pour raconter sa propre histoire, sans vengeance ni règlement de comptes
Lors de l’entretien accordé à Le Figaro, Claude Onesta a expliqué sa démarche avec franchise : « Je n’ai pas vocation à inventer des histoires, mais à les raconter, parce que je n’aime pas quand les autres les racontent à notre place. » Selon lui, l’écriture de ce livre répond à un double impératif : rétablir la vérité sur son action et, surtout, éviter que d’autres ne s’approprient son récit. Bien qu’il évoque des obstacles « mis par des gens » sur sa route, il insiste sur le fait que son ouvrage ne sera ni un règlement de comptes ni un pamphlet vengeur. Il s’agit avant tout, dit-il, de « partager une méthode », celle qui a permis à la France de briller sur la scène olympique.
Pour l’ancien sélectionneur, cette expérience de haute performance a été « très loin d’être un long fleuve tranquille ». Entre les résistances internes, les défis logistiques et les exigences croissantes des athlètes, chaque étape a demandé des arbitrages difficiles. Pourtant, c’est cette rigueur qui a selon lui fait la différence, bien au-delà du terrain sportif.
Une vision exigeante de la performance, incompatible avec les logiques politiques
Interrogé sur sa conception de la haute performance, Claude Onesta n’y va pas par quatre chemins : « Aller chercher la performance, ce n’est pas faire plaisir à tout le monde. » Une formule qui résume à elle seule son approche : pragmatique, directe, et souvent impopulaire auprès de ceux qui privilégient les compromis. Cette ligne de conduite, appliquée au sein de l’ANS, lui a valu des tensions, mais aussi des résultats tangibles.
L’expérience accumulée pendant sept ans l’a conduit à une conclusion sans appel : il n’a « plus aucune ambition politique ». Et notamment pas celle de devenir ministre des Sports. « Je suis définitivement vacciné », a-t-il affirmé, soulignant que la logique politique, avec ses impératifs électoraux et ses arbitrages collectifs, ne correspondait pas à sa vision du sport. Pour lui, la performance se mesure en médailles et en records, pas en sondages ou en équilibres partisans.
Des méthodes qui ont fait leurs preuves, selon ses dires
Dans son livre, l’ancien responsable détaille la « méthode Onesta » : une combinaison de rigueur, d’innovation et de travail collectif, appliquée aussi bien aux athlètes qu’aux encadrants. Il revient notamment sur le rôle clé joué par des figures comme Teddy Riner ou Florent Manaudou, dont il salue l’exigence et la discipline. « Nos grands champions ne sont pas tombés du ciel », rappelle-t-il, insistant sur l’importance des structures et des méthodes pour les faire émerger.
Il évoque également les défis rencontrés avec l’administration française et les Directeurs techniques nationaux (DTN), souvent pointés du doigt pour leur manque de réactivité ou leurs résistances au changement. Selon lui, ces obstacles ont été autant d’épreuves à surmonter pour atteindre l’objectif ultime : une délégation française performante à Paris en 2024.
Quant à l’éventualité d’un retour de l’intéressé dans le monde politique, la réponse semble désormais claire : « Je suis vacciné. » Une affirmation qui clôt, pour l’instant, toute spéculation sur un éventuel portefeuille ministériel.
Le livre s’intitule Performer – La Méthode de Claude Onesta et est publié le 16 avril 2026, selon Le Figaro.
Claude Onesta a occupé ce poste pendant sept ans, de 2017 à 2024.
