Une initiative originale se dessine à l’aube de la campagne présidentielle : l’ingénieur et expert climatique Jean-Marc Jancovici, fondateur du Shift Project, a annoncé mercredi le lancement d’une « assemblée citoyenne » de 150 personnes, tirées au sort, pour donner la parole aux citoyens sur la question du réchauffement climatique. D’après Le Figaro, ce projet, baptisé « Un commun accord », se veut « non partisan » et vise à alimenter le débat public en période électorale, en s’appuyant sur des problèmes concrets et une approche réaliste des solutions.
Ce qu’il faut retenir
- Une assemblée de 150 citoyens tirés au sort sera réunie pour débattre du climat pendant six week-ends, à partir du 19 septembre.
- Le panel travaillera au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) à Paris et rendra ses conclusions en février 2027.
- L’initiative est soutenue par une douzaine de personnalités, dont l’acteur Thierry Lhermitte, les influenceurs McFly et Carlito, ainsi que le prix Nobel de physique Alain Aspect.
- Contrairement à la Convention citoyenne sur le climat de 2019-2020, cette assemblée mettra en avant les « dilemmes » liés aux solutions climatiques et leur faisabilité avant de fixer des priorités.
- Le financement repose en partie sur une campagne de dons, afin d’asseoir la légitimité de la démarche.
Cette initiative, annoncée dans la presse quotidienne régionale comme Ouest-France, se distingue par son approche pragmatique. Jean-Marc Jancovici, interrogé par l’AFP, a souligné l’objectif de cette assemblée : « donner de la voix aux citoyens » sur un sujet souvent réduit à des slogans lors des campagnes électorales. « L’objectif est de faire revenir une parole citoyenne, partant de problèmes concrets traités avec réalisme et l’envie de faire les choses ensemble », a-t-il expliqué. Pour lui, il s’agit de répondre à une urgence climatique déjà tangible : « Alors que le pays commence à vivre des heures un peu graves — on voit la claque qu’on a prise cet été en terme de climat, ou celle qu’on a prise au printemps sur le pétrole (...) on veut faire émerger la voix de citoyens (...) animés d’une volonté de se retrouver autour d’un certain nombre de choses qui nous paraissent importantes ».
Le panel, sélectionné par l’institut Toluna Harris Interactive pour refléter la diversité de la société française, se réunira à six reprises, entre septembre 2026 et février 2027. Chaque session, prévue le week-end, permettra aux participants de débattre avec des experts, avant de formuler des propositions. Les travaux débuteront le 19 septembre au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) à Paris. Une plateforme en ligne, accessible via uncommunaccord.fr, sera également ouverte à tous ceux qui souhaitent contribuer au débat.
Cette assemblée citoyenne se différencie de la Convention citoyenne sur le climat, organisée en 2019-2020 à la demande du gouvernement. Contrairement à ce précédent dispositif, « Un commun accord » insiste sur l’analyse des compromis et des limites des solutions proposées, avant de définir des priorités. « Elle exposera les dilemmes propres à toutes les solutions et discutera de leur faisabilité », précise l’organisation. Par ailleurs, son financement repose en grande partie sur une collecte participative, afin de garantir une légitimité « ascendante » et indépendante des pouvoirs politiques.
Parmi les soutiens de cette initiative figurent des personnalités variées, reflétant l’ambition transpartisane du projet. On y trouve ainsi l’acteur Thierry Lhermitte, les influenceurs McFly et Carlito, le prix Nobel de physique Alain Aspect, ou encore le général de l’armée de l’air Frédéric Chiffot. Leur engagement illustre la volonté de rassembler au-delà des clivages traditionnels, dans un contexte où les enjeux climatiques peinent à s’imposer comme une priorité dans le débat électoral.
Pour Jean-Marc Jancovici, cette initiative intervient à un moment où les Français subissent directement les conséquences du changement climatique. L’été 2026 a été marqué par des épisodes de canicule et de sécheresse particulièrement intenses, tandis que les tensions géopolitiques ont rappelé la vulnérabilité énergétique du pays. « On voit la claque qu’on a prise cet été en terme de climat », a-t-il rappelé, soulignant l’urgence d’une réflexion collective sur les moyens d’adaptation et de réduction des émissions.
En attendant, la plateforme uncommunaccord.fr permettra aux citoyens de s’informer et de contribuer aux réflexions. L’initiative pourrait aussi servir de modèle pour d’autres consultations citoyennes sur des sujets de société, à condition que ses conclusions soient suivies d’effets concrets.
Contrairement à la Convention citoyenne organisée sous l’égide du gouvernement, cette assemblée se veut « non partisane » et repose sur un financement participatif. Surtout, elle mettra l’accent sur les « dilemmes » liés aux solutions climatiques et leur faisabilité avant de proposer des priorités, plutôt que de partir de mesures prédéfinies.