Selon BFM Bourse, le groupe chinois Fosun a officiellement déposé un dossier d’introduction en Bourse pour Club Med, mais cette fois-ci sur la place boursière de Hong Kong. L’opération vise la création d’une nouvelle entité, baptisée Club Med Lifestyle Group, qui regroupera non seulement les villages de vacances emblématiques du groupe, mais aussi l’ensemble de ses activités spécialisées dans le secteur du tourisme et des loisirs.

Dans un communiqué publié vendredi, Fosun a précisé que « le produit de l’introduction en Bourse sera utilisé pour financer l’expansion et la modernisation de son activité mondiale de complexes hôteliers ». Cette décision marque un revirement stratégique pour le conglomérat chinois, qui avait retiré Club Med de la Bourse de Paris en 2015, après l’avoir racheté à l’homme d’affaires italien Andrea Bonomi.

Ce qu'il faut retenir

  • Club Med Lifestyle Group regroupera les villages de vacances et les activités spécialisées du groupe, selon le dossier déposé à Hong Kong.
  • Fosun a évoqué l’utilisation des fonds pour moderniser et étendre son réseau mondial, actuellement composé d’une soixantaine de villages.
  • Le groupe chinois avait retiré Club Med de la Bourse de Paris en 2015, après l’avoir racheté pour 939 millions d’euros.
  • Henri Giscard d’Estaing, ancien président, avait plaidé pour un retour à Paris dès le premier semestre 2026, mais Fosun a choisi Hong Kong.
  • Le groupe prévoit d’ouvrir 100 nouveaux villages d’ici 2035, selon ses projections stratégiques.

Un projet qui prend forme après des années d’atermoiements

L’idée d’un retour en Bourse de Club Med avait refait surface en mars 2026, lorsque le PDG Stéphane Maquaire l’avait évoquée dans la presse. À l’époque, plusieurs places boursières avaient été évoquées : Paris, Amsterdam et Hong Kong. C’est finalement cette dernière qui a été retenue par Fosun, comme l’a confirmé le dépôt du dossier vendredi.

Ce choix contraste avec les ambitions affichées par Henri Giscard d’Estaing, qui avait publiquement défendu un retour à Paris dès le premier semestre 2026. Dans la presse, il avait jugé que cette opération était « la meilleure façon de mettre en œuvre la feuille de route stratégique de l’entreprise ». Pourtant, Fosun avait rapidement balayé cette possibilité, affirmant n’avoir « aucun projet » d’entrée en Bourse « à ce stade », tout en laissant planer le doute sur d’éventuelles « options stratégiques et financières » pour soutenir le développement de Club Med.

Une décision qui met fin à un bras de fer interne

Les tensions entre Henri Giscard d’Estaing et Fosun autour de la cotation boursière de Club Med ont atteint leur paroxysme en juin 2025. L’ancien président, qui dirigeait le groupe depuis 2004, avait alors réitéré son souhait de voir Club Med revenir sur le marché parisien. Une position qui n’a pas été partagée par l’actionnaire chinois, lequel avait qualifié ces déclarations de « prématurées » et rappelé qu’aucun projet concret n’était à l’ordre du jour.

Quelques semaines plus tard, Henri Giscard d’Estaing quittait ses fonctions, remplacé par Stéphane Maquaire. Ce revirement interne coïncidait avec le dépôt du dossier à Hong Kong, marquant ainsi la fin d’une période d’incertitude pour le groupe.

Un parcours boursier mouvementé pour Club Med

Créé en 1950, Club Med a connu une histoire boursière mouvementée. Introduit en Bourse à Paris en 1966, seize ans après sa création, le groupe avait été retiré du marché en 2015 après le rachat par Fosun. Ce dernier avait mené une offre publique d’achat (OPA) de près de deux ans, un record pour la place parisienne, avant de débourser 939 millions d’euros pour s’emparer du groupe.

Le conglomérat chinois, présent dans des secteurs aussi variés que la santé, la mode, l’assurance ou la gestion d’actifs, avait alors justifié cette acquisition par sa volonté de développer l’activité touristique de Club Med à l’échelle mondiale. Aujourd’hui, le groupe exploite une soixantaine de villages répartis sur les cinq continents et ambitionne d’en ouvrir 100 supplémentaires d’ici 2035, selon ses projections.

Hong Kong, une place boursière stratégique pour Fosun

Le choix de Hong Kong pour le retour en Bourse de Club Med n’est pas anodin. La place financière asiatique, l’une des plus dynamiques au monde, offre à Fosun un accès privilégié aux investisseurs internationaux, notamment asiatiques. Ce marché est également perçu comme un tremplin pour les entreprises chinoises souhaitant se développer à l’international.

Pour Club Med, cette introduction en Bourse à Hong Kong pourrait permettre de renforcer sa présence en Asie, une région où le groupe cherche à se développer. Selon les données disponibles, le groupe compte actuellement une dizaine de villages en Chine, mais vise une expansion plus large dans la région.

Et maintenant ?

Si le dossier a été déposé à Hong Kong, l’introduction en Bourse de Club Med Lifestyle Group n’est pas encore actée. Plusieurs étapes restent à franchir, notamment l’obtention des autorisations réglementaires et la fixation du prix d’émission. Selon les analystes, cette opération pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, sous réserve des conditions de marché.

Pour Fosun, cette opération permettra de financer une partie de ses projets d’expansion, mais elle pourrait aussi marquer une nouvelle étape dans la stratégie globale du groupe, qui continue de diversifier ses activités en Chine et à l’international.

Pour l’heure, les observateurs restent attentifs à l’évolution de ce dossier, qui pourrait redessiner le paysage du tourisme mondial. Une chose est sûre : après onze ans d’absence, Club Med fait son retour sur le devant de la scène boursière, mais sous une forme et une bannière différentes.

Selon BFM Bourse, Fosun a privilégié Hong Kong pour plusieurs raisons. D’une part, la place boursière asiatique offre un accès privilégié aux investisseurs internationaux, notamment asiatiques. D’autre part, cette introduction en Bourse pourrait permettre à Club Med de renforcer sa présence en Asie, une région où le groupe cherche à se développer. Enfin, Hong Kong est perçue comme une plateforme stratégique pour les entreprises chinoises souhaitant s’internationaliser.