D'après RFI, les deux géants mondiaux du transport maritime, le français CMA-CGM et l'allemand Hapag-Lloyd, ont annoncé ce dimanche 18 mai 2026 la suspension totale de leurs livraisons à destination de Cuba. Cette décision intervient dans un contexte de durcissement des sanctions américaines contre le régime de La Havane, marqué par un décret signé début mai par l'administration Trump.
Ce qu'il faut retenir
- Les compagnies CMA-CGM et Hapag-Lloyd ont annoncé la suspension immédiate de leurs livraisons vers Cuba.
- Cette mesure fait suite à un décret adopté début mai par Donald Trump, renforçant les sanctions économiques contre La Havane.
- Les entreprises maritimes se soumettent à cette décision pour éviter des répercussions financières directes.
Un décret américain qui change la donne
Le décret signé par Donald Trump début mai 2026 marque un tournant dans la politique américaine envers Cuba. Officiellement présenté comme une mesure visant à « étouffer financièrement le régime castriste », ce texte impose de nouvelles restrictions économiques à l'île des Caraïbes. Selon des observateurs, ces sanctions visent à limiter les flux financiers internationaux vers La Havane, y compris ceux liés au commerce maritime.
C'est dans ce cadre que les deux principales compagnies maritimes mondiales ont choisi de se conformer aux exigences américaines. « Nous n'avons pas le choix, sous peine de sanctions secondaires », a déclaré un porte-parole de CMA-CGM, cité par RFI. Une position qui reflète la dépendance des acteurs économiques aux réglementations en vigueur aux États-Unis.
Les compagnies maritimes sous pression
Côté français, CMA-CGM, leader mondial du transport maritime, a confirmé la suspension de ses escales à Cuba dès le 20 mai 2026. « Toutes les réservations en direction de l'île seront annulées ou redirigées vers d'autres destinations », a précisé Rodolphe Saadé, PDG du groupe, lors d'une conférence de presse virtuelle. De son côté, Hapag-Lloyd, basé à Hambourg, a adopté la même position, invoquant « la nécessité de se mettre en conformité avec les lois américaines ».
Ces annonces surviennent alors que les tensions entre Washington et La Havane restent vives depuis plusieurs décennies. Cuba, déjà soumis à un embargo américain depuis 1962, voit ses capacités commerciales encore réduites par cette nouvelle salve de mesures.
Quelles conséquences pour Cuba ?
La suspension des livraisons maritimes vers Cuba pourrait avoir des répercussions immédiates sur l'approvisionnement de l'île, déjà confrontée à des difficultés économiques structurelles. Selon des analystes économiques interrogés par RFI, les secteurs de l'alimentation, des médicaments et des pièces détachées pourraient être les premiers touchés. « Les réserves de certains produits pourraient être épuisées d'ici trois à six mois », estime un économiste cubain sous couvert d'anonymat.
Par ailleurs, cette décision risque d'accélérer l'inflation déjà élevée à Cuba, où les prix des denrées importées étaient déjà en hausse depuis plusieurs années. « Côté Havane, on craint une aggravation des pénuries, surtout pour les produits essentiels », souligne un observateur basé à Miami.
Alors que les tensions entre les États-Unis et Cuba persistent, cette affaire illustre la difficulté pour les acteurs économiques de naviguer entre des réglementations parfois contradictoires. Pour l'instant, les entreprises concernées privilégient la prudence, quitte à sacrifier des parts de marché dans une région déjà fragilisée.
Selon des sources proches du dossier, les secteurs les plus vulnérables seront l'alimentation, les médicaments et les pièces détachées industrielles. Les livraisons de carburant et de produits pétroliers pourraient également être affectées à moyen terme.
Techniquement, il est possible de contourner les sanctions en utilisant des intermédiaires ou des pays tiers, mais cela expose les entreprises à des risques juridiques et financiers majeurs. CMA-CGM et Hapag-Lloyd ont clairement indiqué privilégier la conformité aux réglementations américaines pour éviter des amendes ou des restrictions supplémentaires.