L’intelligence artificielle s’impose désormais comme un coach personnel gratuit et accessible, mais son utilisation soulève des questions sur les risques encourus par les utilisateurs, selon Le Figaro. Accessible en quelques clics via un smartphone, cette technologie propose des programmes d’exercices et des conseils nutritionnels sur mesure, sans garantie de fiabilité ni suivi médical.

Ce qu'il faut retenir

  • Les applications d’IA gratuites génèrent des programmes sportifs et nutritionnels en fonction de données personnelles saisies par l’utilisateur.
  • Marika, 24 ans, a utilisé un chatbot d’IA en 2024 pour gérer son alimentation dans le cadre d’une prise de masse musculaire.
  • Les experts alertent sur les risques de blessures, de dysmorphie corporelle et d’informations nutritionnelles erronées.

Une solution gratuite mais non encadrée

Pour les sportifs débutants, l’IA offre une alternative économique aux entraîneurs ou nutritionnistes professionnels. Il suffit de renseigner son sexe, son âge, sa taille, son poids et son objectif (perte de poids, renforcement musculaire, etc.) pour obtenir un programme d’exercices clé en main. L’algorithme calcule également les besoins caloriques journaliers, les quantités de protéines, de glucides et de lipides à consommer. Comme le rapporte Le Figaro, cette simplicité d’utilisation explique son succès croissant, notamment chez les jeunes actifs soucieux de leur forme physique.

Le modèle repose sur des données standardisées, mais ne tient pas compte des spécificités individuelles. Un utilisateur souffrant d’allergies alimentaires ou de pathologies musculaires pourrait ainsi recevoir des conseils inadaptés, voire dangereux. Les algorithmes, bien que performants, ne remplacent pas l’expertise humaine en matière de santé.

Le témoignage d’une utilisatrice : entre opportunité et limites

Marika, 24 ans, a découvert les chatbots nutritionnels en 2024 alors qu’elle entamait une prise de masse musculaire. « Je n’avais pas les moyens de me payer un expert en nutrition », explique-t-elle à Le Figaro. L’IA a généré pour elle des repas équilibrés, avec des horaires et des quantités précis. Pourtant, elle reconnaît n’avoir bénéficié d’aucun suivi personnalisé : « L’algorithme ne savait pas que j’avais parfois des fringales ou que mon appétit variait selon les jours. »

Son expérience illustre un paradoxe : l’IA comble un vide financier, mais son manque de flexibilité peut conduire à des déséquilibres. Les nutritionnistes humains adaptent leurs recommandations en fonction des feedbacks de leurs patients, ce qui reste impossible pour un programme automatisé. Les risques de carences ou de surentraînement ne sont pas à écarter.

Des risques réels pour la santé

Les spécialistes du sport et de la nutrition tirent la sonnette d’alarme. Les programmes générés par IA peuvent favoriser les blessures si les exercices sont mal adaptés à la condition physique initiale. Quant aux conseils nutritionnels, ils reposent souvent sur des moyennes, sans prise en compte des besoins métaboliques spécifiques. Comme le souligne Le Figaro, des études récentes ont montré que certains utilisateurs développent des troubles du comportement alimentaire en suivant aveuglément ces recommandations.

Les algorithmes, conçus pour maximiser l’engagement, poussent parfois à des objectifs irréalistes. La quête d’un corps « parfait » peut ainsi mener à la dysmorphophobie, une préoccupation croissante chez les jeunes adultes. Les professionnels de santé appellent à une régulation de ces outils, actuellement exempts de contrôle médical ou sportif.

Une technologie en quête de cadre

Face à l’essor des coachs virtuels, les autorités sanitaires pourraient bientôt imposer des garde-fous. En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) étudie les risques liés à l’usage de l’IA dans le domaine du bien-être. Une consultation publique est prévue pour fin 2026 afin de définir des bonnes pratiques. Jusqu’ici, ces applications échappent à toute certification, malgré leur impact potentiel sur la santé publique.

Les éditeurs de ces outils, souvent des startups spécialisées dans la santé connectée, défendent leur approche. Elles mettent en avant la démocratisation de l’accès au sport et à une alimentation équilibrée, surtout pour les populations défavorisées. Reste que leur modèle économique repose sur la publicité et la collecte de données personnelles, ce qui soulève des questions éthiques.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, une première évaluation des risques liés aux coachs virtuels devrait être publiée par les autorités sanitaires. Les associations de consommateurs réclament quant à elles un étiquetage clair indiquant les limites de ces outils. Les utilisateurs sont invités à croiser les informations avec des sources médicales fiables avant de suivre un programme généré par IA.

En attendant, les plateformes de bien-être connecté continuent de se développer, portées par l’engouement pour les solutions low-cost. Leur succès dépendra de leur capacité à intégrer des garde-fous, ou à risquer une régulation plus stricte de la part des pouvoirs publics.

Non, ces outils ne sont pas reconnus comme des actes médicaux ou paramédicaux. Ils ne sont donc pas pris en charge par l’Assurance maladie, qui ne couvre que les consultations auprès de professionnels diplômés (médecins du sport, diététiciens-nutritionnistes, kinésithérapeutes).