Avec plus de 625 millions de pièces collectées en 2025, soit un total de 46 millions d’euros, l’entreprise Coinstar s’impose comme un acteur discret mais efficace du paysage commercial français. Selon Capital, ce système permet aux consommateurs de transformer leur petite monnaie en bons d’achat directement utilisables en magasin, tout en offrant aux enseignes une solution logistique pour pallier leur pénurie de pièces. Une stratégie gagnante, qui a séduit plus de 2,3 millions de clients l’an dernier.
Ce qu'il faut retenir
- En 2025, 625 millions de pièces (46 millions d’euros) ont été converties en bons d’achat via 1 350 bornes Coinstar en France.
- Le ticket moyen émis par ces bornes s’élève à 20,08 euros, soit l’équivalent de 270 pièces par passage.
- L’entreprise, initialement française sous le nom Eurocycleur, a été rachetée en 2018 par le géant américain Coinstar, tout en conservant son siège dans les Pyrénées-Atlantiques.
- Deux modèles économiques coexistent : une commission de 10% sur les bons d’achat ou une location mensuelle à partir de 250 euros.
- La Banque de France estime à 4,35 milliards d’euros le stock de monnaie fiduciaire non réintégré dans le circuit bancaire en 2024.
Un service qui répond à un besoin concret des Français et des commerçants
Chaque année, des millions de pièces s’accumulent dans les porte-monnaie ou finissent oubliées au fond des tiroirs. Coinstar propose une alternative simple : déposer ses pièces dans l’une de ses bornes, généralement installées entre l’accueil et les caisses des grandes surfaces, et recevoir en échange un bon d’achat utilisable sur place. « L’année dernière, ce sont 2,3 millions de personnes qui sont venues rapporter leur monnaie dans l’une de nos 1 350 bornes », détaille Chloé Azibert Yekdah, responsable marketing de Coinstar France. « Cela représente un peu plus de 625 millions de pièces, pour un ticket moyen de 20,08 euros, soit 270 pièces en moyenne par passage ».
Côté commerçants, l’avantage est double. D’abord, ces bornes permettent de récupérer une partie de la monnaie en circulation, souvent en pénurie dans les hypermarchés. Certains magasins vont même jusqu’à rendre la différence en liquide au moment du passage en caisse. Ensuite, les bornes intègrent des fonctionnalités supplémentaires – jeux, dons ou écrans publicitaires – qui génèrent des revenus complémentaires pour l’entreprise.
De l’entrepreneuriat local à la conquête du marché américain
L’histoire de Coinstar France remonte à 2005, lorsque Laurent Salet, un entrepreneur français, lance Eurocycleur, une adaptation française d’un concept déjà éprouvé aux États-Unis. Spécialisé dans l’importation de solutions innovantes, il cible rapidement les grandes surfaces, qui peinent à gérer l’afflux de pièces dans leurs caisses. En 2018, l’entreprise est rachetée par Coinstar, le leader mondial du secteur, incapable de s’implanter seule sur le marché hexagonal où Eurocycleur avait déjà pris une longueur d’avance.
Malgré ce rachat, l’entité française a conservé son siège social à Idron (Pyrénées-Atlantiques), où les équipes disposent d’une autonomie stratégique. « Le système existe depuis 30 ans aux États-Unis, explique Chloé Azibert Yekdah. Laurent Salet l’a adapté à la France en allant vite démarcher les hypermarchés. Nous équipons déjà 310 hypers du pays et il nous en reste une dizaine à conquérir. Notre borne est entièrement fabriquée en France par un ESAT situé dans l’Aveyron. Nous maîtrisons toutes les chaînes de valeur. »
Un modèle économique qui mise sur la flexibilité
Coinstar France propose deux formules aux enseignes partenaires. La première consiste à prélever une commission de 10% sur le montant du bon d’achat émis, payée directement par l’utilisateur. La seconde, privilégiée par les grandes surfaces, repose sur une location mensuelle des bornes, à partir de 250 euros. « Toutes les pièces sont récupérées par les grandes surfaces, souvent en pénurie de petite monnaie », rappelle la responsable marketing. « Certains magasins rendent même la différence en liquide lors du passage en caisse. »
Cette approche séduit particulièrement les enseignes, qui y voient un moyen de fluidifier leurs transactions tout en fidélisant leur clientèle. L’exemple de l’hypermarché E.Leclerc de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) est emblématique : en 2025, sa borne a collecté 350 000 euros, la classant en tête des installations du pays.
Un potentiel encore largement inexploité
Malgré ses 1 350 bornes déjà déployées, Coinstar vise désormais les 6 000 supermarchés encore dépourvus de ce service. L’entreprise mise sur l’efficacité de son modèle pour convaincre les derniers réticents. « Nous maîtrisons toutes les chaînes de valeur, souligne Chloé Azibert Yekdah. Et avec la pénurie de petite monnaie qui persiste, les magasins ont tout intérêt à s’équiper. »
Selon la Banque de France, le stock de monnaie fiduciaire non réintégré dans le circuit bancaire s’élevait à 4,35 milliards d’euros fin 2024. Une manne financière que Coinstar espère bien récupérer, au moins en partie, via ses bornes. Pour y parvenir, l’entreprise compte sur son ancrage industriel – ses bornes sont fabriquées en France – et sur la simplicité du service proposé aux consommateurs.
Pour les consommateurs, l’opportunité reste simple : transformer une monnaie souvent perçue comme encombrante en pouvoir d’achat immédiat. Un service qui, selon Capital, « rend un grand service aux magasins » tout en répondant à une habitude bien ancrée des Français.
Après avoir trié les pièces par l’entonnoir prévu à cet effet, l’utilisateur reçoit un bon d’achat qu’il peut utiliser directement en magasin. Le processus est rapide et ne nécessite aucun contact avec le personnel. Les bornes acceptent toutes les pièces en euros, sans limite de montant.
Selon les données de Coinstar, 310 hypermarchés sont déjà équipés, principalement des enseignes comme E.Leclerc, Auchan ou Carrefour. L’entreprise vise désormais les 6 000 supermarchés encore non équipés, en misant sur des contrats de location ou de commission.