Avec 49,66 % des suffrages contre 48,70 % pour son adversaire Iván Cepeda, le candidat d’extrême droite Abelardo de la Espriella a remporté l’élection présidentielle colombienne du 21 juin 2026, selon Courrier International. Ce scrutin, qualifié par le quotidien conservateur El Tiempo de « plus serré de l’histoire du pays », s’inscrit dans un contexte de profonde division politique et de contestation des résultats par le président sortant, Gustavo Petro.
Ce qu'il faut retenir
- Abelardo de la Espriella l’emporte avec 49,66 % des voix contre 48,70 % pour Iván Cepeda lors du scrutin du 21 juin 2026.
- Gustavo Petro conteste la victoire et évoque plus de 880 000 votes irréguliers, sans apporter de preuves à ce stade.
- Le président sortant accuse les États-Unis et Israël d’ingérence électorale et menace de recourir à la « désobéissance civile pacifique ».
- De la Espriella, proche de Donald Trump et titulaire de trois nationalités, est accusé par la gauche d’être une « marionnette » de Washington.
- L’investiture du nouveau président, prévue le 7 août, se tiendra dans le département du Cauca, et non au Congrès, une première dans l’histoire du pays.
Dès son discours d’adieu à la nation le 20 juillet, Gustavo Petro n’a pas manqué de réitérer ses accusations de fraude électorale. Le président sortant, premier chef de l’État de gauche en Colombie, dénonce une ingérence des États-Unis et d’Israël dans le processus électoral. Selon El País América, il évoque plus de 880 000 votes irréguliers, un chiffre que ses détracteurs qualifient d’infondé, faute de preuves tangibles.
La transition entre les deux hommes s’annonce électrique, tant les tensions politiques sont vives. Abelardo de la Espriella, avocat et homme d’affaires de 63 ans, dispose d’une triple nationalité – colombienne, italienne et américaine – et ne cache pas ses liens avec l’administration Trump. Une proximité qui alimente les suspicions de la gauche colombienne, qui le présente comme une « marionnette » de Washington. Iván Cepeda, son rival défait, n’a pas manqué de critiquer cette proximité, la qualifiant de menace pour la souveraineté nationale.
Gustavo Petro a également menacé d’emprunter « la voie de la désobéissance civile pacifique » si son successeur ne renonce pas à sa nationalité américaine et ne clarifie pas ses liens avec la CIA et la DEA, l’agence américaine de lutte contre le trafic de drogue. Une déclaration « à ne pas minimiser », selon le quotidien progressiste El Espectador, qui craint une « paralysie du pays » en cas d’escalade des tensions.
De son côté, Abelardo de la Espriella a chargé la commission de transition de dénoncer un prétendu complot entre des membres du gouvernement Petro et les narcotrafiquants du Clan del Golfo auprès du ministère de la Justice américain. Il est même allé jusqu’à évoquer la possibilité d’une extradition de l’actuel président vers les États-Unis, une menace qui ajoute une dimension supplémentaire à ce bras de fer politique.
Le conflit entre les deux camps risque de s’envenimer jusqu’à la cérémonie d’investiture, prévue le 7 août. Pour la première fois dans l’histoire du pays, celle-ci se déroulera dans le département du Cauca, rompant avec la tradition qui veut qu’elle ait lieu au Congrès. Le lieu précis n’a toutefois pas encore été déterminé. Abelardo de la Espriella avait initialement promis que la cérémonie se tiendrait dans une caserne militaire ou de police, un projet que Gustavo Petro s’est empressé de rejeter. En tant que commandant en chef des armées jusqu’à la passation de pouvoir, le président sortant a interdit aux forces militaires du pays de participer à l’événement.
Quels que soient les développements à venir, cette transition met en lumière les profondes fractures d’une Colombie divisée entre un héritage progressiste et une montée en puissance de l’extrême droite. Les prochaines semaines diront si le pays parviendra à surmonter cette épreuve sans sombrer dans l’instabilité.
Gustavo Petro conteste la victoire d’Abelardo de la Espriella en raison de ses allégations de fraude électorale, évoquant plus de 880 000 votes irréguliers. Il accuse également les États-Unis et Israël d’ingérence dans le processus électoral, bien que ces accusations n’aient pas été étayées par des preuves tangibles à ce jour.
Les États-Unis sont au cœur des tensions en raison des liens d’Abelardo de la Espriella avec l’administration Trump et des accusations de Gustavo Petro concernant une ingérence américaine dans le scrutin. Le président élu a également été accusé par la gauche colombienne d’être une « marionnette » de Washington, une critique renforcée par sa triple nationalité.