Selon Ouest France, Blandine Coudert, enseignante, milite activement contre la surexposition des élèves aux écrans. Dans un entretien accordé au quotidien, elle défend l’idée de pauses numériques, tant en période scolaire qu’en vacances, et se prononce en faveur des colonies de vacances sans téléphone portable.

Ce qu'il faut retenir

  • Blandine Coudert, professeure, critique la surexposition des adolescents aux écrans.
  • Elle soutient les pauses numériques en milieu scolaire et pendant les congés.
  • Elle encourage les séjours en colonies de vacances sans accès au téléphone portable.
  • L’enseignante compare parfois le téléphone à un « doudou » pour certains adolescents.

Dans son entretien, Blandine Coudert explique que de nombreux professionnels travaillant avec des adolescents observent les mêmes enjeux liés à l’usage excessif des smartphones. Pour elle, ces pauses numériques constituent une nécessité, tant pour le bien-être mental que pour le développement social des jeunes. Elle souligne que certains adolescents utilisent leur téléphone portable comme un objet de réconfort, à l’image d’un « doudou », ce qui révèle une dépendance préoccupante.

Selon l’enseignante, les colonies de vacances sans portable offrent un cadre idéal pour briser cette routine numérique. Elle précise que ces séjours permettent aux jeunes de se reconnecter à des activités plus concrètes, comme les jeux en plein air ou les interactions sociales directes. « Les adolescents ont besoin de moments où ils ne sont pas constamment sollicités par les notifications ou les réseaux sociaux », a-t-elle déclaré.

Un phénomène croissant chez les adolescents

Blandine Coudert n’est pas la seule à tirer la sonnette d’alarme. Plusieurs études récentes ont mis en évidence l’impact négatif de la surexposition aux écrans sur la santé mentale des jeunes. Selon un rapport de l’INSERM publié en 2024, près de 30 % des adolescents de 15 ans présentent des signes d’anxiété ou de dépression liés à un usage intensif des réseaux sociaux. Pour l’enseignante, ces chiffres confirment l’urgence d’agir, que ce soit à l’école ou pendant les loisirs.

Elle rappelle que les écrans ne sont pas uniquement un outil de communication, mais aussi une source de distraction permanente. « Les jeunes passent en moyenne plus de 6 heures par jour sur leur téléphone, selon une enquête de l’ARCEP en 2025. Autant dire que sans cadre, cette pratique devient envahissante », a-t-elle ajouté.

Les colonies sans portable, une alternative en développement

Les colonies de vacances sans téléphone portable gagnent en popularité en France. Plusieurs associations et structures éducatives proposent désormais des séjours dédiés à la déconnexion numérique. Par exemple, l’association « Déconnectés » organise chaque été des stages où les participants sont encouragés à laisser leur téléphone de côté. Blandine Coudert y voit une solution concrète pour lutter contre la dépendance aux écrans.

Elle cite également des retours d’expérience positifs : « Les parents nous disent souvent que leurs enfants reviennent des colonies plus épanouis, moins stressés et avec une meilleure capacité à se concentrer. » Pour elle, ces résultats montrent que les pauses numériques ne sont pas une privation, mais une véritable opportunité de développement personnel.

Et maintenant ?

Dans les prochains mois, Blandine Coudert souhaite étendre son plaidoyer en organisant des ateliers de sensibilisation dans les collèges et lycées. Une pétition en ligne, lancée en juin 2026, a déjà recueilli plus de 15 000 signatures, ce qui pourrait inciter les établissements à intégrer des règles plus strictes sur l’usage des téléphones pendant les activités scolaires. Reste à voir si les pouvoirs publics s’empareront de ce sujet dans les prochaines années.

Pour Blandine Coudert, l’enjeu dépasse la simple question des écrans. Elle souligne que la dépendance au numérique interroge notre rapport à la technologie et à la socialisation. « Nous devons repenser notre manière d’utiliser ces outils, car ils transforment profondément les interactions humaines. »

Selon Blandine Coudert, ces séjours sont particulièrement bénéfiques pour les adolescents déjà très exposés aux écrans. Cependant, elle reconnaît que certains jeunes pourraient trouver cette expérience difficile au début. L’accompagnement par des animateurs formés permet généralement de faciliter la transition.