« On sort du concert de Jul et c’est un carnage. » Ces propos, tenus par Éric Akopian, cofondateur de l’association Clean my Calanques, résument l’émotion suscitée par l’état des abords du stade Vélodrome de Marseille après les deux concerts du rappeur, donnés à guichets fermés ce week-end des 31 mai et 1er juin 2026, d’après Le Figaro.
Alors que les quelque 65 000 spectateurs par soirée ont quitté les lieux, Éric Akopian a filmé et publié sur les réseaux sociaux une vidéo montrant une quantité importante de déchets abandonnés sur les pelouses et les trottoirs aux abords du stade. « C’est catastrophique, il y en a de partout, a-t-il déclaré. Ce n’est pas normal. On s’habitue trop à ça. Il n’y a rien de normal. » Le militant environnemental s’inquiète notamment du risque de pollution : « Au moindre coup de vent ou à la moindre pluie, tout va finir dans la mer. On ne peut pas continuer à laisser le stade dans cet état après un concert en 2026. »
Ce qu'il faut retenir
- Deux concerts à guichets fermés donnés par Jul au Vélodrome de Marseille les 31 mai et 1er juin 2026, avec une affluence estimée à 65 000 spectateurs par soirée.
- L’association Clean my Calanques dénonce l’accumulation massive de déchets sur les pelouses et les trottoirs aux abords du stade.
- Éric Akopian, cofondateur de l’association, qualifie la situation de « carnage » et met en garde contre le risque de pollution marine.
- Le sol était propre aux abords immédiats du stade, mais la situation se dégradait rapidement en s’éloignant des accès principaux.
- Jul, numéro un du streaming en France en 2025, a récemment sorti un nouvel album, Oubliez-moi, après TP sur TP fin 2025.
- Le rappeur avait battu le record d’affluence au Stade de France il y a deux semaines, avec 100 000 spectateurs.
Des déchets visibles dès la sortie du stade
D’après les images publiées par Éric Akopian, les déchets — bouteilles en plastique, emballages, gobelets et autres détritus — s’étalaient sur plusieurs centaines de mètres autour du Vélodrome. « Aux abords immédiats du stade, le sol était très propre, mais une fois les marches descendues, la situation était tout autre, a-t-il expliqué. Les spectateurs ont visiblement abandonné leurs déchets n’importe où, sans se soucier des conséquences. »
Pour l’association, ce constat est d’autant plus préoccupant que Marseille, ville côtière, voit ses calanques et ses plages régulièrement menacées par la pollution. « Ces déchets finiront tôt ou tard dans la mer Méditerranée, a-t-il souligné. Avec les courants et les pluies, c’est inévitable. Et après, on se demande pourquoi les plages sont parfois fermées à la baignade. »
Jul, un artiste aux records d’affluence, mais aussi de controverses environnementales
Jul, l’un des rappeurs les plus populaires en France, a enchaîné les records ces dernières années. Après avoir rassemblé 100 000 spectateurs au Stade de France fin mai 2026, il a poursuivi sa tournée au Vélodrome avec deux dates sold out. Son dernier album, Oubliez-moi, sorti en avril 2026, a confirmé sa domination sur les plateformes de streaming.
Pourtant, ses concerts sont régulièrement pointés du doigt pour leur impact environnemental. En 2025, des associations avaient déjà alerté sur la gestion des déchets lors de ses concerts au Stade Vélodrome, sans que des mesures correctives significatives ne soient mises en place. « On a l’impression que les organisateurs et les autorités ferment les yeux sur ce problème, a dénoncé Éric Akopian. Pourtant, des solutions existent : poubelles supplémentaires, équipes de nettoyage renforcées, sensibilisation du public. Mais rien n’est fait. »
Clean my Calanques, une association en première ligne contre la pollution marine
Fondée en 2018, Clean my Calanques milite pour la préservation des espaces naturels autour de Marseille, notamment les calanques, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’association organise régulièrement des opérations de nettoyage et mène des actions de sensibilisation auprès des collectivités et du public.
« Notre combat ne se limite pas aux déchets laissés par les concerts, a rappelé Éric Akopian. On intervient aussi sur les déchets sauvages dans les calanques, les mégots jetés par les promeneurs, ou encore les rejets illégaux dans la nature. Mais les concerts, c’est un phénomène récurrent et massif. Chaque fois, c’est la même chose : des montagnes de déchets, un manque flagrant de responsabilité de la part des organisateurs. »
Pour l’heure, les associations locales appellent à une prise de conscience collective. « Il ne s’agit pas d’interdire les concerts, mais de les organiser de manière responsable, a conclu Éric Akopian. Les spectateurs aussi ont un rôle à jouer : ramasser leurs déchets, utiliser les poubelles mises à disposition, ne rien abandonner sur place. Sans cela, la situation ne changera pas. »
Selon le code de l’environnement, l’abandon de déchets peut être sanctionné par une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 euros par déchet pour une personne physique, et jusqu’à 7 500 euros pour une personne morale. En cas de mise en danger de l’environnement, les peines peuvent être alourdies, avec des poursuites possibles pour pollution des eaux ou des sols.
Oui. L’association a déjà porté plainte à plusieurs reprises, notamment après des festivals comme le Marsatac ou des événements sportifs ayant généré d’importants volumes de déchets. En 2024, une plainte avait conduit à l’ouverture d’une enquête pour pollution des calanques près de Marseille.