Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son verdict dans l’affaire opposant les streameurs Owen Cenazandotti, alias Naruto, et Safine Hamadi, alias Safine, à Jean Pormanove, décédé en direct sur la plateforme Kick à l’été 2025. Selon Franceinfo – Faits divers, les deux hommes ont été condamnés pour violences et humiliations en ligne, des faits qui ont conduit au décès du jeune homme lors d’une diffusion.

Condamnés à des peines de prison avec sursis assorties d’amendes et d’une interdiction d’exercer une activité sur les réseaux sociaux pendant six mois, Naruto et Safine voient ainsi la justice trancher après des mois d’enquête et de procès. Cette décision intervient près d’un an après les événements tragiques qui avaient suscité une vive émotion dans la communauté du streaming et au-delà.

Ce qu'il faut retenir

  • Peines de prison avec sursis : Owen Cenazandotti condamné à deux ans, Safine Hamadi à 18 mois.
  • Amendes : 15 000 euros pour Naruto, 5 000 euros pour Safine.
  • Interdiction numérique : Six mois sans activité sur les réseaux sociaux pour les deux accusés.
  • Chefs d’accusation retenus : Violences et provocation à la haine pour Naruto, violences pour Safine.
  • Relaxes partielles : Naruto innocenté pour abus de faiblesse et diffusion de contenus.
  • Contexte : Affaire liée à la mort de Jean Pormanove, décédé en direct sur Kick en 2025.

Un procès suivi de près par l’opinion publique

Les débats au tribunal judiciaire de Nice ont débuté le 6 juillet 2026, attirant l’attention des médias et du public. Les deux streameurs, reconnaissables à leurs pseudonymes, ont comparu pour des faits remontant à plusieurs années. Selon les éléments du dossier, les violences et humiliations envers Jean Pormanove, alias « JP », et Stéphane G., alias « Coudoux », s’étaient multipliées entre 2023 et 2025 sur les plateformes Twitch puis Kick.

Les poursuites visaient spécifiquement les comportements répétés de harcèlement et de provocation, ayant selon l’accusation contribué à la dégradation de l’état de santé de Jean Pormanove. Les heures de diffusion en ligne, transformées en arènes de moqueries et de violences psychologiques, ont été au cœur des débats. L’émotion suscitée par ce drame avait rappelé les dérives possibles des espaces numériques, où l’anonymat et la distance favorisent parfois les pires excès.

Des condamnations différenciées selon les responsabilités

Le tribunal a retenu des charges distinctes contre les deux accusés. Owen Cenazandotti, alias Naruto, a été reconnu coupable de violences et de provocation à la haine, mais a bénéficié d’une relaxe pour les chefs d’abus de faiblesse et de diffusion de contenus illicites. Il écope de deux ans de prison avec sursis, assortis d’une amende de 15 000 euros et d’une interdiction de six mois d’utiliser les réseaux sociaux.

Safine Hamadi, pour sa part, a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, une amende de 5 000 euros et la même sanction de bannissement numérique. Les juges ont considéré que son rôle dans les violences était établi, bien que moins lourd que celui de son coaccusé. Cette différence dans les peines reflète la gradation des responsabilités reconnues par la justice.

Un drame qui a marqué l’histoire du streaming

La mort de Jean Pormanove, survenue en direct lors d’une diffusion, avait choqué la communauté du streaming et au-delà. L’affaire avait mis en lumière les risques liés aux dérives des interactions en ligne, où l’humiliation publique peut prendre des proportions extrêmes. Les milliers d’heures de direct accumulées entre 2023 et 2025 avaient servi de toile de fond à des comportements systématiquement condamnables, selon les termes de l’accusation.

Cette affaire rappelle également les limites du cadre juridique actuel face aux violences numériques. Bien que les condamnations soient prononcées, elles interviennent après des années de harcèlement, soulignant l’urgence d’une régulation plus stricte des plateformes. Pour les proches de Jean Pormanove, cette décision judiciaire marque une étape, mais le sentiment de justice accomplie reste teinté de tristesse face à l’irréversible.

Et maintenant ?

Cette condamnation ouvre une période de réflexion sur les responsabilités des plateformes numériques et des créateurs de contenu. Les associations de lutte contre les violences en ligne pourraient s’appuyer sur ce verdict pour renforcer leurs revendications, tandis que les autorités pourraient accélérer l’adoption de mesures de prévention et de sanctions plus dissuasives. Reste à voir si cette décision servira d’exemple ou si d’autres affaires similaires viendront, hélas, rappeler les dangers persistants du cyberharcèlement.

Les proches de Jean Pormanove ont indiqué qu’ils ne commenteraient pas davantage cette décision, préférant se concentrer sur le souvenir de l’homme qu’il était. Quant aux deux condamnés, aucune déclaration publique n’a été annoncée dans l’immédiat, leur avocat ayant indiqué qu’ils « prendraient le temps d’analyser la décision ».

Les deux streameurs disposent d’un délai pour faire appel de la décision. En cas de confirmation du verdict, l’interdiction d’exercer une activité sur les réseaux sociaux prendra effet dans un délai de six mois à compter de la notification définitive de la condamnation.