Pour la majorité des salariés du secteur privé, le 31 mai 2026 marque une date butoir incontournable. Ce jour marque l’échéance légale pour solder les congés payés acquis entre le 1er juin 2024 et le 31 mai 2025. Mais si certains jours n’ont pu être posés, sont-ils définitivement perdus ? Selon Capital, la réponse est généralement oui, sauf exceptions précises.

Ce qu'il faut retenir

  • Date limite : les congés acquis entre le 1er juin 2024 et le 31 mai 2025 doivent être pris avant le 31 mai 2026.
  • Perte automatique : sans accord de l’employeur ou exception légale, les jours non pris sont perdus.
  • Report possible : en cas de maladie, maternité, adoption ou contrainte extérieure, le report est obligatoire pour l’employeur.
  • Accord employeur : un report à l’amiable est envisageable si l’employeur donne son accord.
  • Compte épargne-temps (CET) : alternative pour « monétiser » les jours non pris.
  • Périodes spécifiques : certains secteurs (BTP, spectacle) ont des règles adaptées.

Cette règle, encadrée par le Code du travail, s’applique à la grande majorité des salariés du privé. « Si les congés payés acquis ne sont pas pris avant la fin de la période de référence, ils sont considérés comme perdus. Il n’est pas possible de les reporter sur la période de référence suivante », rappelle le site officiel du gouvernement, Service-Public.fr, comme le précise Capital.

Une règle générale avec des exceptions

Si la perte des congés non pris est la règle, des exceptions existent. D’abord, la période de référence peut varier selon les secteurs d’activité. Dans le BTP ou le spectacle, par exemple, la période de référence s’étend souvent du 1er avril au 31 mars ou du 1er janvier au 31 décembre. Dans ces cas, la date butoir pour solder les congés diffère, mais le principe reste identique : les jours non utilisés avant la fin de la période sont perdus, sauf accord ou exception.

Autre possibilité : le report à l’amiable. Si un salarié demande à son employeur de reporter ses congés, ce dernier peut accepter, mais n’y est pas obligé. « Rien ne l’y oblige. Il s’agit donc d’une démarche à l’amiable », souligne Capital. Pour certains salariés, une alternative existe : le compte épargne-temps (CET). Ce dispositif permet de convertir les jours de congés non pris en rémunération, immédiate ou différée, ou de les épargner pour une utilisation ultérieure.

Quand l’employeur est-il tenu de reporter les congés ?

Dans certains cas, l’employeur a l’obligation légale de reporter les congés non pris. C’est notamment le cas lorsque le salarié n’a pu les prendre en raison d’une « contrainte extérieure avérée ». Selon Service-Public.fr, cité par Capital, cela inclut :

  • Un congé maladie ou accident du travail ;
  • Un congé maternité ou d’adoption ;
  • Une impossibilité de poser ses congés pour des raisons liées à l’organisation imposée par l’employeur.
Dans ces situations, l’employeur doit obligatoirement accepter le report des congés non pris. Il est donc essentiel pour les salariés de bien connaître leurs droits pour éviter de perdre des jours de repos légitimes.

Que faire si l’employeur refuse un report légitime ?

Si un salarié se trouve dans une situation où il aurait dû bénéficier d’un report obligatoire de ses congés non pris — par exemple après un arrêt maladie prolongé — mais que son employeur refuse, il dispose de recours. La première étape consiste à solliciter un écrit de l’employeur expliquant son refus. En cas de litige, le salarié peut se tourner vers les représentants du personnel, les syndicats, ou saisir les prud’hommes pour faire valoir ses droits. « Le droit au report devient une obligation pour l’employeur dans des cas de contrainte extérieure avérée », rappelle Capital en citant l’administration française.

Les alternatives pour ne pas perdre ses congés

Face à la rigidité de la règle, plusieurs stratégies permettent d’éviter la perte des congés payés. La première, la plus simple, reste l’anticipation : poser ses jours de congé suffisamment à l’avance pour les utiliser dans les délais. Si cela n’est pas possible, le dialogue avec l’employeur est crucial. « Certaines organisations proposent une alternative avantageuse : le compte épargne-temps », indique Capital. Ce dispositif, encadré par le Code du travail, offre une flexibilité appréciable pour les salariés qui accumulent des jours de congé sans pouvoir les poser.

Autre piste : vérifier si un accord d’entreprise ou de branche prévoit des modalités différentes pour la prise des congés. Certains secteurs, comme le BTP, ont des calendriers décalés qui peuvent faciliter l’organisation des départs en vacances. Enfin, pour les salariés en arrêt maladie, il est impératif de déclarer leurs congés payés auprès de leur employeur dès la fin de leur arrêt, sous peine de les voir prescrire.

Et maintenant ?

La fin du mois de mai 2026 approche, et avec elle, l’échéance pour solder les congés payés acquis en 2024-2025. Pour les salariés qui n’auraient pas pu poser tous leurs jours, la priorité reste le dialogue avec l’employeur. Si un accord à l’amiable est trouvé, les congés pourront être reportés ou convertis. Dans le cas contraire, et sauf exception légale, les jours non pris seront perdus. Une vigilance particulière est requise pour les salariés en arrêt maladie ou en congé parental, dont les congés sont protégés par la loi.

Cette échéance rappelle aussi l’importance d’une bonne gestion des congés tout au long de l’année. Les entreprises sont de plus en plus incitées à encourager leurs salariés à poser leurs jours de repos, non seulement pour le bien-être au travail, mais aussi pour éviter les contentieux liés aux congés non pris. À l’approche de l’été, les services RH devraient donc relancer leurs équipes pour s’assurer que tous les congés sont soldés dans les temps.

Selon la loi, les congés payés non pris avant la fin de la période de référence (31 mai 2026 pour 2024-2025) sont perdus automatiquement, sauf accord de l’employeur ou exception légale. Aucune indemnisation n’est prévue pour ces jours, sauf si un accord d’entreprise ou une convention collective prévoit des dispositions spécifiques.

Oui, si l’entreprise propose un compte épargne-temps (CET). Ce dispositif permet de « monétiser » les jours de congés non pris, soit en les convertissant en rémunération immédiate, soit en les épargnant pour une utilisation ultérieure. À défaut, les congés non pris sont perdus.