Le Parlement a adopté en décembre 2025 les dernières modifications concernant la contribution différentielle sur les hauts revenus pour l’exercice 2026. Cette taxe, reconduite par la loi de finances, intègre quelques ajustements que les contribuables concernés devront intégrer à leurs déclarations. Selon Le Monde, ces évolutions ont été précisées par Floriane Dienger, avocate spécialisée chez CMS Francis Lefebvre.
Ce qu'il faut retenir
- La contribution différentielle sur les hauts revenus est reconduite pour 2026, avec des modifications mineures.
- Les seuils d’imposition et les modalités de calcul ont été ajustés par rapport à 2025.
- Les contribuables dont les revenus dépassent 150 000 € par an pourraient être concernés.
- Floriane Dienger, avocate chez CMS Francis Lefebvre, détaille les changements dans une interview au Monde.
Une taxe reconduite avec des ajustements ciblés
La contribution différentielle sur les hauts revenus, souvent surnommée « super-ISF », a été maintenue pour 2026 par les députés et sénateurs. Elle cible les ménages dont le patrimoine ou les revenus dépassent des seuils élevés. Selon Le Monde, la loi de finances adoptée fin 2025 en a prorogé l’application, mais avec quelques modifications techniques. « Cette contribution reste un outil de redistribution, mais son mécanisme a été légèrement revu », explique Floriane Dienger. Les ajustements portent principalement sur les tranches d’imposition et les abattements possibles.
Des seuils et des calculs redéfinis
Les contribuables concernés devront prendre en compte de nouveaux seuils pour déterminer leur assiette imposable. D’après l’avocate interrogée par Le Monde, « les revenus du capital et les plus-values mobilières sont désormais intégrés avec un barème progressif ». Les seuils d’entrée dans l’imposition restent fixés à 150 000 € de revenus annuels, mais les tranches de taxation ont été recalibrées. Les contribuables dont le patrimoine net taxable dépasse 1,3 million d’euros seront également soumis à cette contribution, sous réserve des éventuels abattements familiaux ou professionnels.
Qui est réellement concerné ?
La contribution différentielle vise avant tout les ménages aisés, qu’ils soient salariés, indépendants ou retraités. Selon les estimations du ministère de l’Économie, environ 120 000 foyers fiscaux pourraient être concernés en 2026. « Ce chiffre reste stable par rapport à 2025, mais la base imposable a été élargie pour certains types de revenus », précise Floriane Dienger. Les propriétaires de résidences secondaires, les investisseurs en SCPI ou en actions, ainsi que les entrepreneurs dont les bénéfices dépassent un certain seuil, sont particulièrement exposés. Les couples mariés ou pacsés font l’objet d’une imposition commune, sauf en cas de déclaration séparée.
« La contribution différentielle sur les hauts revenus reste un outil de justice fiscale, mais son application doit être clarifiée pour éviter les erreurs de déclaration. »
— Floriane Dienger, avocate chez CMS Francis Lefebvre, Le Monde, 30 mai 2026
Comment déclarer cette contribution ?
Les contribuables concernés devront déclarer cette contribution via leur déclaration annuelle de revenus, en ligne ou sur papier. Selon les services fiscaux, un formulaire spécifique, le 2042-C, sera mis à disposition pour cette déclaration. « Les cases dédiées ont été modifiées pour refléter les nouveaux barèmes », indique une source proche du dossier. Les délais de déclaration restent identiques à ceux des autres impôts : fin mai pour les déclarations en ligne, fin juin pour les déclarations papier. Les contribuables éligibles recevront un avis d’imposition distinct, généralement entre août et octobre 2026.
Cette contribution, bien que reconduite, continue de susciter des débats sur son efficacité et son équité. Les associations de contribuables devraient publier des analyses critiques dans les prochains mois, tandis que le gouvernement pourrait être amené à ajuster certains paramètres si les recettes générées s’avèrent inférieures aux prévisions.