Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a reçu son homologue algérien, Saïd Sayoud, place Beauvau ce lundi 1er juin 2026, pour une réunion de travail visant à relancer la coopération bilatérale entre les deux pays. Selon Euronews FR, cette rencontre marque le deuxième échange en six mois entre les responsables des deux ministères de l’Intérieur, après le déplacement de Laurent Nuñez à Alger en février 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Tous les sujets majeurs entre la France et l’Algérie ont été abordés lors de cette réunion, incluant la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et l’évolution de l’accord migratoire de 1968.
  • La question des retours des ressortissants algériens en situation irrégulière en France a été au cœur des discussions, avec un objectif affiché de « montée en puissance des retours ».
  • La situation du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis juin 2025, a fait l’objet d’une « attention particulière » lors des échanges, sans qu’aucune annonce concrète ne soit formulée.
  • Un poste d’attaché de la sécurité intérieure français sera créé à Alger, et les mécanismes institutionnels entre les forces de police et de gendarmerie des deux pays seront réactivés.
  • Cette réunion s’inscrit dans un contexte de réchauffement diplomatique entre Paris et Alger, après une crise majeure en 2024.

Une volonté affichée de relancer une coopération « pragmatique »

Lors de cette rencontre à Paris, Laurent Nuñez et Saïd Sayoud ont échangé sur l’ensemble des dossiers bilatéraux, comme l’a confirmé le ministère français de l’Intérieur dans un communiqué. Parmi les priorités évoquées, la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée a occupé une place centrale, tout comme la révision de l’accord franco-algérien de 1968, que la France souhaite « faire évoluer ». « On avance sur des bases pragmatiques et orientées vers des résultats concrets pour nos deux pays », a souligné Laurent Nuñez à l’issue de l’entretien, comme le rapporte Euronews FR.

La question migratoire au cœur des discussions

Le volet migratoire a constitué l’un des principaux sujets de cette réunion, alors que les relations entre la France et l’Algérie avaient été tendues ces dernières années en raison du refus répété d’Alger de réadmettre ses ressortissants en situation irrégulière sur son territoire. En 2025, les données compilées par cinq associations – Forum réfugiés, France terre d’asile, le Groupe SOS Solidarités, la Cimade et Solidarité Mayotte – indiquent que 30 % des personnes placées dans les 22 centres de rétention administrative en France hexagonale étaient de nationalité algérienne. « Les discussions ont permis de confirmer la reprise d’une coopération loyale pour permettre une montée en puissance des retours », a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Le cas de Christophe Gleizes reste sans solution immédiate

Autre point sensible abordé lors de cette rencontre : le sort du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis juin 2025 pour « apologie du terrorisme ». Le communiqué du ministère français de l’Intérieur précise que son cas a fait l’objet d’une « attention particulière et renouvelée » au cours des échanges, sans qu’aucune annonce ne soit faite concernant son maintien en détention ou son éventuel rapatriement en France. « On a évoqué avec exhaustivité les dossiers majeurs pour l’Algérie comme pour la France », a déclaré Laurent Nuñez, sans plus de détails.

La réactivation des liens institutionnels et sécuritaires

Pour consolider la reprise des relations bilatérales, Paris et Alger ont convenu de créer un poste d’attaché de la sécurité intérieure français à Alger. Cette initiative s’accompagne de la « réactivation des mécanismes institutionnels » entre les forces de police et de gendarmerie des deux pays, dont l’absence avait marqué la rupture diplomatique des dernières années. « Ces mécanismes étaient une cicatrice de la crise, et leur rétablissement marque un pas important vers la normalisation », a expliqué une source proche du dossier à Euronews FR.

Un réchauffement diplomatique progressif depuis le début de l’année

Cette réunion s’inscrit dans un contexte de détente progressive entre la France et l’Algérie, après une crise diplomatique sans précédent déclenchée à l’été 2024. À l’époque, Paris avait apporté son soutien à un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental, provoquant une vive réaction d’Alger. Depuis le début de l’année 2026, les signes de réchauffement se multiplient : après le déplacement de Laurent Nuñez à Alger en février, les ministres de la Justice des deux pays, Gérald Darmanin et Lotfi Boudjemaa, se sont rencontrés en mai pour relancer la coopération judiciaire.

Sur le plan culturel, la secrétaire d’État française chargée des anciens combattants et de la mémoire, Alice Rufo, s’est rendue en Algérie le 8 mai 2026 pour participer aux commémorations des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, perpétrés sous le régime colonial français. Une démarche symbolique, perçue comme un geste de réconciliation.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient jalonner les prochains mois. D’une part, la création du poste d’attaché de sécurité intérieure à Alger, dont la mise en place reste à finaliser. D’autre part, les discussions sur l’évolution de l’accord migratoire de 1968 pourraient aboutir à des annonces concrètes, notamment sur les modalités de réadmission des ressortissants algériens. Enfin, le sort de Christophe Gleizes dépendra des suites judiciaires en Algérie, sans garantie de résolution rapide. « Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la solidité de cette reprise de dialogue », estime une source diplomatique.

Dans l’attente, les deux pays affichent leur volonté de poursuivre cette dynamique. « On est dans une logique de résultats, pas de déclarations », a conclu Laurent Nuñez, rappelant que le succès de cette coopération dépendra de la capacité des deux parties à concrétiser leurs engagements.

Les principaux points de tension restent la gestion des flux migratoires, notamment la réadmission des ressortissants algériens en situation irrégulière en France, ainsi que la question du Sahara occidental, qui avait provoqué une crise diplomatique en 2024. La situation du journaliste Christophe Gleizes détenu en Algérie ajoute une dimension sensible aux relations bilatérales.

Parmi les mesures annoncées figure la création d’un poste d’attaché de sécurité intérieure français à Alger, ainsi que la réactivation des mécanismes institutionnels entre les forces de police et de gendarmerie des deux pays. Sur le plan migratoire, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de « monter en puissance » les retours des ressortissants algériens en situation irrégulière.