La 17e Conférence des parties sur la lutte contre la désertification (COP17), qui s’est ouverte le 17 août 2026 à Oulan-Baton en Mongolie, a immédiatement été marquée par des blocages politiques et des tensions sur la place accordée aux acteurs non étatiques. Selon nos confrères de Reporterre, la Russie et les États-Unis se sont opposés à la présentation de l’ordre du jour initial, une première dans l’histoire des COP.

Ce qu'il faut retenir

  • Blocage politique dès l’ouverture de la COP17 : la Russie et les États-Unis ont rejeté la présentation de l’ordre du jour, selon Reporterre.
  • Marginalisation des peuples autochtones et de la société civile, dénoncée par les ONG présentes sur place.
  • Cette édition se déroule à Oulan-Baton, en Mongolie, un pays confronté à des enjeux majeurs de désertification.
  • La société civile et les représentants autochtones critiquent leur exclusion des débats, jugée « inacceptable » par plusieurs observateurs.
  • Les négociations sur la lutte contre la désertification pourraient être ralenties par ces désaccords initiaux.

Des blocages politiques dès l’ouverture

Dès le premier jour, la COP17 a été secouée par un désaccord sans précédent. La Russie et les États-Unis, deux des plus grandes puissances mondiales, ont bloqué la présentation de l’ordre du jour, une étape pourtant habituellement consensuelle. Selon Reporterre, cette opposition a surpris les participants, habitués à des procédures plus fluides lors des précédentes conférences.

Pour justifier leur position, ces deux pays auraient invoqué des désaccords sur la répartition des responsabilités dans la lutte contre la désertification. « Ce n’est pas acceptable », a réagi un représentant d’une organisation non gouvernementale, cité par Reporterre. « Comment avancer sur des sujets aussi cruciaux sans inclure tous les acteurs ? » a-t-il ajouté, soulignant l’absence de concertation avec la société civile.

Les peuples autochtones et la société civile exclus des débats

La marginalisation des peuples autochtones et des organisations de la société civile a rapidement dominé les discussions informelles. Plusieurs ONG ont dénoncé une décision unilatérale des États, les privant de leur droit de parole lors des négociations. « Nous avons été informés *après coup* de ce blocage », a expliqué un représentant d’une association autochtone, présent sur place. « C’est une façon de nous écarter des décisions qui nous concernent directement. »

Ces tensions rappellent les critiques récurrentes adressées aux COP, souvent accusées de privilégier les intérêts des États au détriment des populations locales. La désertification touche pourtant des millions de personnes, notamment dans les régions arides d’Afrique et d’Asie, où les communautés autochtones dépendent directement des écosystèmes menacés.

Oulan-Baton, un choix symbolique mais contrasté

Le choix de la Mongolie comme pays hôte de la COP17 n’est pas anodin. Ce pays d’Asie centrale fait face à des défis majeurs en matière de désertification, avec près de 70 % de son territoire considéré comme vulnérable, selon les données de la FAO. « C’est une occasion unique de mettre en lumière les solutions locales », a déclaré un expert en environnement, présent à Oulan-Baton. « Mais pour que cela fonctionne, il faut que tous les acteurs soient impliqués. »

Pourtant, les premiers jours de la conférence montrent que les obstacles politiques pourraient prendre le pas sur les enjeux environnementaux. Les représentants de la société civile espèrent que ces tensions seront surmontées rapidement, afin que les discussions puissent aboutir à des engagements concrets.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de la COP17 dépendront en grande partie de la capacité des États à trouver un compromis sur l’ordre du jour. Une réunion informelle est prévue pour le 19 août afin de tenter de débloquer la situation. Si aucun accord n’est trouvé, les négociations sur la désertification pourraient être reportées, retardant d’autant les actions nécessaires pour préserver les sols menacés.

Côté société civile, la mobilisation se poursuit. Plusieurs ONG ont annoncé qu’elles organiseraient des événements parallèles pour faire entendre leur voix, malgré leur exclusion officielle des débats. « Nous continuerons à nous faire entendre, d’une manière ou d’une autre », a affirmé une militante écologiste.

Selon Reporterre, ces deux pays auraient invoqué des désaccords sur la répartition des responsabilités dans la lutte contre la désertification. Aucun détail officiel n’a été communiqué, mais des sources proches des négociations évoquent des tensions sur le financement et les engagements des pays développés.