Alors que l’Asie subit une vague de chaleur historique, la Corée du Sud a classé la canicule au rang de « désastre national ». Selon RFI, cette situation s’inscrit dans un contexte plus large marqué par une intensification du phénomène climatique El Niño, susceptible d’aggraver encore les températures dans la région Asie-Pacifique. Avec les trois quarts de sa population active exposés à des températures excessives, le pays illustre une réalité préoccupante : celle des travailleurs directement en première ligne face aux effets du réchauffement climatique.

Ce qu'il faut retenir

  • La Corée du Sud qualifie la canicule actuelle de « désastre national »
  • Le phénomène El Niño pourrait accentuer les températures en Asie-Pacifique
  • 75 % de la population active asiatique est déjà exposée à des chaleurs dangereuses
  • Les travailleurs des secteurs extérieurs et industriels sont les plus vulnérables
  • L’ONU alerte sur l’aggravation des risques sanitaires liés aux vagues de chaleur

Une canicule déclarée « désastre national » en Corée du Sud

Les autorités sud-coréennes ont officiellement classé la vague de chaleur en cours comme un « désastre national », reconnaissant ainsi son ampleur exceptionnelle. Selon les données officielles, les températures ont dépassé à plusieurs reprises les 40 °C dans certaines régions, mettant en péril la santé des populations et la continuité des activités économiques. D’après les services météorologiques, cette canicule s’inscrit dans une tendance de long terme, avec une hausse moyenne des températures de 1,5 °C depuis le début du siècle dans la péninsule coréenne. RFI souligne que ces conditions exceptionnelles s’ajoutent à une série d’épisodes climatiques extrêmes observés ces dernières années, dont des inondations et des typhons plus intenses.

El Niño, un facteur aggravant dans la région Asie-Pacifique

L’Organisation météorologique mondiale a confirmé le retour du phénomène El Niño, un cycle climatique naturel qui se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans l’océan Pacifique. Selon les experts, ce phénomène pourrait amplifier les vagues de chaleur en Asie, où les températures sont déjà parmi les plus élevées au monde. Les modèles climatiques prévoient une intensification des épisodes caniculaires, avec des risques accrus pour les populations et les économies locales. Dans cette région, où la densité urbaine et industrielle est forte, les conséquences pourraient être dévastatrices. RFI rappelle que lors du dernier épisode El Niño en 2015-2016, des milliers de décès avaient été attribués aux chaleurs extrêmes en Inde et au Pakistan.

Les travailleurs, premières victimes des chaleurs extrêmes

Dans la région Asie-Pacifique, 75 % des travailleurs sont exposés à des températures dangereuses, selon un rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Les secteurs les plus touchés incluent l’agriculture, la construction, la logistique et l’industrie, où les conditions de travail en extérieur sont incontournables. Les employés de ces secteurs subissent quotidiennement des températures dépassant les 35 °C, un seuil au-delà duquel les risques de coups de chaleur et d’épuisement professionnel augmentent significativement. En Corée du Sud, des cas d’hospitalisation pour coups de chaleur ont déjà été signalés parmi les ouvriers du bâtiment, tandis que des fermiers rapportent des pertes importantes dans leurs récoltes en raison de la sécheresse prolongée.

Les syndicats sud-coréens ont appelé à l’adoption de mesures d’urgence, comme la réduction des horaires en journée ou la fourniture de protections individuelles. Pourtant, malgré ces alertes, de nombreuses entreprises peinent à mettre en place des protocoles adaptés, par manque de moyens ou par négligence. Les travailleurs précaires, souvent exclus des protections sociales, sont les plus exposés à ces risques.

« Les vagues de chaleur ne sont plus des phénomènes ponctuels, mais une réalité structurelle à laquelle nous devons nous adapter rapidement. Les gouvernements et les entreprises doivent agir ensemble pour protéger les travailleurs, car c’est toute la société qui en pâtira si rien n’est fait. »
– Un représentant de l’OIT en Asie-Pacifique, cité par RFI

Et maintenant ?

Face à l’aggravation des vagues de chaleur, plusieurs pays asiatiques envisagent de durcir leurs législations sur les conditions de travail en extérieur. En Corée du Sud, le gouvernement a annoncé un plan d’urgence pour renforcer les inspections dans les secteurs à risque, avec un accent particulier sur les PME. Cependant, l’efficacité de ces mesures dépendra de leur application réelle sur le terrain. D’ici à la fin du mois d’août, l’Organisation météorologique mondiale devrait publier une mise à jour sur l’évolution du phénomène El Niño, qui permettra d’affiner les prévisions pour les prochains mois.

Alors que les climatologues s’attendent à une multiplication des épisodes caniculaires dans les décennies à venir, la question de l’adaptation des travailleurs aux nouvelles réalités climatiques devient un enjeu central. Les prochaines négociations internationales sur le climat, prévues en 2027, pourraient aborder cette problématique, notamment sous l’angle de la protection sociale et des droits des travailleurs.

El Niño se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de l’océan Pacifique, ce qui modifie les courants atmosphériques et favorise la remontée d’air chaud vers l’Asie. Ce phénomène réduit également les précipitations dans certaines régions, aggravant ainsi les conditions de sécheresse et de chaleur extrême. Selon l’OMM, les épisodes El Niño intenses, comme celui attendu en 2026, peuvent entraîner des hausses de température de 2 à 3 °C supplémentaires dans certaines zones asiatiques.