Face à une crise énergétique persistante dans le Golfe, la Corée du Sud envisage de contourner le détroit d'Ormuz en développant une nouvelle route d'approvisionnement en pétrole. Selon BFM Business, Séoul prévoit d'envoyer cinq navires battant pavillon sud-coréen vers le port saoudien de Yanbu, situé en mer Rouge, afin de sécuriser ses livraisons de brut.
Ce qu'il faut retenir
- La Corée du Sud importe 70 % de son pétrole depuis le Moyen-Orient, une dépendance qui l'expose aux tensions géopolitiques dans la région.
- Cinq navires sud-coréens doivent être déployés vers le port de Yanbu, en Arabie saoudite, pour contourner le détroit d'Ormuz.
- Le gouvernement sud-coréen a annoncé un budget supplémentaire de 17,2 milliards de dollars pour atténuer l'impact économique de la crise énergétique.
- Des envoyés spéciaux sont dépêchés en Arabie saoudite, à Oman et en Algérie afin de négocier des approvisionnements supplémentaires en brut.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte de tensions accrues dans le Golfe, où les livraisons de pétrole sont régulièrement perturbées par des conflits régionaux et des blocages stratégiques. La Corée du Sud, fortement dépendante des importations de carburant, subit de plein fouet cette instabilité. En réponse, le gouvernement a mis en place des mesures d'urgence, comme le plafonnement des prix de gros du carburant, une première depuis 1997.
Une stratégie pour réduire la dépendance au détroit d'Ormuz
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, est une zone de tension majeure. Son blocage, même temporaire, pourrait paralyser les économies des pays importateurs comme la Corée du Sud. Pour y remédier, Séoul mise sur le port de Yanbu, situé sur la côte occidentale de l'Arabie saoudite, en mer Rouge. Ce choix permettrait de réduire la dépendance aux routes maritimes traditionnelles, souvent menacées par les conflits ou les sanctions.
« Des navires battant pavillon coréen doivent être déployés vers des routes alternatives », a déclaré Ahn Do-Geol, député de la majorité, lors d'une conférence de presse. « Nous envisageons de déployer cinq navires battant pavillon sud-coréen vers le port de Yanbu, en Arabie saoudite, dans la région de la mer Rouge. » Cette déclaration, rapportée par BFM Business, confirme l'ambition de Séoul de diversifier ses sources d'approvisionnement.
Des négociations en cours pour sécuriser les approvisionnements
Outre le déploiement des navires, la Corée du Sud a envoyé des envoyés spéciaux en Arabie saoudite, à Oman et en Algérie. Leur mission : négocier des contrats supplémentaires pour sécuriser des livraisons de brut. Ces démarches s'ajoutent aux efforts déjà engagés pour stabiliser le marché énergétique, alors que le président sud-coréen Lee Jae Myung a qualifié l'économie nationale de « de facto en économie de guerre ».
Pour limiter la consommation d'énergie, le ministère sud-coréen de l'Énergie a publié des directives incitant la population à réduire son usage. Parmi les mesures recommandées : prendre des douches plus courtes ou recharger les téléphones portables pendant la journée. Ces gestes, bien que symboliques, reflètent l'urgence de la situation.
Un budget de 17,2 milliards de dollars pour amortir la crise
Pour faire face à la hausse des prix de l'énergie et aux perturbations des approvisionnements, le gouvernement sud-coréen a présenté un budget supplémentaire de 17,2 milliards de dollars. Ce plan vise à atténuer l'impact de la crise sur les ménages et les entreprises, alors que le pays affronte une inflation persistante et une croissance ralentie.
Cette enveloppe s'ajoute aux mesures déjà prises, comme le plafonnement des prix des carburants, qui a permis de stabiliser temporairement les coûts pour les consommateurs. Cependant, cette approche pourrait s'avérer insuffisante si la crise énergétique s'aggrave dans les mois à venir.
Cette initiative illustre les défis auxquels sont confrontés les pays dépendants des importations d'énergie, dans un contexte marqué par l'instabilité régionale et la transition vers des sources d'énergie plus diversifiées. Reste à voir si cette stratégie suffira à garantir la sécurité énergétique de la Corée du Sud, ou si d'autres mesures plus structurelles devront être envisagées.
La Corée du Sud importe 70 % de son pétrole depuis le Moyen-Orient, une dépendance qui la rend vulnérable aux tensions géopolitiques dans la région. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite une partie majeure de ces livraisons, est une zone de tension récurrente, notamment en raison des conflits entre l'Iran et ses voisins, ainsi que des tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran. En développant une route alternative via le port saoudien de Yanbu, en mer Rouge, Séoul cherche à réduire sa dépendance à cette voie maritime stratégique et exposée aux risques de blocage.
