Une étude récente révèle que le phénomène climatique El Niño, en train de s’installer progressivement dans la Corne de l’Afrique, devrait aggraver les inondations lors de la prochaine saison des pluies. Selon le Conseil danois pour les réfugiés (DRC), dont les conclusions ont été publiées le 24 août 2026, jusqu’à 10 millions de personnes pourraient être affectées dans quatre pays de la région : le Kenya, l’Ouganda, la Somalie et le Soudan du Sud. Parmi elles, 3 millions de personnes pourraient être contraintes à l’exil en raison des dégâts et des conditions de vie devenues intenables.
D’après RFI, cette analyse s’appuie sur des modélisations réalisées par l’ONG, qui souligne l’ampleur des risques encourus par les populations locales. Pauline Wesolek, conseillère en plaidoyer et communication pour l’Afrique de l’Est et les Grands Lacs au sein du DRC, a évoqué cette situation lors d’un entretien accordé à la rédaction.
Ce qu'il faut retenir
- Le phénomène El Niño devrait aggraver les inondations dans la Corne de l’Afrique lors de la prochaine saison des pluies, selon une étude du Conseil danois pour les réfugiés (DRC) publiée le 24 août 2026.
- Jusqu’à 10 millions de personnes pourraient être affectées dans quatre pays : Kenya, Ouganda, Somalie et Soudan du Sud.
- Parmi elles, 3 millions pourraient être déplacées en raison des conséquences des inondations et des conditions de vie précaires.
- Les modélisations de l’ONG révèlent un scénario climatique aggravant pour la région, déjà vulnérable aux aléas météorologiques.
Une région déjà vulnérable face aux aléas climatiques
La Corne de l’Afrique est une zone régulièrement touchée par des événements climatiques extrêmes, qu’il s’agisse de sécheresses prolongées ou d’inondations dévastatrices. La saison des pluies, prévue dans les prochains mois, risque d’être marquée par des précipitations particulièrement intenses, en lien avec le développement d’El Niño. Ce phénomène météorologique, caractérisé par un réchauffement anormal des eaux du Pacifique, perturbe les régimes de pluie à l’échelle mondiale et amplifie les risques de catastrophes naturelles dans certaines régions.
Dans cette partie du continent, les infrastructures sont souvent insuffisantes pour faire face à de tels événements. Les systèmes de drainage, les routes et les habitations précaires rendent les populations encore plus vulnérables. Le DRC rappelle que les déplacements forcés pourraient aggraver les tensions sociales et les crises humanitaires, alors que les ressources disponibles sont déjà limitées.
Les pays concernés face à un défi humanitaire majeur
Parmi les quatre pays étudiés, la Somalie et le Soudan du Sud figurent parmi les plus exposés. En Somalie, déjà fragilisée par des décennies de conflits et de crises alimentaires, les inondations pourraient submerger des zones déjà saturées par les déplacements internes. Au Soudan du Sud, où la situation politique reste instable, l’afflux de populations supplémentaires risquerait de peser sur les ressources et d’alimenter les tensions communautaires.
Le Kenya et l’Ouganda, bien que mieux préparés, ne sont pas épargnés. Les autorités kenyanes ont déjà commencé à renforcer les alertes météo et à mobiliser des équipes d’intervention rapide. Cependant, l’ampleur des dégâts dépendra de l’intensité réelle des pluies et de la rapidité des réponses humanitaires. « La situation pourrait rapidement devenir ingérable si les précipitations dépassent les capacités de réponse », a averti Pauline Wesolek.
« El Niño va considérablement aggraver les inondations lors de la saison des pluies à venir. Les populations sont déjà sous pression, et ce phénomène risque d’aggraver encore leur situation. » — Pauline Wesolek, conseillère en plaidoyer et communication pour l’Afrique de l’Est et les Grands Lacs au DRC.
Cette situation rappelle l’importance de renforcer la résilience des populations face aux changements climatiques. Les experts soulignent que des investissements durables dans les infrastructures et les systèmes d’alerte pourraient limiter l’impact des futurs épisodes d’El Niño. Pour l’instant, la priorité reste la protection des vies humaines et la préservation des moyens de subsistance des communautés les plus exposées.
El Niño est un phénomène climatique caractérisé par un réchauffement anormal des eaux du Pacifique équatorial, qui perturbe les régimes de pluie à l’échelle mondiale. En Afrique de l’Est, il favorise des précipitations plus intenses et irrégulières, augmentant ainsi le risque d’inondations dévastatrices, notamment lors de la saison des pluies.