L’émotion reste vive en Côte d’Ivoire après l’assassinat d’Amidou Koné, livreur pour la plateforme Yango, victime d’une agression à main armée dans la nuit du 6 au 7 juillet 2026 à Abidjan. Selon France 24, l’affaire a donné lieu à un procès expéditif devant le tribunal de première instance d’Abidjan, aboutissant à des peines lourdes contre les quatre accusés.

Ce qu'il faut retenir

  • Le livreur Yango Amidou Koné a été tué lors d’une agression à main armée dans la nuit du 6 au 7 juillet 2026 à Abidjan.
  • Le tribunal de première instance d’Abidjan a rendu son verdict le 8 août 2026, condamnant les quatre accusés.
  • Deux des condamnés écopent de la réclusion à perpétuité, tandis que les deux autres ont reçu des peines de 20 ans de prison.
  • L’affaire a suscité une vague d’indignation et relancé les revendications pour une meilleure protection des travailleurs des plateformes numériques.

Les faits se sont déroulés dans le quartier Adjamé, un secteur connu pour son activité commerciale dense. D’après les éléments recueillis par France 24, l’agression aurait eu lieu alors que le livreur rentrait d’une course de nuit. L’un des assaillants aurait ouvert le feu sur la moto du livreur, provoquant sa mort sur le coup. Les enquêteurs ont rapidement identifié et interpellé quatre suspects, tous originaires de la région abidjanaise.

Le procès, qui s’est tenu en urgence le 8 août 2026, a abouti à une condamnation sévère. Deux des accusés, considérés comme les principaux instigateurs, ont été condamnés à la réclusion à perpétuité, tandis que les deux autres ont écopé de 20 ans de prison. Le tribunal a retenu contre eux les chefs d’accusation de vol à main armée et de meurtre, en retenant la préméditation. « Les preuves étaient accablantes », a déclaré le procureur lors de l’audience, soulignant que les accusés avaient agi avec une violence extrême.

« Le tribunal a sanctionné sans faiblesse ces actes ignobles qui rappellent que la vie d’un livreur ne vaut pas moins que celle d’un autre citoyen. »

— Procureur de la République d’Abidjan, cité par France 24

L’affaire a immédiatement provoqué une vague de réactions sur les réseaux sociaux et dans la presse ivoirienne. Plusieurs syndicats et associations de livreurs ont dénoncé l’insécurité persistante dont sont victimes les travailleurs des plateformes numériques. « On nous demande de livrer à toute heure, mais qui nous protège ? » a réagi Karim Ouattara, porte-parole du syndicat des livreurs indépendants d’Abidjan. Il a rappelé que depuis le début de l’année, au moins trois livreurs avaient été tués dans des agressions similaires à Abidjan et dans sa périphérie.

Côté Yango, la plateforme a publié un communiqué exprimant sa « profonde tristesse » et annonçant des mesures d’accompagnement pour la famille de la victime. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités pour renforcer la sécurité de nos livreurs », a indiqué un responsable de l’entreprise, sans préciser les dispositifs concrets mis en place. De son côté, le gouvernement ivoirien n’a pas encore réagi officiellement, mais des sources au ministère de l’Intérieur ont évoqué l’éventualité d’un renforcement des patrouilles nocturnes dans les zones à risque.

Et maintenant ?

Une réunion est prévue la semaine prochaine entre les représentants des plateformes de livraison, les syndicats de livreurs et les autorités policières pour discuter des mesures à adopter. Parmi les pistes envisagées : l’installation de boutons d’urgence connectés sur les deux-roues des livreurs, ainsi qu’un système de géolocalisation en temps réel. Pour l’instant, aucune date n’a été arrêtée pour cette concertation, mais les acteurs du secteur espèrent des avancées rapides.

Cette affaire survient dans un contexte où les tensions entre livreurs et plateformes s’intensifient en Afrique de l’Ouest. En 2025, des grèves massives avaient éclaté au Nigeria et au Ghana pour réclamer de meilleurs salaires et des conditions de travail plus sûres. En Côte d’Ivoire, les livreurs dénoncent régulièrement les retards de paiement et les risques encourus lors des livraisons en zone isolée ou en soirée.

Reste à voir si ce verdict marquera un tournant dans la protection des travailleurs des plateformes numériques. Pour l’instant, la famille d’Amidou Koné a demandé que justice soit faite, tandis que les autres livreurs maintiennent la pression pour obtenir des garanties concrètes. Une chose est sûre : le débat sur la sécurité des livreurs en Côte d’Ivoire est loin d’être clos.

Plusieurs pistes sont évoquées : installation de boutons d’urgence connectés sur les deux-roues, géolocalisation en temps réel, patrouilles policières renforcées dans les zones à risque, ou encore formation des livreurs aux situations de danger. Aucune décision n’a encore été prise, mais des discussions sont en cours entre les acteurs du secteur et les autorités.