Alors que la Coupe du monde 2026 débutera dans dix jours, l'enthousiasme des Américains pour cet événement semble encore bien discret. Selon RMC Sport, qui a recueilli plusieurs témoignages sur place, notamment à Miami, la compétition peine à s'imposer dans le quotidien des citoyens, malgré son organisation dans plusieurs villes des États-Unis.

Ce qu'il faut retenir

  • À J-10 du début de la Coupe du monde 2026, l'enthousiasme des Américains reste limité, selon les observations de RMC Sport.
  • À Miami, certains habitants découvrent seulement maintenant que des matchs auront lieu dans leur ville, et aucun produit dérivé n'est visible dans les rues.
  • La hausse des prix, notamment de l'essence et des produits alimentaires, occupe le premier rang des préoccupations des Américains.
  • Les Latinos, eux, affichent un engouement plus marqué pour le football, espérant que la compétition redonnera un peu de baume au cœur à la population.
  • Un sondage récent indique que plus de la moitié des Américains estiment être dans une situation économique pire qu'après la crise de 2008.

La Coupe du monde 2026 s'apprête à débuter dans dix jours, mais l'événement peine à s'imposer dans le paysage américain. D'après RMC Sport, qui a interrogé plusieurs habitants à Miami, l'enthousiasme est loin d'être au rendez-vous. Pourtant, les États-Unis sont l'un des pays hôtes de cette édition, aux côtés du Canada et du Mexique.

Dans la ville floridienne, certains habitants découvrent seulement maintenant que des matchs auront lieu dans leur métropole. Pourtant, l'organisation de la compétition aurait dû logiquement s'accompagner d'une campagne de promotion. Pourtant, à l'aéroport comme dans les rues, aucune trace de la Coupe du monde n'est visible. Seules les abords de la future « Fan Zone » laissent entrevoir des préparatifs, tandis que le reste de la ville reste indifférent à l'événement.

Les raisons de cette désaffection sont multiples. Pour les Américains, comme pour les Français, la principale préoccupation reste la fin du mois. La hausse des prix, notamment ceux de l'essence et des produits alimentaires, pèse lourdement sur le budget des ménages. « Avant un plein d'essence, c'était 40 dollars. Là, on est déjà au-delà. C'est autour de 60-65 dollars maintenant », témoigne un automobiliste interrogé par RMC Sport. Une hausse qui contraste fortement avec l'esprit festif attendu pour une Coupe du monde.

Les conséquences de cette inflation se font sentir au quotidien. « Je n'avais jamais vu ça de ma vie. Ce n'est vraiment pas un plaisir », déclare une mère de famille. « Je voudrais acheter des vêtements, mais je ne peux pas. Alors j'essaie de trouver des produits moins chers. Je réfléchis aussi à prendre un logement plus petit. Je n'y connais rien au foot, mais on ne devrait pas célébrer quoi que ce soit en ce moment. » Autant dire que l'organisation d'un Mondial dans ces conditions relève du défi.

Les prix élevés concernent également les produits alimentaires de base. « L'essence coûte plus cher, la nourriture aussi… Les œufs, le lait, la viande, notamment », précise un père de famille à la sortie d'un supermarché. « On mange moins », ajoute-t-il, visiblement gêné. Face à ces difficultés, certains habitants avouent même renoncer à leurs projets les plus simples, faute de moyens suffisants.

Pourtant, tous les Américains ne partagent pas ce désintérêt. Les Latinos, nombreux à Miami et originaires d'Amérique du Sud, affichent un engouement bien plus marqué pour le football. Pour eux, le sport est presque une religion. Beaucoup espèrent que cette Coupe du monde permettra à la population de se changer les idées et de souffler un peu.

C'est ce qu'exprime Bryan, un père de famille floridien. « Tout le monde cherche un moyen de se changer les idées. Et ce sera la Coupe du monde. Ça va nous permettre de faire quelque chose qu'on a vraiment envie de faire, de profiter de la vie peu importe ce qui se passe. La situation actuelle nous affecte tous, donc cette Coupe du monde, c'est une bénédiction pour nous changer les idées et profiter », déclare-t-il. Son témoignage illustre l'espoir placé dans cet événement pour redonner un peu de moral à une population en difficulté.

Reste à savoir si cet enthousiasme limité suffira à faire de la Coupe du monde 2026 un succès populaire aux États-Unis. Les organisateurs tablent sur l'engouement des supporters étrangers, notamment sud-américains, pour dynamiser l'atmosphère. Cependant, la situation économique pourrait bien peser sur la fréquentation des stades et des fan zones.

Et maintenant ?

D'ici le coup d'envoi du Mondial, prévu pour le 11 juin 2026, les organisateurs devraient multiplier les efforts pour attirer l'attention du public. La réussite de l'événement dépendra en grande partie de la capacité des villes hôtes à créer une ambiance festive, malgré le contexte économique morose. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer l'impact réel de cette Coupe du monde sur le moral des Américains.

Reste à voir si la compétition parviendra à fédérer au-delà des communautés déjà acquises au football. En attendant, la question de l'adhésion des Américains à cet événement reste entière, dans un pays où les priorités semblent ailleurs.

La Coupe du monde 2026 sera organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, une première dans l'histoire du tournoi.

Le coup d'envoi de la compétition est prévu pour le 11 juin 2026, selon le calendrier officiel de la FIFA.