Alors que le Maroc s’imposait aux tirs au but face aux Pays-Bas en 16es de finale de la Coupe du monde 2026, plusieurs villes néerlandaises ont été le théâtre de scènes de liesse et de violences dans les heures qui ont suivi le match, rapporte RMC Sport. Les célébrations, marquées par des feux d’artifice et des rassemblements massifs, ont rapidement dégénéré dans certains quartiers, nécessitant l’intervention des forces de l’ordre.
Dès les premières minutes suivant la victoire marocaine (1-1 a.p., 3-2 t.a.b.), les rues des principales villes des Pays-Bas ont été envahies par des supporters du Maroc, formant une communauté estimée à 400 000 personnes dans le pays. Si les festivités ont d’abord été pacifiques à Utrecht et Amsterdam, des incidents violents ont éclaté dans le quartier de Schilderswijk, à La Haye, où des membres des forces de l’ordre avaient été prépositionnés en vue de la rencontre.
Ce qu'il faut retenir
- Victoire marocaine en 8es de finale aux tirs au but (3-2), après un match haletant achevé sur un score de parité (1-1 a.p.).
- Des célébrations spontanées organisées par les supporters marocains dans plusieurs grandes villes néerlandaises, dont Utrecht et Amsterdam.
- Des échauffourées et des jets de projectiles (feux d’artifice, pierres) signalés à La Haye, dans le quartier de Schilderswijk, nécessitant l’intervention de la police anti-émeute et le déploiement d’un canon à eau.
- Plusieurs arrestations pour violence publique, sans que le bilan humain ne soit précisé à ce stade.
- Des évacuations dans certains quartiers, comme West-Kruiskade à Rotterdam, où les célébrations ont duré plus de deux heures.
- Le journaliste Marcel Vink, présent sur place, a qualifié la situation de « dangereuse » en raison des comportements dangereux des supporters.
Un match historique bascule dans le chaos
Le choc entre les Pays-Bas et le Maroc, programmé mardi 8 juillet 2026 à 20h (heure locale), s’est transformé en un véritable scénario à rebondissements. Menés dès la première mi-temps par un but de Memphis Depay, les Lions de l’Atlas ont su réagir grâce à un égalisateur de Youssef En-Nesyri en seconde période, forçant la prolongation. C’est finalement aux tirs au but que le Maroc s’est imposé, avec des arrêts décisifs de son gardien, Yahia Fathi, et des tentatives réussies d’Ismael Saibari et Amine Adli.
Dès le coup de sifflet final, les supporters marocains, présents en masse aux abords des stades ou dans les quartiers populaires, ont envahi les rues. Selon RMC Sport, les célébrations ont rapidement pris une tournure festive à Utrecht et Amsterdam, où des fumigènes et des chants ont retenti toute la nuit. Pourtant, cette euphorie collective a laissé place à des tensions dans plusieurs zones du pays.
Des incidents localisés mais violents
À La Haye, dans le quartier de Schilderswijk — un secteur connu pour sa forte concentration de population d’origine marocaine — la situation a rapidement basculé. Les autorités locales ont fait état de « lourds feux d’artifice tirés en direction des forces de l’ordre » et de « jets de pierres » visant les agents. La police anti-émeute a dû intervenir pour disperser la foule, tandis qu’un canon à eau était déployé pour rétablir l’ordre.
Vers 8h du matin, les autorités ont indiqué que la situation était revenue à la normale, avec « quelques personnes arrêtées pour violence publique ». Cependant, les images relayées par les médias locaux, dont le Telegraaf, ont montré des scènes de désordre dans d’autres villes. À Utrecht, dans le quartier de Lombok, des individus cagoulés ont renversé des barrières de sécurité, obligeant la police à intervenir pour disperser les groupes.
« Absolument toutes les règles sont bafouées. Ils roulent sur le trottoir et la piste cyclable. C’est une situation dangereuse, surtout pour les personnes qui se rendent au travail ou à leurs activités sportives. »
Marcel Vink, journaliste présent sur place
À Rotterdam, le quartier de West-Kruiskade a dû être évacué après plus de deux heures de célébrations. La police a indiqué que la situation était sous contrôle vers 8h30, mais les conséquences matérielles (véhicules endommagés, barricades improvisées) ont nécessité des opérations de nettoyage en début de matinée.
Une communauté marocaine importante aux Pays-Bas
Avec une diaspora estimée à 400 000 personnes, la communauté marocaine aux Pays-Bas est l’une des plus importantes d’Europe. Installée principalement dans les grandes villes comme Amsterdam, Rotterdam, Utrecht ou La Haye, elle est régulièrement associée à des mouvements de soutien aux équipes nationales, notamment lors des grands événements sportifs. Si la majorité des supporters ont célébré la victoire dans la joie, certains excès ont rappelé les risques liés à l’émotion collective non maîtrisée.
Les autorités néerlandaises ont souligné l’importance de maintenir le dialogue avec les associations communautaires pour éviter de nouveaux débordements lors des prochains matchs. Aucune déclaration officielle n’a encore été faite concernant d’éventuelles sanctions ou mesures préventives pour les prochaines rencontres.
Pour l’heure, les images des célébrations et des affrontements ont circulé massivement sur les réseaux sociaux, alimentant les débats sur la gestion des supporters lors des grands événements. Alors que la Coupe du monde 2026 entre dans une phase plus intense, les organisateurs et les forces de l’ordre devront trouver un équilibre entre liberté de expression et maintien de l’ordre public.
Le Maroc affronte l’Argentine en 8es de finale, un match prévu ce vendredi 11 juillet 2026 à 17h (heure locale), selon le calendrier officiel de la FIFA.
À ce stade, les autorités néerlandaises n’ont pas communiqué sur d’éventuelles sanctions. Plusieurs personnes ont été arrêtées pour violence publique, mais aucune décision judiciaire n’a encore été rendue. Les enquêtes se poursuivent pour identifier les responsables des jets de projectiles et des dégradations.