La décision controversée de l'arbitre, s'appuyant sur la technologie « Connected Ball » de la FIFA, a provoqué une onde de choc dans le camp croate après l'élimination face au Portugal (2-1) en 16es de finale. Selon RMC Sport, la Croatie a vu son but égalisateur refusé dans les dernières minutes du match, scellant ainsi une élimination qu'elle juge injustement infligée.

Ce qu'il faut retenir

  • La Croatie menait 1-0 avant d'être rattrapée puis dépassée par le Portugal (1-2) après un penalty transformé par Cristiano Ronaldo (68e) et un but en fin de match de Gonçalo Ramos (94e).
  • Le but égalisateur de Josko Gvardiol (13e des arrêts de jeu) a été refusé pour un hors-jeu après une longue analyse du VAR et des données du ballon connecté.
  • La FIFA a confirmé que le ballon avait été touché par Igor Matanovic (n°20 croate), rendant valable la position de hors-jeu de Mario Pašalić au moment de la passe décisive.
  • Luka Modrić et Zlatko Dalić ont critiqué la gestion du match par l'arbitrage, notamment l'attribution du penalty et le refus du but.
  • La presse croate évoque une « cruauté inouïe » et une décision « choquante », tandis que certains médias soulignent trois buts refusés à la Croatie.

Un scénario cruel en fin de match

La Croatie, menée 1-0 à la 68e minute après un penalty sifflé en faveur du Portugal, a cru égaliser dans les dernières secondes grâce à un but de Josko Gvardiol. Le but semblait validé, mais l'arbitrage vidéo (VAR) a été sollicité pour analyser une possible position de hors-jeu. Après plusieurs minutes d'examen, l'assistant vidéo a finalement décidé d'annuler la réalisation, plongeant les Vatreni dans la désillusion. « Nous nous sommes sabordés, et l'arbitrage nous a tendu un piège », a dénoncé le quotidien croate Sportske Novosti.

L'action litigieuse a débuté par un long ballon envoyé dans la surface portugaise. Le ballon a frôlé la tête d'Igor Matanovic, avant d'être repris par le défenseur portugais Renato Veiga. Ce dernier a prolongé vers Mario Pašalić, alors en position de hors-jeu selon l'arbitre. Après une mauvaise relance, le ballon a atterri sur Gvardiol, qui a marqué d'une reprise de volée. Le VAR est alors intervenu pour vérifier si Matanovic avait touché le ballon avant Pašalić, une donnée cruciale pour déterminer la validité du but.

La technologie au cœur de la polémique

La FIFA a justifié sa décision en s'appuyant sur les données de la puce intégrée au ballon, baptisée « Connected Ball ». Selon l'instance dirigeante, les capteurs IMU du ballon Trionda ont détecté un contact entre Matanovic et le ballon avant qu'il n'atteigne Pašalić, confirmant ainsi une position de hors-jeu. « Selon les données fournies par la technologie 'Connected Ball', il a été établi que le Croate Igor Matanovic (n° 20) a touché le ballon lors de l’action ayant mené au but contre le Portugal ; cela a permis à l’arbitre de constater correctement une position de hors-jeu et d’annuler le but », a précisé la FIFA dans un communiqué.

Cette explication n'a pas suffi à calmer les critiques. Le journal Vecernji list a titré : « La Croatie s'est inclinée héroïquement face au Portugal avec trois buts refusés ». Une référence aux nombreux coups francs non sifflés en faveur des Croates et à la non-validation d'un autre but pour hors-jeu présumé. Sloboda Dalmacija a de son côté souligné l'amertume de la défaite : « Cela ne se voit pas à l'œil nu, nous n'avons donc d'autre choix que de nous fier à la technologie. C'est précisément pourquoi le goût de la défaite est si amer... »

Des réactions virulentes dans le camp croate

Le sélectionneur croate, Zlatko Dalić, a reconnu la défaite tout en critiquant la partialité de l'arbitrage. « L'arbitrage était déplorable. Pas une seule faute pour nous. Un arbitrage mauvais, certes, mais la Croatie a perdu et nous n'avons pas vraiment le droit de nous plaindre. Je suis désolé », a-t-il déclaré lors de la conférence d'après-match. Le capitaine de l'équipe, Luka Modrić, a également pointé du doigt le manque d'équité de la VAR. « On méritait bien mieux. Il y a eu des choses qui n'ont pas tourné en notre faveur. Ce penalty… Si les rôles avaient été inversés, la VAR n'aurait jamais été sollicitée », a-t-il dénoncé avant d'ajouter : « Elle est mal utilisée, de manière sélective, ou encore en fonction de la taille de l'équipe. La VAR devrait intervenir en cas d'erreur manifeste, mais dans le cas d'une situation ambiguë, on n'a pas son mot à dire. »

Modrić a également contesté la décision concernant le but refusé : « L'arbitre affirme que Matanovic a touché le ballon, mais après avoir visionné les images, rien ne prouve qu'il l'ait touché ». Le milieu de terrain a souligné que la technologie, bien que précise, ne doit pas servir à justifier des erreurs d'interprétation arbitrale.

Un homme du match controversé

La désignation de Cristiano Ronaldo comme homme du match par la FIFA a également suscité des interrogations. Le quotidien 24Sata a titré : « Le choix de Cristiano Ronaldo par la FIFA comme homme du match en disait long sur ce à quoi nous avons assisté ». Cette polémique s'ajoute à celle du penalty accordé pour une faute de Dejan Lovren sur Ronaldo dans la surface, une décision également contestée par les observateurs croates.

Avec cette élimination, la Croatie quitte la Coupe du monde 2026 après une campagne décevante, marquée par des décisions arbitrales contestées. Luka Modrić, qui disputait son dernier Mondial, a mis fin à sa carrière internationale dans la douleur, tout comme son équipe, dont le parcours s'arrête prématurément.

Et maintenant ?

La polémique autour de ce match pourrait relancer le débat sur l'utilisation de la technologie en football, notamment la fiabilité du ballon connecté et la subjectivité des décisions arbitrales. La FIFA devrait-elle revoir les critères d'application du VAR et des capteurs intégrés ? Du côté croate, l'accent sera mis sur la reconstruction d'une équipe qui, malgré un effectif expérimenté, n'a pas su éviter une élimination synonyme de fin de cycle pour plusieurs joueurs clés.

La prochaine échéance pour les supporters croates sera de suivre les réactions des instances dirigeantes et de voir si des mesures sont prises pour améliorer la transparence et l'équité des compétitions futures.

Un match qui marque les esprits

Les réactions post-match montrent à quel point ce résultat a été difficile à digérer pour les supporters et les joueurs croates. « Ce match restera gravé dans les mémoires, mais pour de mauvaises raisons », a résumé Sportske Novosti. Les images du but refusé et les explications de la FIFA continuent de circuler sur les réseaux sociaux, alimentant les débats sur l'évolution du football moderne.

Pour le Portugal, cette victoire ouvre la voie à un 1/8 de finale contre une équipe encore à déterminer. L'équipe de Roberto Martínez devra désormais se concentrer sur sa préparation pour affronter un adversaire qui bénéficiera, lui aussi, des aléas de l'arbitrage et de la technologie.

La FIFA s'appuie sur les données de la puce « Connected Ball » intégrée au ballon officiel du Mondial 2026. Selon l'instance, les capteurs IMU du ballon Trionda ont détecté un contact entre Igor Matanovic et le ballon avant qu'il n'atteigne Mario Pašalić, rendant ce dernier en position de hors-jeu au moment de la passe décisive. Cette technologie permet aux arbitres de prendre des décisions avec une précision inédite, affirme la FIFA.