Seize ans après avoir organisé la Coupe du monde 2010, l’Afrique du Sud revient sur la scène mondiale du football avec l’édition 2026, qui se déroule du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Selon RMC Sport, les Bafana Bafana – surnom de la sélection nationale – participent à leur quatrième phase finale d’un Mondial, avec un objectif clair : dépasser le stade des poules et renouer avec le glorieux passé des années 1990.
Ce qu'il faut retenir
- L’Afrique du Sud retrouve la Coupe du monde seize ans après son dernier Mondial organisé en 2010, avec une qualification obtenue en tête du groupe C des éliminatoires africains.
- Le groupe A, composé du Mexique, de la Tchéquie et de la Corée du Sud, présente un défi homogène pour les Sud-Africains, qui visent les 16es de finale.
- Les Bafana Bafana comptent sur des individualités comme Ronwen Williams, gardien star, ou Relebohile Mofokeng, ailier prometteur, mais peinent à briller face à des équipes non-africaines.
- Le sélectionneur belge Hugo Broos, en poste depuis cinq ans, apporte une stabilité inédite à l’équipe, avec 28 victoires en 55 matchs.
La qualification des Bafana Bafana s’est jouée dans un groupe C particulièrement relevé, où figuraient notamment le Nigeria, demi-finaliste de la dernière Coupe d’Afrique des nations (CAN). Après un parcours laborieux, l’Afrique du Sud a terminé en tête avec un seul point d’avance sur les Super Eagles, malgré un match perdu sur tapis vert face au Lesotho pour une faute d’alignement.
« C’est une grande performance selon moi, explique Alexandre Lafitte, ex-entraîneur du Marumo Gallants FC et observateur pour RMC Sport. Ils ont perdu un match sur tapis vert, mais face au Nigeria, ils ont réalisé une performance remarquable. » Cette victoire à domicile (1-1) et à l’extérieur (1-1) a scellé leur qualification, malgré des débuts difficiles dans ces éliminatoires.
Un effectif renouvelé mais des lacunes persistantes
L’effectif sud-africain pour cette Coupe du monde 2026 s’appuie sur une génération mixte, mêlant expérience et jeunesse. Dans les buts, Ronwen Williams, 34 ans et 62 sélections, reste une valeur sûre. Meilleur gardien de la CAN 2023, il incarne la solidité défensive des Bafana Bafana. « Il est capable de jouer sous pression et de protéger sa défense, c’est une force pour l’Afrique du Sud », souligne Alexandre Lafitte.
Côté défense, Mbekezeli Mbokazi, 20 ans et ancien d’Orlando Pirates avant son départ pour le Chicago Fire en MLS, s’impose comme un pilier. « Il est très fort défensivement, note Thando Sibiya, journaliste à France 24 et spécialiste du football sud-africain. C’était le meilleur joueur des Orlando Pirates avant son départ. En sélection, le jeu est construit autour de lui. »
L’attaque, en revanche, suscite des interrogations. Lyle Foster, formé à Burnley en Premier League, peine à confirmer en sélection malgré des statistiques correctes (10 buts en 26 matchs). « Avec l’Afrique du Sud, quelque chose ne fonctionne pas », regrette Thando Sibiya. Son manque de réussite résume les difficultés offensives des Bafana Bafana face à des équipes mieux organisées.
Parmi les espoirs, Relebohile Mofokeng, 22 ans et ailier d’Orlando Pirates, retient l’attention. Malgré un gabarit modeste (1,66 m), il affiche un profil technique proche de celui de Neymar, capable de dribbles, de frappes précises et de gestes spectaculaires. « C’est un joueur un peu à la Neymar, décrit Alexandre Lafitte. Pour moi, c’est SA Coupe du monde. » Mofokeng n’a pour l’instant que 12 sélections et aucun but, mais son potentiel en fait un atout majeur pour déstabiliser les défenses adverses.
Un groupe homogène et un objectif réaliste
Le tirage au sort a placé l’Afrique du Sud dans le groupe A, aux côtés du Mexique, de la Tchéquie et de la Corée du Sud. Un groupe homogène, où aucune équipe ne se détache clairement. Pour les Bafana Bafana, l’objectif est simple : se qualifier pour les 16es de finale, une première dans leur histoire en Coupe du monde. Leurs trois participations précédentes (1998, 2002 et 2010) se sont toutes soldées par une élimination au stade des poules.
« C’est une histoire de dynamique, il faut bien commencer, indique Alexandre Lafitte. C’est une équipe qui est capable de tout. Je les vois pouvoir sortir de la phase de groupes. » Les Sud-Africains devront cependant compter sur une bonne organisation défensive, souvent pointée du doigt lors des confrontations face à des équipes non-africaines.
Les récents résultats face à des adversaires hors du continent africain laissent perplexes. En 2022, l’équipe de France a infligé un sévère 5-0 aux Bafana Bafana. Plus récemment, un match nul contre Andorre (1-1) et une défaite face au Panama (2-1) ont confirmé les lacunes défensives et offensives de la sélection. « Au milieu ça allait, mais offensivement et défensivement, on a vu que quelque chose ne collait pas trop, observe Thando Sibiya. L’organisation défensive n’était pas bonne. »
Un sélectionneur belge et une stabilité inédite
L’un des points forts de cette sélection réside dans sa stabilité technique. Le Belge Hugo Broos, en poste depuis cinq ans, a mis fin à l’instabilité chronique qui caractérisait la fédération sud-africaine. Avant lui, les sélectionneurs ne restaient en moyenne que un ou deux ans. Broos a testé 122 joueurs en 55 matchs, avec un bilan de 28 victoires, 17 nuls et 10 défaites.
« On n’a jamais vécu ça, se réjouit Thando Sibiya. Avant, un sélectionneur ne restait que un ou deux ans. Le niveau s’élève parce que le sélectionneur garde les joueurs et peut les suivre. » Cette continuité a permis à certains joueurs de s’épanouir, comme Williams ou Mbokazi, et offre une base solide pour affronter ce Mondial.
Pourtant, malgré cette stabilité, les Bafana Bafana restent une équipe imprévisible. Leur capacité à alterner entre performances remarquables – comme face au Nigeria – et contre-performances – comme contre la France – rend toute prédiction hasardeuse. « Une équipe qui est capable de tout », résume Alexandre Lafitte.
Pour l’Afrique du Sud, cette Coupe du monde 2026 représente bien plus qu’un simple retour sur la scène internationale. Elle offre l’opportunité de montrer que le football sud-africain, malgré ses limites, peut encore prétendre à une place parmi les meilleures nations du globe. Avec des joueurs comme Williams, Mbokazi ou Mofokeng, et une stabilité enfin trouvée, les Bafana Bafana ont les atouts pour écrire une nouvelle page de leur histoire.
Reste à savoir si cette équipe, capable du meilleur comme du pire, saura saisir sa chance. Une chose est sûre : après seize ans d’absence, l’Afrique du Sud compte bien marquer son retour en grande pompe.
L’Afrique du Sud a connu des difficultés récurrentes dans les éliminatoires africains, notamment face à des nations comme le Nigeria, le Sénégal ou le Maroc. Malgré une participation à la CAN 2023, où elle a atteint les quarts de finale, la sélection a peiné à se structurer. La qualification pour le Mondial 2026 a été obtenue de justesse, avec un seul point d’avance sur le Nigeria, et après un match perdu sur tapis vert face au Lesotho pour une faute d’alignement.
Le principal défi réside dans leur capacité à performer face à des équipes non-africaines. Les récents matchs contre la France, Andorre ou le Panama ont montré des lacunes défensives et offensives. Pour sortir des poules, l’Afrique du Sud devra améliorer son organisation et compter sur ses individualités comme Ronwen Williams ou Relebohile Mofokeng.