La Coupe du monde 2026, qui s'ouvre le 11 juin prochain, s'annonce comme un rendez-vous majeur pour l'Australie. Pour la sixième fois consécutive, les Socceroos, surnom de la sélection nationale, participeront à la compétition, un exploit qui témoigne de la régularité de cette équipe sur la scène internationale. Selon RMC Sport, l'équipe de Tony Popovic arrive en Amérique du Nord avec des ambitions bien plus grandes que le simple rôle de figurante qu'on lui prête parfois.
Ce qu'il faut retenir
- L'Australie participe à sa 7e Coupe du monde et à sa 6e consécutive, un record pour le pays.
- La sélection a terminé 2e de son groupe de qualification en Asie, derrière le Japon, avec 19 points (5 victoires, 3 nuls).
- Tony Popovic, entraîneur depuis septembre 2024, a transformé une équipe en crise en une formation solide, in vaincue en 8 matchs après son arrivée.
- L'effectif, composé majoritairement de joueurs évoluant en championnats secondaires, mise sur la défense et l'expérience de son capitaine, Mathew Ryan (103 sélections).
- Placée dans le groupe D avec la France, le Paraguay et la Turquie, l'Australie vise au minimum les huitièmes de finale.
Un parcours de qualification marqué par un tournant décisif
Le début de la campagne de qualification asiatique des Socceroos a été chaotique. Après un départ prometteur avec six victoires en autant de matchs lors du deuxième tour, l'équipe n'a glané qu'un seul point lors de ses deux premières rencontres du troisième tour, le 10 octobre 2024. Cette contre-performance a précipité le départ de Graham Arnold, en poste depuis 2023. Son successeur, Tony Popovic, a rapidement redonné un nouveau souffle à l'équipe. « Il a apporté beaucoup de confiance aux joueurs. On s'attache à lui et on a envie de se battre pour lui. Il est fort pour diriger un groupe, c'est quelqu'un de charismatique avec une forte personnalité », a déclaré Damien Da Silva, défenseur central au Macarthur FC et ancien joueur de Popovic à Melbourne.
Sous sa direction, les Australiens sont restés invaincus jusqu'à la fin des éliminatoires, avec cinq victoires et trois matchs nuls. Un parcours qui leur a permis de terminer deuxièmes de leur groupe avec 19 points, derrière le Japon (23 points) mais devant l'Arabie saoudite (13 points). Cette performance leur a valu une qualification directe pour la Coupe du monde, une première depuis 2014. « Tony Popovic est un coach très fort tactiquement, notamment sur le plan de la défense », a souligné Damien Da Silva dans le podcast After Coupe du monde sur RMC Sport.
Une équipe solide mais inexpérimentée, tournée vers la défense
Malgré sa régularité, l'Australie reste perçue comme une équipe en reconstruction. « Il n'y a plus de stars, il n'y a pas vraiment de grands noms », a constaté Fahid Ben Khalfallah, ancien joueur de Melbourne et Brisbane et spécialiste du football australien. La majorité des joueurs évoluent dans des championnats de niveau intermédiaire, comme la MLS, le championnat japonais ou des clubs européens de deuxième division. Seul Mathew Ryan, gardien titulaire avec 103 sélections, possède un palmarès comparables aux meilleurs, ayant évolué à Valence, la Real Sociedad ou Arsenal.
Cette relative inexpérience se ressent dans le jeu proposé. L'Australie se distingue avant tout par sa solidité défensive, un aspect sur lequel Popovic a insisté. « C'est une équipe solide, compliquée à jouer. Je dirais que c'est un niveau qui se situe entre les États-Unis et le Canada », a estimé Fahid Ben Khalfallah. Preuve de cette rigueur défensive, les Socceroos n'ont encaissé que six buts en 16 matchs lors des éliminatoires. Leur capacité à tenir les scores s'est illustrée lors de leur dernier match qualificatif, une victoire 1-0 contre l'Arabie saoudite.
Les hommes clés de l'équipe pour cette Coupe du monde
Parmi les joueurs à suivre, Jordan Bos, latéral gauche de 23 ans évoluant au Feyenoord, et Mohamed Toure, attaquant de 22 ans considéré comme le nouveau chouchou de Tony Popovic, pourraient dynamiser l'attaque australienne. « Il a un profil rare, capable de prendre la profondeur », a expliqué Fahid Ben Khalfallah. Mais c'est Mathew Ryan qui incarne l'expérience et le leadership de cette équipe. À 34 ans, il disputera sa quatrième Coupe du monde et servira de guide à des coéquipiers moins aguerris. « Il est très professionnel et montre l'exemple : il est le premier en salle de gym, au petit déjeuner… C'est vraiment le capitaine », a résumé Ben Khalfallah. « Le boss », comme l'appellent ses coéquipiers, reste un symbole de stabilité pour une équipe en quête de reconnaissance.
Autre élément important, l'effectif compte plusieurs jeunes talents prometteurs, comme Nestory Irankunda (Watford), Tete Yengi (Machida Zelvia) ou Cristian Volpato (Sassuolo), qui pourraient apporter du sang neuf dans un collectif encore en construction. Leur intégration sera cruciale pour pallier l'absence de vedettes internationales.
Un groupe D homogène qui promet des matchs serrés
L'Australie affrontera trois adversaires de niveau similaire lors de la phase de groupes : la France (2e au classement FIFA), le Paraguay (53e) et la Turquie (30e). Selon RMC Sport, l'objectif minimal des Socceroos est clair : sortir de ce groupe et égaler leur meilleur résultat en Coupe du monde, un huitième de finale atteint en 2006 et 2022. « Vu le groupe, ils en sont capables, même si ça va être serré », a estimé Damien Da Silva. « S'ils se font éliminer au premier tour, ça va être une catastrophe et ça va être considéré comme un gros échec, c'est sûr » a même affirmé Fahid Ben Khalfallah, soulignant les attentes placées dans cette équipe.
Le calendrier des Australiens s'annonce exigeant : trois matchs dans trois villes différentes (Vancouver, Seattle et San Francisco), ce qui pourrait peser sur la récupération. « Les nombreux voyages pourraient avoir un impact sur les organismes », a noté Damien Da Silva. Une logistique à gérer pour une équipe dont la solidité mentale sera aussi testée.
En cas d'élimination précoce, les critiques risquent de pleuvoir sur une génération qui n'a pas encore réussi à dépasser le stade des huitièmes de finale. Mais si les Australiens parviennent à se hisser au-delà de la phase de groupes, cela marquerait une avancée historique pour le football local. Une performance qui pourrait aussi ouvrir de nouvelles perspectives pour le développement du sport dans le pays.
Les Socceroos affronteront la Turquie le 13 juin à Vancouver (6h), les États-Unis le 19 juin à Seattle (21h) et le Paraguay le 26 juin à San Francisco (4h), selon RMC Sport.