Alors que la Coupe du monde 2026 s’apprête à débuter dans trois pays répartis sur quatre fuseaux horaires, le président de la Fifa, Gianni Infantino, fait l’objet de vives critiques pour son mode de déplacement. Selon Reporterre, l’homme à la tête de l’instance dirigeante du football mondial aurait utilisé un jet privé mis à disposition par Qatar Airways – sponsor officiel de l’événement – pour assister à deux rencontres par jour. Un choix qui interroge, à quelques jours du coup d’envoi de la compétition.
Ce qu'il faut retenir
- Gianni Infantino, président de la Fifa, aurait parcouru 23 000 km en jet privé pour suivre deux matchs quotidiens lors de la Coupe du monde 2026.
- Le transport aurait été assuré par Qatar Airways, partenaire officiel de la compétition.
- La Coupe du monde 2026 se déroule sur trois pays – le Mexique, les États-Unis et le Canada – avec 16 stades répartis sur quatre fuseaux horaires.
- Cette édition est déjà qualifiée de pire Mondial sur le plan environnemental par plusieurs observateurs.
Un mode de déplacement sous le feu des critiques
Les révélations de Reporterre, basées sur des informations du Guardian, soulignent l’ampleur des trajets effectués par Gianni Infantino. Entre les déplacements entre les stades situés dans des fuseaux horaires différents, le président de la Fifa aurait privilégié l’avion privé, malgré les engagements affichés en faveur de la lutte contre le changement climatique. Une décision qui contraste avec les discours écologistes, alors que la compétition est déjà pointée du doigt pour son bilan carbone.
Qatar Airways, partenaire majeur de la Coupe du monde, met à disposition l’appareil utilisé par Gianni Infantino. Une collaboration qui, pour certains observateurs, interroge sur les priorités de la Fifa et de ses sponsors. «
Les déplacements en jet privé pour des événements sportifs de cette envergure sont de plus en plus contestés, car ils envoient un signal contradictoire aux supporters et aux sponsors », a souligné un expert en développement durable interrogé par Reporterre.
Une compétition déjà critiquée pour son impact environnemental
La Coupe du monde 2026 s’annonce comme l’une des plus polluantes de l’histoire. Avec 16 stades répartis sur trois pays – le Mexique, les États-Unis et le Canada – et des trajets fréquents en avion pour les équipes et les supporters, l’empreinte carbone de l’événement est colossale. Les organisateurs, conscients des enjeux, avaient pourtant promis des mesures pour limiter l’impact écologique, sans pour autant remettre en cause le format actuel.
Les critiques ne manquent pas : « C’est un paradoxe de voir la Fifa promouvoir une compétition mondiale tout en encourageant des déplacements aussi polluants », a commenté une association écologiste. Entre les vols en jet privé des dirigeants et les trajets des supporters, la question de la durabilité de l’événement reste entière.
Un format étendu qui pose question
Pour cette édition, la Fifa a choisi d’étendre la compétition à 48 équipes, contre 32 auparavant. Un choix qui a conduit à une augmentation du nombre de matchs et, par conséquent, des déplacements. Les 16 stades sélectionnés sont répartis sur trois pays et quatre fuseaux horaires, rendant les trajets encore plus complexes et énergivores. Une organisation qui, selon plusieurs analystes, aggrave l’impact environnemental de l’événement.
Les supporters, eux, devront souvent enchaîner les vols ou les trajets en voiture pour suivre leur équipe. Une logistique qui, malgré les promesses de transports « durables », reste largement dépendante des énergies fossiles. « Le format actuel de la Coupe du monde est incompatible avec une démarche écologique », a rappelé un chercheur en environnement.
Cette édition du Mondial soulève une question de fond : comment concilier l’organisation d’un événement sportif mondial avec les impératifs écologiques ? Pour l’heure, les réponses restent floues, et les organisateurs devront faire face à une pression accrue de la part des associations et des supporters.
L’extension à 48 équipes a été validée par la Fifa en 2017 pour « offrir plus d’opportunités aux équipes et aux pays hôtes ». Cette décision a cependant été critiquée pour son impact environnemental et logistique, notamment en raison de l’augmentation du nombre de matchs et des déplacements associés.