À moins de trois semaines du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, le secteur hôtelier américain craint un vide dans ses établissements. Selon Courrier International, les réservations de chambres dans les villes hôtes comme Los Angeles, Atlanta, Dallas, Miami, Philadelphie ou San Francisco restent bien en deçà des attentes, malgré les promesses initiales de la Fifa.

Les professionnels du tourisme, qui tablaient sur un afflux massif de visiteurs étrangers pour relancer une activité en berne, voient leurs espoirs s’effriter. « Les chambres d’hôtel à Los Angeles et dans les autres villes hôtes de la Coupe du monde de la Fifa pourraient rester vides », indique le Los Angeles Times, cité par Courrier International. Pire encore, certains hôteliers de la métropole californienne ont constaté que les réservations étaient même « à la traîne par rapport à un été normal ».

Ce qu'il faut retenir

  • Les réservations d’hôtels dans les villes hôtes de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis sont inférieures aux niveaux d’un été classique, selon le Los Angeles Times.
  • Les tarifs des chambres ont chuté d’environ un tiers par rapport aux pics enregistrés plus tôt dans l’année, selon le cabinet Lighthouse Intelligence.
  • La Fifa avait promis « des centaines de milliers de visiteurs », mais les professionnels du secteur qualifient désormais la situation de « désillusion ».
  • Le prix des billets, les tensions inflationnistes et un sentiment antiaméricain freineraient les voyages des supporters.
  • Les contrôles aux frontières et la guerre en Iran aggravent les inquiétudes des voyageurs internationaux.

Un secteur en alerte face à la baisse des réservations

Depuis plusieurs semaines, les hôteliers américains multiplient les rabais pour attirer une clientèle qui se fait rare. « Les prix des chambres dans les villes accueillant la compétition ont chuté d’environ un tiers par rapport au pic atteint un peu plus tôt dans l’année », révèle le cabinet d’analyse Lighthouse Intelligence, dont les données sont rapportées par Courrier International. À Miami, Philadelphie ou Dallas, les établissements hésitent désormais à maintenir leurs tarifs habituels de haute saison.

« J’en vois beaucoup qui commencent à paniquer et à baisser leurs prix », témoigne Scott Yesner, gérant d’une chaîne d’hôtels à Philadelphie. Pourtant, la Coupe du monde était présentée comme une bouffée d’oxygène pour un secteur encore convalescent après la pandémie et fragilisé par l’inflation. Mais l’enthousiasme initial laisse place à une réalité plus contrastée : les professionnels redoutent une fréquentation en demi-teinte.

Les promesses de la Fifa battues en brèche

Dès le début de l’organisation de cet événement planétaire, la Fifa avait multiplié les annonces optimistes. Son président, Gianni Infantino, avait garanti aux villes hôtes « des centaines de milliers de visiteurs ». Autour des « rares chanceux » détenteurs d’un billet, « beaucoup, beaucoup d’autres viendront simplement pour participer à quelque chose d’exceptionnel », avait-il affirmé. Pourtant, Vijay Dandapani, président de l’association des hôteliers de New York, résume la situation sans détour : « Ce ne sera certainement pas la ruée promise par la Fifa. »

Cette désaffection s’explique en partie par le prix élevé des billets, mais aussi par un contexte géopolitique tendu. « Le prix des billets, les contrôles aux frontières et l’hostilité à l’égard des États-Unis suscitent des inquiétudes qu’aggrave la guerre en Iran », analyse Aran Ryan, du cabinet Tourism Economics, cité par Courrier International. Ce dernier table sur une « hausse de 3,4 % du nombre de visiteurs internationaux aux États-Unis cette année », contre une estimation initiale de 3,9 % en décembre 2025.

Des annulations massives et un bilan déjà compromis

Les signes de désaffection se multiplient. La Fifa elle-même a dû annuler des milliers de réservations de nuitées pour ses équipes techniques, signe que l’engouement espéré n’est pas au rendez-vous. À Los Angeles, épicentre médiatique et sportif des États-Unis, les hôteliers « attendent toujours un pic de demande lié à la Coupe du monde », selon le Los Angeles Times. Pourtant, les organisateurs locaux tablent sur un impact économique significatif : un rapport publié en mars 2026 estimait que la compétition pourrait générer plus de 5 milliards de dollars de retombées pour le pays hôte.

Reste à savoir si cette estimation sera atteinte. Les acteurs du tourisme, eux, semblent déjà résignés. « Beaucoup de professionnels espéraient que la Coupe du monde aiderait à renverser la tendance à la baisse pour le tourisme aux États-Unis », explique Courrier International. Mais entre l’inflation persistante, la méfiance des voyageurs et un contexte international instable, les cartes sont loin d’être redistribuées.

Et maintenant ?

Les prochains jours seront décisifs pour évaluer l’ampleur de la désaffection. Les organisateurs pourraient annoncer des mesures d’urgence pour attirer les spectateurs, comme des promotions ciblées ou des partenariats avec les compagnies aériennes. Une baisse des prix des billets, encore élevés, pourrait également être envisagée. Reste à savoir si ces ajustements suffiront à combler le retard accumulé.

Quoi qu’il en soit, la Coupe du monde 2026 s’annonce comme un test pour l’industrie du tourisme américain, qui mise sur les grands événements sportifs pour relancer son attractivité. Pour l’heure, les chiffres restent décevants, et le secteur devra se contenter de miettes d’un gâteau qu’il espérait bien plus généreux.

Plusieurs facteurs expliquent cette désaffection : le prix élevé des billets, les tensions inflationnistes, un sentiment antiaméricain persistant, ainsi que des inquiétudes liées aux contrôles aux frontières et à la guerre en Iran. Selon Tourism Economics, ces éléments freinent les projets de voyage des supporters internationaux.

Les villes les plus concernées sont Los Angeles, Atlanta, Dallas, Miami, Philadelphie et San Francisco, où les tarifs hôteliers ont chuté d’environ un tiers. À Los Angeles, les réservations restent même inférieures à celles d’un été normal, selon le Los Angeles Times.