Depuis le début de la Coupe du Monde de football 2026, coorganisée par le Canada, les États-Unis et le Mexique, les supporters internationaux s’indignent des tarifs pratiqués dans les stades. Selon Courrier International, les prix des boissons et des snacks ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant des réactions contrastées entre les fans étrangers et les habitués des événements sportifs nord-américains.

Les stands de restauration des enceintes accueillant les matchs appliquent des tarifs libres, sans menu fixe uniforme. Résultat : les prix varient considérablement d’un stade à l’autre, voire d’un pays à l’autre, mais restent systématiquement élevés. À Los Angeles, par exemple, un burrito haricots-fromage s’affiche à 16,50 dollars (14,40 euros) hors taxes, tandis que le coût d’une canette de bière de 454 ml atteint 18,50 dollars au même endroit. À New York, dans l’enceinte du MetLife Stadium, le prix d’une bière américaine de même contenance s’élève à 16 dollars, contre 23 dollars à Santa Clara, près de San Francisco.

Ce qu'il faut retenir

  • Les prix des boissons et snacks dans les stades de la Coupe du Monde 2026 sont jugés prohibitifs par de nombreux supporters, avec des écarts importants entre les villes hôtes.
  • Une canette de bière coûte entre 16 et 23 dollars selon le stade, contre 6 à 8,50 livres (5,75 à 9,80 euros) pour une pinte de 568 ml au stade de Wembley, l’un des plus chers du Royaume-Uni.
  • Au Mexique, au stade Azteca, une pinte de bière atteint 310 pesos (15,60 euros), soit presque l’équivalent du salaire minimum journalier légal depuis le 1er janvier 2026.
  • Les prix ont fortement augmenté depuis la Coupe du Monde 2018, passant de 1 à 5 dollars en moyenne pour une pinte à 14-16,50 dollars au Qatar en 2022.
  • Certains supporters, notamment américains, relativisent ces tarifs, habitués aux prix élevés dans les stades nord-américains.

Des prix qui divisent selon l’origine des supporters

La polémique autour des tarifs s’est amplifiée après des déclarations de supporters allemands présents au Canada. Selon The Guardian, relayé par Courrier International, Mats Kauer, un Allemand de 47 ans, a comparé les prix pratiqués à Toronto avec ceux de son pays. « En Allemagne, on paie environ 6 ou 7 dollars la pinte, alors qu’ici, c’est plutôt entre 10 et 14 dollars, et jusqu’à 17 dollars dans le stade. C’est ridicule. Il faut baisser les prix, car la vie n’est rien sans la bière », a-t-il expliqué.

Cette réaction illustre le choc culturel entre les Européens, moins habitués aux prix élevés dans les enceintes sportives, et les Nord-Américains, pour qui ces tarifs ne surprennent pas. Brad Thompson, un spectateur interrogé par le Toronto Star lors du match d’ouverture du Canada le 12 juin, a nuancé le débat : « Quel que soit l’événement sportif auquel vous assistez, cela revient assez cher. » Une vision que partagent de nombreux fans locaux, résignés face à ces pratiques.

Le Mexique et le Canada en tête des tarifs les plus élevés

Le stade Azteca de Mexico illustre l’extrême de cette tendance. Selon l’édition espagnole du HuffPost, une pinte de bière y coûte 310 pesos, soit 15,60 euros. Ce montant représente presque le salaire minimum journalier légal au Mexique, fixé à 315,04 pesos depuis le début de l’année. Une comparaison qui souligne l’inflation des prix dans un pays où le pouvoir d’achat reste modeste pour une partie de la population.

Au Canada, les supporters étrangers ne sont pas en reste. Comme le relève Courrier International, les tarifs pratiqués à Toronto, notamment dans le stade accueillant les matchs, sont jugés « exorbitants » par des Allemands. « On paie entre 10 et 14 dollars la bière, et jusqu’à 17 dollars dans l’enceinte », s’indigne Kauer. Une situation qui contraste avec les standards européens, où une pinte coûte en moyenne 5,75 à 9,80 euros au stade de Wembley, l’un des plus chers du Royaume-Uni.

« Il n’y a pas de menu fixe uniforme aux stands de restauration pour la Coupe du monde, et les sites sont libres de fixer les prix de la nourriture et des boissons à leur convenance. »

The Athletic, cité par Courrier International

Une inflation des prix qui s’accélère depuis 2018

Selon ESPN, les tarifs des boissons lors des Coupes du monde ont connu une hausse spectaculaire ces dernières années. Entre 2006 et 2018, une pinte de bière coûtait entre 1 et 5 dollars en moyenne dans les stades. Lors de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, les supporters devaient débourser entre 14 et 16,50 dollars pour la même quantité, un record qui devrait être largement dépassé en 2026.

Cette tendance s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la libéralisation des prix par les organisateurs locaux, qui profitent de l’afflux de supporters pour maximiser leurs revenus. Ensuite, l’inflation générale et la hausse des coûts de production, notamment pour les boissons, ont aussi joué un rôle. Enfin, la Coupe du Monde étant un événement ponctuel mais d’envergure mondiale, les stades en profitent pour appliquer des tarifs premium, sans crainte de voir les spectateurs se désister.

Et maintenant ?

Alors que la Coupe du Monde 2026 se poursuit, la question des prix dans les stades pourrait revenir sur le devant de la scène. Les organisateurs pourraient être incités à revoir leurs tarifs, sous la pression des supporters et des médias. Cependant, rien n’indique pour l’instant une baisse généralisée des prix, d’autant que les prochains matchs se dérouleront dans des enceintes où les coûts sont déjà très élevés. La prochaine échéance à surveiller sera la finale, prévue le 19 juillet 2026 à New York : si les prix y sont maintenus à leur niveau actuel, le débat risque de s’amplifier.

Autant dire que, pour ceux qui souhaitent éviter ces dépenses, regarder les matchs à la télévision pourrait s’avérer une option plus économique. Comme le souligne le HuffPost, « il est de notoriété publique que les prix lors des grands événements sont exorbitants » et « frisent le ridicule ». Une remarque qui résume bien l’état d’esprit de nombreux supporters, partagés entre frustration et résignation.

Les stands de restauration des stades sont libres de fixer leurs tarifs sans encadrement uniforme. Cette liberté permet aux organisateurs de maximiser leurs profits, d’autant que l’afflux de supporters garantit une forte demande. Par ailleurs, la hausse générale des coûts de production et l’inflation ont également contribué à cette augmentation.