Quelques semaines avant le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, qui se déroulera du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique, le ballon officiel de la compétition, baptisé « Trionda », est déjà sous le feu des critiques. Présenté comme une prouesse technologique avec son capteur de mouvement intégré et son design inédit, il soulève désormais des questions sur les conditions de sa fabrication, selon Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • Le ballon « Trionda », conçu pour la Coupe du monde 2026, est produit au Pakistan dans des conditions de travail controversées.
  • Des associations dénoncent des salaires jugés insuffisants et des horaires de travail excessifs pour les ouvriers fabriquant le ballon.
  • Adidas, le fabricant, assure que les normes sociales et environnementales sont respectées, tout en reconnaissant des améliorations possibles.
  • La polémique survient alors que la compétition approche, posant la question de l’impact éthique des produits dérivés du sport mondial.

Conçu en collaboration avec Adidas, le « Trionda » se distingue par une structure à six panneaux et une surface texturée pour une meilleure prise en main et une trajectoire optimisée. Mais c’est précisément cette innovation qui a attiré l’attention sur les conditions de production, comme le rapporte Ouest France. Selon des rapports d’ONG relayés par le quotidien, les ouvriers pakistanais chargés de sa fabrication travailleraient jusqu’à 12 heures par jour dans des ateliers parfois dépourvus de protections sanitaires suffisantes.

Les associations de défense des droits des travailleurs, comme l’Organisation internationale du travail (OIT), pointent du doigt des salaires inférieurs au seuil de pauvreté local. « Ces conditions rappellent celles observées dans d’autres secteurs manufacturiers du pays », a souligné un représentant de l’OIT, qui rappelle que le Pakistan figure parmi les pays où le travail informel et les abus persistent. D’après les dernières estimations, le salaire minimum légal au Pakistan s’élève à environ 17 500 roupies pakistanaises par mois — soit environ 55 euros — pour un coût de la vie en hausse.

Face à ces accusations, Adidas a réagi par la voix de son directeur général, qui a indiqué que « toutes les usines partenaires respectent les normes de l’OIT en matière de droits des travailleurs ». L’équipementier allemand a tout de même reconnu que « des progrès restent à faire, notamment en matière de transparence sur les chaînes d’approvisionnement ». Ces déclarations interviennent alors que la FIFA, organisatrice de l’événement, insiste sur son engagement en faveur d’un football « durable et socialement responsable ».

« Nous sommes conscients des enjeux éthiques liés à la production de nos produits. Nous travaillons avec nos partenaires pour améliorer les conditions de travail, mais le chemin est encore long. » — Un porte-parole d’Adidas

Le « Trionda » n’est pas le premier ballon de Coupe du monde à susciter des polémiques. En 2018, le « Telstar 18 » de la Coupe du monde en Russie avait également été critiqué pour sa fabrication en Chine, où des rapports sur le travail forcé dans certains secteurs avaient été documentés. Cette fois, c’est au tour du Pakistan d’être mis en lumière, un pays déjà sous surveillance pour ses pratiques dans l’industrie textile et manufacturière.

Et maintenant ?

La polémique pourrait s’amplifier dans les prochains jours, à l’approche du lancement de la compétition. La FIFA et Adidas devraient multiplier les communications pour rassurer sur les conditions de fabrication du ballon, tandis que les ONG pourraient intensifier leurs pressions pour un audit indépendant. Une réunion est prévue le 15 juin avec des représentants des droits des travailleurs, sans que l’on sache encore si des mesures concrètes en découleront.

Cette affaire rappelle que l’innovation technologique et le prestige d’un événement sportif majeur ne doivent pas occulter les réalités sociales derrière leur production. Autant dire que la Coupe du monde 2026, censée célébrer l’excellence et l’unité, se retrouve aussi sous le projecteur pour ses manquements éthiques. Bref, la controverse autour du « Trionda » pourrait bien dépasser le cadre du ballon pour interroger la responsabilité des grandes instances sportives dans un monde globalisé.