La Coupe du monde masculine de football, qui s’ouvre dans trois jours, le 11 juin 2026, devait incarner une avancée en matière d’égalité et de parité dans les médias sportifs. Pourtant, selon Libération, les rédactions continuent d’envoyer une écrasante majorité d’hommes sur le terrain. Sur les 150 journalistes accrédités par la FIFA pour couvrir l’événement, seules dix sont des femmes, un chiffre qui interroge sur la place réelle réservée aux professionnelles dans le journalisme sportif.
Ce qu'il faut retenir
- Seulement 10 femmes journalistes accréditées sur 150 pour la Coupe du monde masculine 2026, selon Libération.
- La compétition, qui débute le 11 juin 2026, devait être une vitrine de la parité, mais les rédactions sportives persistent à envoyer majoritairement des hommes sur le terrain.
- Marie Portolano, journaliste et figure de la lutte contre le sexisme dans les médias, dénonce cette sous-représentation et appelle à une remise en question des pratiques.
Ce déséquilibre flagrant soulève des questions sur l’engagement réel des médias en faveur de l’égalité. Marie Portolano, qui s’exprime dans les colonnes de Libération, rappelle que cette Coupe du monde masculine était présentée comme une opportunité pour afficher des avancées significatives. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : à quelques jours du coup d’envoi, le constat est sans appel. Les rédactions semblent encore considérer que les grands rendez-vous sportifs restent l’apanage des hommes, malgré les discours officiels.
« Il faut nous dire si on dérange », a lancé Marie Portolano dans une tribune publiée par Libération. Elle y critique ouvertement la persistance des stéréotypes et le manque de volonté réelle pour changer les choses. Son intervention intervient alors que le football masculin est souvent pointé du doigt pour son retard en matière d’inclusion, malgré son influence mondiale. « On nous parle de parité, mais où est-elle quand il s’agit d’envoyer des femmes sur le terrain ? », s’interroge-t-elle. Son appel vise à interpeller les décideurs des médias, mais aussi les instances dirigeantes du football.
« Il faut nous dire si on dérange. » — Marie Portolano
Cette situation n’est pas isolée. Depuis des années, les femmes journalistes sportives dénoncent les obstacles persistants dans leur métier : difficulté à obtenir des accréditations, marginalisation dans les affectations, et souvent, une couverture médiatique réduite à des sujets considérés comme « féminins » (danse, gymnastique, etc.). Pourtant, des progrès ont été enregistrés dans d’autres domaines du sport, comme les Jeux Olympiques, où la parité est désormais mieux respectée. Pourquoi le football masculin, sport le plus médiatisé au monde, reste-t-il à la traîne ?
Les rédactions invoquent parfois des « traditions » ou des « habitudes » pour justifier cette inégalité. Pourtant, les exemples de femmes journalistes couvrant des événements masculins majeurs se multiplient, prouvant que les compétences ne manquent pas. En 2024, Julie Gayet avait déjà alerté sur le sexisme dans le milieu, rappelant que les femmes étaient souvent cantonnées à des rôles de « faire-valoir » plutôt qu’à des postes de responsabilité.
L’enjeu dépasse le cadre du football. Si les médias continuent de reproduire ces inégalités, c’est tout le secteur du journalisme sportif qui risque de perdre en crédibilité. À l’aube de cette Coupe du monde, une chose est sûre : les attentes sont élevées, et les critiques, elles aussi, ne manqueront pas.
Selon Marie Portolano et d’autres professionnelles du secteur, les rédactions invoquent souvent des « traditions » ou des « habitudes » pour justifier cette sous-représentation. Cependant, des exemples récents montrent que les femmes journalistes sont tout aussi capables de couvrir des événements masculins majeurs, mais leur accès aux accréditations reste limité par des biais inconscients ou des choix éditoriaux discutables.