La Fédération internationale de football (Fifa) accélère le processus concernant l’élargissement du format de la Coupe du monde à 64 sélections dès l’édition 2030, selon RMC Sport. Une décision pourrait être rendue avant la fin de l’été, dans un contexte marqué par des tensions croissantes entre les confédérations.
Ce qu'il faut retenir
- La Fifa mandate une agence indépendante pour évaluer l’impact d’un Mondial à 64 équipes à partir de 2030, après celui de 2026 à 48 nations.
- L’étude devra analyser les conséquences commerciales, l’impact sur l’écosystème du football et les risques de saturation du marché.
- Une décision est attendue pour le 10 ou 11 septembre, soit avant la date limite du 19 septembre liée au projet controversé de « vente de la Coupe du monde ».
- Les fédérations européennes, dont l’UEFA, s’opposent majoritairement à cet élargissement, tandis que d’autres confédérations y sont favorables.
Une étude accélérée pour trancher avant septembre
Selon un document interne de la Fifa consulté par RMC Sport, l’instance mondiale a lancé une procédure accélérée pour déterminer si le Mondial à 64 équipes, prévu dès 2030, doit être maintenu. L’objectif est clair : mandater une agence de conseil indépendante afin d’évaluer les implications stratégiques d’un tel changement. « La Fifa étudie les implications stratégiques d’un éventuel élargissement de la Coupe du monde au-delà de son format actuel », précise le texte, qui souligne que cette analyse doit porter à la fois sur les revenus générés et sur l’ensemble de l’écosystème du football.
Le document détaille également les contours de cette mission. L’étude devra mesurer « l’intérêt du marché ainsi que les conséquences systémiques », notamment en termes d’opportunités commerciales et de risques de saturation. Si des données issues des supporters pourront être prises en compte, elles ne constitueront pas le cœur de l’analyse, qui reste avant tout orientée « business-to-business ».
Un calendrier serré pour éviter les blocages
Le calendrier est précis : la désignation de l’agence retenue est prévue pour le 14 août. Cette dernière disposera ensuite de quatre semaines pour rendre ses conclusions, avec une échéance fixée au 10 ou 11 septembre. Une date cruciale, puisqu’elle précède de quelques jours la deadline du 19 septembre, liée au dossier controversé de la « vente de la Coupe du monde ». Autant dire que la Fifa souhaite éviter tout chevauchement entre les deux dossiers, alors que les tensions internes s’aggravent.
Ce processus accéléré s’inscrit dans une dynamique où chaque semaine compte. Gianni Infantino, président de la Fifa, et son équipe espèrent ainsi clarifier leur position avant la fin de l’été, alors que le football mondial reste profondément divisé sur cette question.
Des clivages persistants entre les confédérations
Le projet d’élargissement du Mondial à 64 équipes risque d’exacerber les fractures existantes au sein du football mondial. Plusieurs confédérations affichent en effet des positions radicalement opposées. Parmi les opposants figurent notamment l’UEFA, la CONCACAF, l’AFC, la CAF et l’OFC, qui redoutent une dilution de la valeur du tournoi et une saturation du marché. À l’inverse, d’autres fédérations y voient une opportunité de démocratiser l’accès à la compétition et d’élargir l’audience mondiale.
Ces divisions s’ajoutent à celles causées par le projet de « vente de la Coupe du monde », un dossier qui a déjà provoqué des remous en interne. Les fédérations européennes, en particulier, se montrent très critiques envers les orientations actuelles de la Fifa, ce qui laisse présager de vifs débats lors des prochaines instances dirigeantes.
« La demande porte à la fois sur une évaluation des revenus générés par le tournoi et sur une analyse complète des conséquences de cette évolution du point de vue de l’ensemble de l’écosystème du football : marques, diffuseurs, audiences, entreprises de médias, fédérations, confédérations, ligues, clubs et autres acteurs de l’industrie du sport. »
Document interne de la Fifa, cité par RMC Sport
Des risques commerciaux et une remise en question du modèle
L’étude commandée par la Fifa devra évaluer deux aspects majeurs. D’abord, l’impact financier : un Mondial à 64 équipes implique-t-il une augmentation significative des revenus, notamment grâce à un élargissement des droits télévisés et des partenariats ? Ensuite, les conséquences systémiques : risque-t-on une baisse de la qualité des matchs, une surcharge pour les joueurs, ou une saturation des calendriers déjà chargés ?
Ces questions ne sont pas nouvelles, mais elles prennent une urgence particulière alors que la Fifa cherche à concilier innovation et rentabilité. Certains observateurs soulignent que l’ajout de 16 équipes supplémentaires pourrait diluer l’attractivité du tournoi, tandis que d’autres y voient un moyen de renforcer la dimension globale du football.
Quoi qu’il arrive, ce dossier illustre les défis auxquels est confrontée la Fifa pour concilier croissance et tradition dans un football en constante évolution. Les prochaines semaines diront si l’instance internationale parviendra à trouver un équilibre acceptable pour toutes les parties prenantes.
Selon le document interne de la Fifa, l’instance cherche à évaluer si un Mondial à 64 équipes permettrait d’augmenter les revenus, d’élargir l’audience mondiale et de renforcer l’attractivité du tournoi. L’étude doit également analyser les risques de saturation du marché et les conséquences sur l’écosystème du football.
Plusieurs confédérations, dont l’UEFA, la CONCACAF, l’AFC, la CAF et l’OFC, affichent des positions opposées à l’élargissement du format. Les fédérations européennes, en particulier, craignent une dilution de la qualité du tournoi et une saturation des calendriers.