Un premier vote « indicatif » au Conseil de sécurité de l’ONU place en tête deux candidates pour le poste de secrétaire générale, selon Le Monde. Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, et Carolyn Rodrigues-Birkett, ex-ministre des Affaires étrangères du Guyana, ont reçu le soutien des membres du Conseil. Les deux femmes doivent désormais s’assurer qu’aucun des cinq membres permanents — États-Unis, Chine, Russie, France et Royaume-Uni — n’exerce son droit de veto contre leur candidature.
Ce qu'il faut retenir
- Le Conseil de sécurité a mené un vote « indicatif » pour évaluer les candidatures à la tête de l’ONU.
- Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, arrive en tête avec Carolyn Rodrigues-Birkett, ex-ministre des Affaires étrangères du Guyana.
- Les deux candidates doivent encore s’assurer qu’aucun des cinq membres permanents du Conseil ne posera son veto.
- Le poste de secrétaire générale de l’ONU est traditionnellement attribué après un processus de sélection exigeant.
Un vote préliminaire pour départager les candidates
Lors de ce scrutin non contraignant, le Conseil de sécurité a voulu mesurer l’adhésion des États membres à leurs candidatures. Rebeca Grynspan, figure expérimentée en économie et diplomatie, a bénéficié d’un soutien significatif, tout comme Carolyn Rodrigues-Birkett, dont l’expérience gouvernementale au Guyana est reconnue. Le Monde souligne que ce vote, bien que symbolique, donne une indication forte sur les préférences des membres.
Pour autant, la procédure reste incertaine. Les cinq membres permanents du Conseil disposent d’un pouvoir de veto absolu. Leur opposition pourrait bloquer définitivement l’une ou l’autre des candidates, même en cas de majorité favorable. L’enjeu est d’autant plus crucial que le mandat de l’actuel secrétaire général arrive à échéance dans les prochains mois.
Un parcours semé d’embûches pour le poste
La course à la succession d’António Guterres, en poste depuis 2017, s’annonce plus complexe que jamais. Le poste de secrétaire générale de l’ONU est l’un des plus influents au monde, mais son attribution reste un processus opaque et politique. Rebeca Grynspan, 68 ans, a occupé des fonctions importantes au sein des Nations unies, notamment à la tête de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Carolyn Rodrigues-Birkett, 62 ans, a quant à elle dirigé le ministère des Affaires étrangères de son pays pendant plus d’une décennie. Son profil, marqué par une approche pragmatique de la diplomatie, pourrait séduire les États d’Amérique latine et des Caraïbes, une région traditionnellement sous-représentée à la tête de l’organisation.
Les prochaines étapes avant une décision finale
Après ce vote préliminaire, les discussions au sein du Conseil de sécurité devraient s’intensifier. Les consultations informelles entre les membres permanents et non permanents permettront de jauger les chances réelles des deux candidates. Le Monde rappelle que le processus pourrait s’étaler sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, en fonction des négociations en coulisses.
Une fois les consultations achevées, un nouveau vote formel pourrait être organisé. Si aucune des candidates ne parvient à obtenir une majorité qualifiée sans veto, de nouvelles propositions pourraient émerger. Les États membres pourraient alors relancer le processus avec des profils alternatifs, comme cela a été le cas lors des précédentes élections.
Si aucune candidate ne parvient à franchir l’obstacle du veto, le Conseil pourrait envisager une autre procédure, comme la nomination d’un secrétaire général par intérim ou la prolongation du mandat en cours. Autant dire que la partie n’est pas encore jouée.
Le Conseil de sécurité joue un rôle central dans la nomination du secrétaire général de l’ONU. Ses cinq membres permanents disposent d’un droit de veto, ce qui leur permet de bloquer toute candidature. Une fois qu’un consensus se dégage parmi ses membres, le Conseil propose un candidat à l’Assemblée générale, qui l’approuve ensuite à la majorité des deux tiers.