Avec des milliers de patients encore affectés par des symptômes persistants trois ans après la fin officielle de la crise sanitaire, le Covid long représente un fardeau économique et social que les pouvoirs publics peinent à évaluer. Selon Libération, cette pathologie méconnue et sous-estimée pourrait engendrer des dépenses de plusieurs milliards d’euros, un coût que peu de responsables politiques semblent prêts à assumer. Parmi eux, le président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, n’échappe pas à la critique, alors que le secteur des transports reste l’un des plus exposés à cette crise sanitaire.
Ce qu'il faut retenir
- Le Covid long pourrait coûter des **milliards d’euros** à la France, un montant rarement évoqué dans le débat public
- Les pouvoirs publics sont pointés du doigt pour leur **manque de prise en compte** de cette pathologie
- Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, est cité comme exemple des responsables politiques **reluctants** à engager des moyens
- Le secteur des transports figure parmi les plus touchés par les conséquences du Covid long
Une pathologie aux répercussions économiques sous-estimées
Trois ans après la fin de l’urgence sanitaire liée au Covid-19, les séquelles de la maladie continuent de peser sur l’économie française. Le Covid long, caractérisé par des symptômes persistants comme la fatigue chronique, des troubles cognitifs ou des douleurs musculaires, touche encore des dizaines de milliers de personnes. Pourtant, les estimations de son coût global restent floues. « Le Covid long va coûter des milliards que personne ne veut voir », estime l’écrivain et médecin Christian Lehmann, qui tient la chronique sociale pour Libération. Autant dire que les dépenses indirectes – arrêts maladie prolongés, reconversions professionnelles, prises en charge médicales – pourraient rapidement s’accumuler.
Les chiffres disponibles, bien que partiels, donnent une idée de l’ampleur du problème. En 2025, une étude de l’Assurance maladie estimait à plus de **300 000** le nombre de patients souffrant de symptômes prolongés après une infection par le Covid-19. Parmi eux, près de **10 %** présenteraient des formes sévères, nécessitant un accompagnement médical ou social prolongé. Un rapport parlementaire, rendu public en janvier 2026, souligne que le coût annuel de cette prise en charge pourrait atteindre **plusieurs centaines de millions d’euros**, sans compter les pertes de productivité pour les entreprises.
Les responsables politiques pointés du doigt
Face à l’absence de consensus sur la gestion du Covid long, les critiques se multiplient envers les pouvoirs publics. Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF depuis 2022, incarne selon Libération cette réticence à engager des moyens pour faire face à la crise. Le secteur des transports, où les employés ont été massivement exposés au virus, est particulièrement vulnérable. « Les milliards que coûtera le Covid long ne seront pas assumés par ceux qui auraient pu, dès le départ, mettre en place des politiques de prévention et de soutien adaptées », écrit Christian Lehmann dans sa chronique.
La situation est d’autant plus problématique que les dispositifs d’aide existants – comme les cellules d’écoute ou les aménagements de poste – restent insuffisants. Une enquête menée par la Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (FNATH) révèle que seulement **20 %** des patients atteints de Covid long bénéficient d’un accompagnement personnalisé. Le reste doit se débrouiller seul, avec les conséquences que l’on imagine sur leur santé et leur situation professionnelle.
Un enjeu de santé publique qui reste marginalisé
Malgré les alertes répétées des associations de patients et des professionnels de santé, le Covid long peine à s’imposer comme une priorité nationale. Les raisons de cette inertie sont multiples. D’abord, la complexité même de cette pathologie, dont les symptômes varient d’un patient à l’autre et dont les causes restent partiellement incomprises. Ensuite, l’absence de données consolidées, qui rend difficile l’évaluation précise de son impact économique et social.
Pourtant, les conséquences se font déjà sentir. Dans les entreprises, les arrêts maladie liés au Covid long ont augmenté de **40 %** entre 2023 et 2025, selon les chiffres de l’Assurance maladie. Dans le secteur public, où les métiers exposés (agents hospitaliers, enseignants, transports) sont surreprésentés, la situation est particulièrement tendue. « On a l’impression que les pouvoirs publics préfèrent fermer les yeux plutôt que de reconnaître l’ampleur de la crise », commente un médecin spécialiste des maladies infectieuses, cité par Libération.
Si la situation reste critique, l’inaction des pouvoirs publics pourrait aggraver encore les inégalités d’accès aux soins. Pour Christian Lehmann, la question n’est plus de savoir si le Covid long coûtera cher, mais à qui il coûtera cher. Et la réponse, pour l’instant, reste en suspens.
Le Covid long désigne l’ensemble des symptômes persistants (fatigue, troubles cognitifs, douleurs) qui apparaissent ou persistent plus de quatre semaines après une infection par le Covid-19. Ces symptômes peuvent durer plusieurs mois, voire plusieurs années, et impacter fortement la qualité de vie des patients.
