Imaginez : vous recevez un appel, un mail, un SMS. La personne au bout du fil se présente comme votre conseiller bancaire. Elle vous demande vos codes, vous explique que c'est pour votre sécurité. Vous obéissez. Résultat ? Votre compte est vidé. Qui est responsable ? La victime ? La banque ?
Le cas d'une gérante de SARL en Loire-Atlantique, arnaquée en 2019, vient de relancer le débat. D'après nos confrères de Capital, la justice a finalement donné tort au Crédit Agricole. Retour sur un dossier qui fait grincer des dents.
Quand la banque refuse de payer
Tout commence en 2019. Une femme, gérant une entreprise de réception, reçoit un appel. Son interlocuteur se fait passer pour un conseiller du Crédit Agricole. Il lui demande ses identifiants, prétextant une mise à jour de sécurité. Elle s'exécute. Résultat ? 12 000 euros s'envolent. (Autant dire que ce n'est pas une somme négligeable pour une TPE.)
La victime porte plainte. Elle demande à la banque de rembourser. Réponse du Crédit Agricole ? Non. Motif ? Négligence grave de la cliente. (On pourrait se demander si c'est vraiment si simple...)
Premier round pour la banque. La justice lui donne raison. La cliente a fourni ses codes. Elle a donc commis une faute. Pas de remboursement. Fin de l'histoire ? Pas si sûr.
La justice change d'avis : et si la banque avait des responsabilités ?
La cliente ne lâche pas l'affaire. Elle fait appel. Et là, coup de théâtre. La cour d'Angers infirme le jugement initial. La banque est condamnée à rembourser. Pourquoi ce revirement ?
Selon les juges, la banque n'a pas prouvé avoir informé sa cliente des risques. Elle n'a pas non plus mis en place de système de vérification suffisant. (Résultat des courses : la banque aurait dû mieux protéger sa cliente.)
Le Crédit Agricole a fait appel. Mais pour l'instant, la décision tient. Et elle fait des vagues. Car elle pose une question cruciale : jusqu'où va la responsabilité des banques dans les arnaques aux faux conseillers ?
Les banques face à leur responsabilité
Le moins qu'on puisse dire, c'est que les arnaques aux faux conseillers bancaires se multiplient. En 2025, la Banque de France recensait plus de 20 000 cas. (Autant dire que c'est un fléau.)
Face à cette explosion, les banques multiplient les campagnes de sensibilisation. Mais est-ce suffisant ? La justice semble dire non. Dans ce dossier, elle a estimé que la banque n'avait pas fait assez pour protéger sa cliente.
Et puis, côté clients, on pourrait se demander : comment savoir si un appel est vraiment celui de sa banque ? Les arnaqueurs sont de plus en plus sophistiqués. Ils utilisent des numéros qui ressemblent à ceux des banques. Ils connaissent des détails personnels. (Bref, c'est un vrai casse-tête.)
Du coup, certaines banques innovent. Elles proposent des applications avec double authentification. D'autres envoient des SMS pour confirmer les opérations. Mais est-ce que c'est assez ? Difficile de dire avec certitude.
Une chose est sûre : ce dossier va faire jurisprudence. D'autres victimes pourraient s'en inspirer. Et les banques vont devoir se poser des questions. (Surtout si elles ne veulent pas finir devant les tribunaux.)
Et vous, que faire pour éviter les arnaques ?
Alors, comment se protéger ? Déjà, méfiez-vous des appels, mails ou SMS inattendus. Votre banque ne vous demandera jamais vos codes par ce biais. (C'est la base, mais ça vaut le coup de le rappeler.)
Ensuite, vérifiez l'identité de votre interlocuteur. Raccrochez et rappelez le numéro officiel de votre banque. Et surtout, ne donnez jamais vos codes, même si on vous dit que c'est urgent.
Autre conseil : activez la double authentification si votre banque le propose. Et surveillez vos comptes régulièrement. Au moindre doute, contactez votre conseiller.
Et si vous tombez dans le panneau ? Agissez vite. Contactez votre banque immédiatement. Portez plainte. Et gardez toutes les preuves. (Car comme le montre ce dossier, la justice peut parfois donner raison aux victimes.)
En attendant, ce dossier pose une question : et si les banques devaient assumer une partie de la responsabilité des arnaques ? La réponse, peut-être, dans les mois à venir.
Les arnaqueurs utilisent des techniques de plus en plus sophistiquées. Ils peuvent imiter les numéros de téléphone des banques. La meilleure solution ? Raccrochez et rappelez le numéro officiel de votre banque, que vous trouverez sur leur site ou sur vos relevés de compte.
Agissez vite. Contactez votre banque immédiatement. Portez plainte. Et gardez toutes les preuves : relevés de compte, captures d'écran, enregistrements des appels. La justice peut parfois donner raison aux victimes, comme dans ce dossier.
Ce dossier pourrait bien faire jurisprudence. Les banques vont devoir se poser des questions. Elles pourraient renforcer leurs systèmes de sécurité. Et peut-être mieux informer leurs clients des risques. Affaire à suivre.
