Le 20 février 2026, le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a rendu son verdict dans l'affaire de la mort de Jeremie Cohen, survenue en 2021. Quatre ans après les faits, Miguel D., un homme de 31 ans, a été condamné à dix ans de réclusion criminelle pour avoir fait subir des violences répétées à Jeremie Cohen, qui a ensuite été percuté par un tramway dans sa fuite.
Les magistrats de la cour criminelle de Seine-Saint-Denis ont reconnu Miguel D. coupable de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commises en réunion, le soir du 16 février 2022 à Bobigny. Le président Christophe Petiteau a expliqué le verdict à l'ancien manutentionnaire intérimaire, qui comparaissait détenu : « La cour a considéré que les violences que vous avez commises sur la personne de Jeremie Cohen, des violences répétées, avaient été la cause directe de sa fuite et donc du décès ».
Les faits de l'affaire
Jeremie Cohen, âgé de 31 ans au moment de l'accident, était handicapé en raison de troubles psychiques. Selon l'avocat général Théo Lemettre, il a encaissé, mutique, des coups de poing et de pieds sur deux scènes de violences successives et qu'il ne pouvait que vouloir fuir, sans réfléchir. L'avocat général a réclamé contre Miguel D. onze années de réclusion, « compte tenu de la particulière gravité des faits ».
Miguel D. a affirmé durant le procès : « Je reconnais les violences mais elles n'ont pas causé la mort ». Cependant, l'accusation a soutenu que « si les violences n'avaient pas eu lieu, Jérémie Cohen serait toujours vivant ». Une vidéo récupérée par la famille de Jeremie Cohen auprès d'un touriste étranger montre la deuxième scène de violences et la collision mortelle, survenant seulement treize secondes après le dernier coup.
Les condamnations
Conformément aux réquisitions, la cour a condamné Miguel D. à dix ans de réclusion criminelle. Le second accusé, Kenny A., poseur de voies ferrées de 27 ans, a été condamné à trente mois d'emprisonnement dont quinze mois avec sursis pour le délit de violences en réunion. Il est reparti libre, sa peine de onze mois de prison ferme étant aménageable, après avoir passé quatre mois en détention provisoire.
Les défenseurs des accusés ont souligné que tous deux avaient reconnu les faits reprochés et exprimé des regrets. Ils n'avaient pas auparavant été condamnés pour violences. L'avocat général a estimé que les faits constituaient « un lynchage doublé d'un effet de groupe, qui a abouti à une mort qui n'était pas recherchée ».
Les réactions
La famille de Jeremie Cohen avait lancé un appel à témoins et récupéré la vidéo qui a montré la deuxième scène de violences et la collision mortelle. La défense a fait valoir que, sur la vidéo visionnée maintes fois à l'audience, on ne voyait en fait pas bien les coups portés. L'avocat de Miguel D., Me Kamel Derouiche, a expliqué que « ce qui est insoutenable [quand on la regarde], c'est l'accident de la circulation, pas la scène de violence, parce que ce n'est pas un dossier de coups mortels ».
La famille Cohen avait sollicité le candidat d'extrême droite Eric Zemmour, juste avant la présidentielle d'avril 2022, pour qu'il médiatise l'affaire. La défense a appelé la cour à « faire abstraction du tumulte médiatique et des récupérations politiques ».
Conclusion
Le verdict rendu dans l'affaire de la mort de Jeremie Cohen est une décision importante qui met fin à quatre années d'attente pour la famille de la victime. Les condamnations prononcées à l'encontre de Miguel D. et Kenny A. reflètent la gravité des faits commis. Les réactions de la famille de Jeremie Cohen et de la défense des accusés montrent que l'affaire continue de susciter des débats et des émotions fortes.




