À Marseille, où l’ensoleillement dépasse les 300 jours par an, l’application d’une crème solaire relève du réflexe quotidien pour de nombreux habitants. Pourtant, face à la diversité des produits disponibles – allant de quelques euros à plusieurs centaines d’euros le litre – une question revient régulièrement : faut-il payer plus cher pour bénéficier d’une meilleure protection ? Selon Franceinfo - Santé, une équipe de journalistes a mené l’enquête en comparant quatre crèmes solaires d’indice 50, mais à des prix très variables, dans un laboratoire spécialisé.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre crèmes solaires d’indice 50, vendues entre 4,99 € et 32,90 €, ont été testées en laboratoire pour évaluer leur efficacité et leur composition.
- Toutes les crèmes testées offrent un niveau de protection satisfaisant, quel que soit leur prix, selon l’expert Jean-Claude Hubaud.
- Les crèmes les moins chères contiennent davantage d’alcool et de filtres chimiques, nécessitant une application plus fréquente.
- Les crèmes bio, utilisant des filtres minéraux et des ingrédients artisanaux, sont jusqu’à deux fois plus chères en moyenne.
- Les dermatologues insistent sur l’importance de choisir une texture agréable et facile à réappliquer, toutes les deux heures ou après chaque baignade.
Des tests en laboratoire révèlent peu de différences d’efficacité
Pour répondre à cette interrogation, Franceinfo - Santé a acheté quatre crèmes solaires d’indice 50, vendues respectivement 4,99 €, 12,90 €, 22,90 € et 32,90 €. Ces produits, achetés dans un magasin discount, une grande surface, une parapharmacie et une enseigne de cosmétiques bio, ont été analysés dans un laboratoire spécialisé. Jean-Claude Hubaud, expert en protection solaire, a confirmé que « les niveaux de protection sont tout à fait satisfaisants. Donc, les quatre protègent correctement le consommateur ». Autrement dit, le prix ne détermine pas nécessairement l’efficacité de la protection UV.
Cette conclusion peut surprendre les consommateurs habitués à associer le prix à la qualité. Pourtant, les tests menés par l’équipe de France Télévisions – dont les résultats sont rapportés par Franceinfo - Santé – montrent que l’indice de protection, qu’il soit 30 ou 50, reste le critère principal à privilégier. Les différences résident davantage dans la composition et la texture des produits que dans leur capacité à bloquer les rayons UV.
Composition et texture : les vrais facteurs de différenciation
L’examen des quatre échantillons a révélé des écarts significatifs dans leur composition. Jean-Claude Hubaud a souligné que « l’ingrédient le plus important, c’est l’eau. Le deuxième ingrédient, c’est l’alcool ». Problème : l’alcool, présent en quantité importante dans les crèmes les moins chères, présente un double inconvénient. D’une part, il assèche la peau, déjà soumise à l’agressivité des UV. D’autre part, il accélère l’évaporation du produit, obligeant à des applications plus fréquentes pour maintenir une protection efficace. Les filtres chimiques, également moins chers, pénètrent dans la peau, contrairement aux filtres minéraux qui restent en surface.
Nil Parra, cofondateur de la marque bio « Comme Avant », a expliqué à Franceinfo - Santé pourquoi sa crème coûte près du double de la moyenne : « Le filtre minéral est plus cher, mais on utilise aussi des huiles et des ingrédients artisanaux. Ici, pas de grosse machine, tout est fait à la main ». Cette fabrication en petite série explique en partie le surcoût, mais aussi une texture souvent plus onctueuse et moins collante. Les crèmes bio misent en effet sur des ingrédients naturels et une tolérance accrue, notamment pour les peaux sensibles ou les enfants.
Le choix du consommateur : entre budget et praticité
Pour de nombreux Français, le prix reste un critère décisif. À Marseille, un couple interrogé par France Télévisions a expliqué avoir choisi une crème solaire à 20 € en parapharmacie pour son indice 50, sa compatibilité avec les enfants et son format familial. « On a regardé pour qu’il soit pour tout le monde. Le prix, on sait que ça peut être un indice de qualité, mais on sait aussi que c’est trompeur », ont-ils déclaré. Leur approche illustre une tendance : les consommateurs cherchent avant tout un produit adapté à leurs besoins, sans se fier uniquement au tarif.
Jérémy Lupu, dermatologue cité par Franceinfo - Santé, a rappelé que « la meilleure crème solaire, c’est celle que vous aimez et celle que vous allez pouvoir réappliquer ». Un avis partagé par de nombreux professionnels de santé. Une texture agréable et une application facile incitent en effet à renouveler l’application toutes les deux heures, ou après chaque baignade – une fréquence souvent négligée par les utilisateurs pressés ou mal informés. Les peaux claires, les enfants et les expositions prolongées nécessitent une vigilance accrue.
Crème solaire : les filtres minéraux et chimiques, des différences à connaître
Les filtres solaires se divisent en deux grandes familles : les filtres chimiques et les filtres minéraux. Les premiers, moins chers, pénètrent la peau et peuvent causer des irritations chez les personnes sensibles. Ils nécessitent en outre une application plus rapprochée, car leur durée d’efficacité est limitée par l’évaporation de l’alcool et de l’eau. Les seconds, comme l’oxyde de zinc, restent en surface et offrent une protection immédiate et durable, mais à un coût plus élevé.
Les crèmes bio privilégient généralement les filtres minéraux, souvent associés à des huiles végétales et des agents hydratants. Nil Parra a précisé que « dans cet atelier, l’oxyde de zinc est pesé et ajouté manuellement dans la marmite pour fabriquer la crème solaire liquide ». Ce processus artisanal garantit une qualité constante, mais alourdit la facture. Les consommateurs doivent donc arbitrer entre leur budget et leurs préférences en matière de texture et de tolérance cutanée.
En attendant, les dermatologues et les associations de consommateurs recommandent de tester plusieurs produits pour trouver celui qui convient le mieux à sa peau et à ses habitudes. Car, comme le résume Jérémy Lupu, « une crème solaire, aussi chère soit-elle, ne protège que si elle est utilisée correctement ».
Un filtre minéral, comme l’oxyde de zinc, reste en surface de la peau et offre une protection immédiate. Il est souvent privilégié pour les peaux sensibles ou les enfants. À l’inverse, un filtre chimique pénètre la peau et peut nécessiter une application plus fréquente, car il s’évapore plus rapidement sous l’effet de l’alcool présent dans la formule.
Le choix d’une crème solaire bio dépend de vos priorités. Les produits bio utilisent souvent des filtres minéraux et des ingrédients naturels, ce qui peut réduire les risques d’irritation. Cependant, ils sont généralement plus chers et moins accessibles. Une crème non bio d’indice 50, bien appliquée, offre une protection tout aussi efficace.