La Confédération européenne de football (UEFA) maintient sa position de fermeté envers le président de la Fédération internationale de football association (Fifa), Gianni Infantino, malgré les excuses présentées par ce dernier. Dans un communiqué publié ce jeudi 6 août 2026, l’instance européenne a réaffirmé son absence de confiance dans la gouvernance actuelle de la Fifa, selon Franceinfo - Sport.
Ce qu'il faut retenir
- L’UEFA refuse de lever sa menace de boycott des compétitions organisées par la Fifa, malgré l’abandon du projet controversé d’ouverture à des investisseurs privés.
- Le Ballon d’Or 2000 et membre du conseil de l’UEFA, Luis Figo, a appelé publiquement au départ d’Infantino, qualifiant sa gestion de « problèmes structurels » pour la Fifa.
- La Confédération d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes (Concacaf) rejoint la position de l’UEFA en exigeant une refonte complète de la gouvernance de l’institution.
- La CAF (Afrique), seule confédération à soutenir Infantino, a réaffirmé à l’unanimité son appui au président sortant, candidat à sa réélection en 2027.
- Le projet d’ouverture de la Fifa à des investisseurs privés, abandonné sous la pression, avait cristallisé les tensions avec les instances européennes.
L’UEFA campe sur ses positions malgré les excuses d’Infantino
Dans un communiqué rendu public ce jeudi, l’UEFA a rappelé qu’elle ne faisait pas confiance à Gianni Infantino, président de la Fifa depuis 2016 et candidat à sa propre succession lors du prochain congrès de l’instance en 2027. « L’UEFA a clairement indiqué qu’elle n’avait plus confiance en la présidence de Gianni Infantino. Cette position est maintenue », peut-on lire dans le texte. La menace d’un boycott des compétitions mondiales, brandie depuis plusieurs semaines, reste donc d’actualité. Selon Franceinfo - Sport, cette fermeté s’explique par le manque de transparence perçu dans la gestion des dossiers par la Fifa, notamment après l’échec du projet d’introduction en Bourse.
Les critiques se multiplient contre la gouvernance de la Fifa
La pression exercée sur la Fifa ne se limite pas à l’Europe. Luis Figo, ancien international portugais et membre influent de l’UEFA, a publiquement exigé le départ de Gianni Infantino. Dans une chronique publiée dans la presse britannique, l’ancien Ballon d’Or 2000 a estimé que « la solution tient en trois mots : *Infantino doit partir* ». Une prise de position relayée par la Concacaf, qui représente les fédérations d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes. Cette confédération a appelé à une « remise à plat complète » de la gouvernance de la Fifa, jugeant insuffisantes les mesures correctives prises jusqu’à présent.
La crise entre la Fifa et ses instances régionales s’est intensifiée après l’abandon, le mois dernier, du projet d’ouverture du capital de l’institution à des investisseurs privés. Ce projet, dévoilé en juin 2026, avait suscité une levée de boucliers parmi les fédérations européennes, craignant une perte de contrôle sur les compétitions majeures.
L’Afrique, seul rempart à l’isolement d’Infantino
Face à ce front uni, Gianni Infantino ne peut compter que sur un soutien de taille : celui de la Confédération africaine de football (CAF). Dans un communiqué publié mardi, la CAF a réaffirmé à l’unanimité son appui au président de la Fifa. « Le comité exécutif de la CAF a réaffirmé à l’unanimité son soutien au président de la Fifa, Gianni Infantino, et l’a remercié pour son appui constant au football africain au fil des années », a indiqué l’instance. Avec ses 54 membres, la CAF représente un poids électoral décisif pour Infantino, qui brigue un nouveau mandat en 2027.
Cette alliance africaine s’explique en partie par les investissements massifs réalisés par la Fifa sous la présidence Infantino en faveur du développement du football sur le continent. Parmi les projets soutenus, on compte l’organisation de la Coupe du monde 2026 en Afrique du Nord et la création de compétitions réservées aux jeunes talents africains. Autant dire que cette alliance est stratégique pour le président sortant.
Un contexte électoral tendu pour la Fifa
À moins d’un an du prochain congrès de la Fifa, prévu en mai 2027 à Kigali (Rwanda), la situation politique interne de l’institution est plus que jamais sous tension. Gianni Infantino, en poste depuis une décennie, a vu son projet phare — l’ouverture à des investisseurs privés — rejeté par les instances européennes. Un revers qui fragilise sa candidature à un cinquième mandat. Si les fédérations africaines et moyen-orientales lui restent fidèles, les Européens, traditionnellement influents au sein de la Fifa, lui tournent le dos. Bref, la bataille pour la succession s’annonce serrée et divise profondément les 211 membres de l’institution.
En l’état actuel, le football mondial entre dans une période d’incertitude politique sans précédent. Les institutions régionales, historiquement soumises à l’autorité de la Fifa, n’hésitent plus à défier ouvertement son leadership. Une situation qui rappelle les grandes crises des années 2010, lorsque la Fifa avait été secouée par des affaires de corruption. Sauf que cette fois, la bataille se joue sur le terrain de la gouvernance et de la légitimité démocratique.
L’UEFA reproche à la Fifa un manque de transparence et une gouvernance jugée opaque, notamment après l’abandon du projet d’ouverture à des investisseurs privés. Elle exige aussi des réformes structurelles avant de s’engager à nouveau dans les compétitions mondiales.