En cas de crue majeure en Île-de-France, plus d’un million d’habitants et 550 000 logements pourraient se retrouver sous les eaux, principalement dans la capitale et en petite couronne. C’est ce que révèle une étude publiée le 1er juin 2026 par l’Institut Paris Région, qui alerte sur l’ampleur des risques liés aux inondations dans la région.
Ce qu'il faut retenir
- Un million d'habitants et 550 000 logements seraient inondés en cas de crue majeure en Île-de-France.
- Alfortville (Val-de-Marne) est la commune la plus exposée, avec la quasi-totalité de son territoire sous l’eau.
- Le tronçon de la vallée de la Seine entre Juvisy-sur-Orge (Essonne) et Achères (Yvelines) concentre à lui seul 69 % de la population menacée.
- L’étude, publiée par l’Institut Paris Région, s’appuie sur des projections de crue centennale.
Les projections de l’Institut Paris Région, relayées par Reporterre, dessinent un scénario alarmant pour l’Île-de-France. Si les crues exceptionnelles restent rares, leur impact sur les zones densément peuplées pourrait s’avérer catastrophique. Parmi les territoires les plus vulnérables, Alfortville (94) se distingue : selon l’étude, près de 100 % de sa superficie serait submergée. Une situation qui s’explique par sa localisation en bord de Seine, dans une zone particulièrement exposée aux débordements.
Le long de la vallée de la Seine, entre Juvisy-sur-Orge (91) et Achères (78), la concentration des risques est encore plus marquée. Ce secteur, qui s’étend sur plusieurs kilomètres, abrite à lui seul 69 % de la population totale menacée par une crue. Les infrastructures critiques, comme les réseaux de transport ou les zones industrielles, y sont également très présentes, ce qui aggrave les conséquences potentielles d’un tel événement.
L’étude de l’Institut Paris Région s’appuie sur un scénario de crue centennale, c’est-à-dire un événement dont la probabilité de survenir chaque année est de 1 %. Bien que rare, ce type de phénomène peut survenir à tout moment, comme l’a rappelé le dernier épisode majeur en 2018, lorsque la Seine avait frôlé les niveaux historiques. Les experts soulignent que le changement climatique pourrait augmenter la fréquence et l’intensité de ces crues, rendant cette étude particulièrement pertinente pour anticiper les risques futurs.
Côté Paris intra-muros, les arrondissements situés en bord de Seine, comme le 4e, le 5e ou le 15e, figurent parmi les plus exposés. Les réseaux de transports souterrains, notamment le métro, pourraient également être fortement perturbés, comme lors des inondations de 1910, qui avaient paralysé la capitale pendant plusieurs semaines. Les pouvoirs publics ont depuis mis en place des plans de prévention, mais les défis restent immenses face à l’urbanisation croissante et à la vulnérabilité des sols imperméabilisés.
Cette étude rappelle surtout que l’Île-de-France, malgré son statut de région la plus riche du pays, n’est pas à l’abri des catastrophes naturelles. Entre mémoire des crues passées et anticipation des défis climatiques, les décideurs publics et les habitants doivent désormais composer avec cette menace bien réelle. Une chose est sûre : sans adaptation, le scénario d’une crue centennale en Île-de-France pourrait bien devenir une réalité d’ici quelques décennies.
Les inondations en Île-de-France sont principalement causées par le débordement des cours d’eau, notamment la Seine et ses affluents, lors de crues exceptionnelles. La saturation des sols imperméabilisés, la densité du bâti et les effets du changement climatique, qui augmente la fréquence des épisodes pluvieux intenses, aggravent ces risques.