Depuis plus de 60 ans, les Cubains qui ont fui l'île n'avaient pas le droit d'investir dans le secteur privé cubain. Cependant, selon nos confrères de BFM Business, La Havane va autoriser les Cubains qui ont fui l'île à y investir pour développer le secteur privé. Cette décision fait partie d'une stratégie d'ouverture encadrée pour relancer l'activité économique de l'île.

Cuba tente d'ouvrir une nouvelle page économique. Les ressortissants cubains vivant à l'étranger, notamment à Miami, vont être autorisés à investir dans le secteur privé et à posséder des entreprises sur l'île, a indiqué le vice-Premier ministre cubain Oscar Pérez-Oliva Fraga dans un entretien exclusif accordé à NBC News. Cette inflexion notable pour La Havane, qui cherche des relais de croissance alors que le pays traverse une crise économique et énergétique majeure.

Ce qu'il faut retenir

  • Les Cubains de l'étranger vont être autorisés à investir dans le secteur privé cubain pour la première fois depuis les années 1960.
  • La Havane cherche à relancer l'activité économique de l'île grâce à cette stratégie d'ouverture encadrée.
  • Le vice-Premier ministre cubain Oscar Pérez-Oliva Fraga a indiqué que Cuba est ouverte à l'idée d'entretenir des relations commerciales fluides avec les entreprises américaines.

Le contexte économique

L'interdiction pour les Cubains de l'étranger d'investir dans l'île remonte, en pratique, à la révolution cubaine et à la disparition du secteur privé indépendant au tournant des années 1960. Autrement dit, pour ces Cubains de l'extérieur, investir librement dans des entreprises privées sur l'île était bloqué depuis plus de six décennies. Cependant, l'investissement étranger n'était pas totalement interdit à Cuba, car l'État autorisait déjà certains montages très encadrés dans des secteurs stratégiques.

Le responsable cubain Oscar Pérez-Oliva Fraga a déclaré que « Cuba est ouverte à l'idée d'entretenir des relations commerciales fluides avec les entreprises américaines » et « également avec les Cubains résidant aux États-Unis et leurs descendants ». Le dirigeant, également ministre du Commerce extérieur, dit vouloir bâtir un « environnement commercial dynamique », capable de redonner de l'élan à plusieurs pans de l'économie, du tourisme aux mines, en passant par la modernisation du réseau électrique.

Les tensions avec les États-Unis

Le blocus américain, la politique d'hostilité à l'égard de Cuba, est sans aucun doute un élément qui influe sur le déroulement de ces transformations, a déclaré Oscar Pérez-Oliva Fraga. Les autorités cubaines affirment que le blocus américain les prive d'accès au financement, à la technologie, aux marchés et, ces dernières années, il a spécifiquement visé à priver leur pays d'accès au carburant. Aucune cargaison de pétrole n'est arrivée à Cuba au cours des trois derniers mois.

Cette séquence intervient alors que les tensions avec les États-Unis se ravivent. Vendredi, le gouvernement cubain a confirmé mener des discussions avec l'administration de Donald Trump, qui a récemment durci le ton contre l'île. Le président américain a déclaré que Cuba « allait bientôt tomber » si elle ne concluait pas d'accord avec lui, et a laissé entendre qu'il pourrait procéder à une « prise de contrôle amicale ».

Et maintenant ?

Les prochaines étapes attendues dans ce processus d'ouverture économique de Cuba sont encore incertaines, mais il est clair que le pays cherche à diversifier ses relations commerciales et à attirer des investissements étrangers pour relancer son économie. Les discussions avec l'administration américaine pourraient être un pas important dans cette direction, mais les tensions entre les deux pays pourraient également continuer à freiner les progrès.

Il reste à voir comment les Cubains de l'étranger réagiront à cette nouvelle opportunité d'investir dans leur pays d'origine et comment les entreprises américaines répondront à l'ouverture de Cuba. Les prochaines semaines et mois seront cruciaux pour déterminer l'impact de cette décision sur l'économie cubaine et les relations entre Cuba et les États-Unis.

En conclusion, l'ouverture de Cuba à l'investissement étranger et la possibilité pour les Cubains de l'étranger d'investir dans le secteur privé cubain marquent une étape importante dans l'évolution de l'économie de l'île. Les défis à relever sont encore nombreux, mais cette décision pourrait être un pas vers une plus grande ouverture et une croissance économique pour Cuba.