Une panne d'électricité d'une ampleur inédite prive la quasi-totalité du territoire cubain d'électricité depuis la nuit du 7 août 2026, plongeant l'île dans une crise énergétique majeure. Selon France 24, les autorités locales ont confirmé que 90 % du réseau national était hors service, affectant plus de 11 millions d'habitants. Cette situation intervient alors que Cuba fait face à des pénuries chroniques de carburant et à un blocus économique américain qui aggrave encore davantage sa crise structurelle.
Ce qu'il faut retenir
- Une panne généralisée prive 90 % du réseau électrique cubain de courant, touchant plus de 11 millions de personnes.
- Les autorités cubaines imputent cette crise à des pénuries de carburant et aux sanctions économiques américaines.
- Le blocus américain, en place depuis plus de six décennies, limite l'accès aux pièces détachées et aux technologies nécessaires au maintien des infrastructures énergétiques.
- Les premières coupures ont été signalées dans la soirée du 7 août 2026, avant de s'étendre à l'ensemble du pays en quelques heures.
- Le gouvernement cubain a indiqué que les réparations pourraient prendre plusieurs jours, sans préciser de date de rétablissement.
Un black-out historique aux causes multiples
Dès l'annonce de la panne, les autorités cubaines ont pointé du doigt une combinaison de facteurs, à commencer par des pénuries récurrentes de carburant, aggravées par les restrictions d'importation imposées par les sanctions américaines. « Les livraisons de fioul et de diesel sont insuffisantes pour alimenter les centrales thermiques, ce qui rend le système électrique extrêmement vulnérable », a expliqué un responsable du ministère de l'Énergie cubain sous couvert d'anonymat. Cuba, qui dépend à plus de 80 % des importations pour son approvisionnement énergétique, subit de plein fouet l'impact du renforcement des mesures coercitives américaines ces dernières années.
Le blocus, officiellement instauré en 1962, interdit aux entreprises américaines et à leurs filiales de commercer avec Cuba, limitant drastiquement l'accès du pays aux pièces détachées, aux technologies et aux financements internationaux. Selon un rapport de l'ONU publié en 2025, ce blocus coûte à l'économie cubaine plus de 4 milliards de dollars par an. « Sans accès aux marchés internationaux, nous ne pouvons pas moderniser nos infrastructures, ni même maintenir celles qui existent », a souligné le même responsable. Les centrales électriques, souvent vétustes et sous-équipées, peinent à fonctionner même en temps normal, mais la situation devient critique lorsque les stocks de carburant s'épuisent.
Des conséquences immédiates sur la population et les services essentiels
Les Cubains ont dû s'adapter à l'absence d'électricité, qui perturbe tous les aspects de la vie quotidienne. Les hôpitaux fonctionnent au ralenti, les systèmes de réfrigération sont paralysés, et les communications sont fortement perturbées. À La Havane, la capitale, des files d'attente se sont formées devant les stations-service, où les rares véhicules encore en circulation tentent de trouver du carburant, malgré des réserves quasi épuisées. « Les gens sont épuisés. Sans électricité, nous ne pouvons même pas pomper l'eau des puits », a témoigné une habitante du quartier de Centro Habana, contactée par France 24.
Les transports publics sont également à l'arrêt dans la plupart des régions, et les autorités ont appelé la population à limiter sa consommation d'eau et de nourriture pour éviter le gaspillage. Les écoles et les administrations restent fermées, et les services d'urgence, comme les pompiers ou les ambulances, rencontrent des difficultés à intervenir en raison du manque de carburant pour leurs véhicules. Dans les campagnes, la situation est encore plus précaire, les générateurs de secours étant rares et souvent hors service faute de maintenance.
Un contexte international tendu
Cette panne survient alors que les relations entre Cuba et les États-Unis restent tendues, malgré les tentatives de normalisation initiées sous l'administration Obama puis partiellement relancées sous celle de Biden. En juin 2026, l'administration américaine a annoncé le maintien des sanctions, justifiant cette décision par des « préoccupations liées aux droits de l'homme » à Cuba. Ces mesures ont été critiquées par plusieurs organisations internationales, dont l'ONU, qui a appelé à un assouplissement du blocus pour permettre à l'île de faire face à la crise sanitaire et économique.
De son côté, le gouvernement cubain a réitéré son appel à la levée des sanctions, qualifiant la situation actuelle de « crise humanitaire évitable ». « Les sanctions tuent des innocents. Elles empêchent les enfants d'être soignés, les malades de se nourrir, et les familles de vivre décemment », a déclaré le ministre des Affaires étrangères cubain lors d'une conférence de presse improvisée. La communauté internationale, notamment les pays latino-américains, a commencé à réagir, certains gouvernements ayant proposé d'envoyer des cargaisons de carburant et de médicaments en urgence.
D'ici là, les Cubains devront composer avec une situation déjà difficile, aggravée par des températures estivales élevées et une humidité accablante. Les autorités ont appelé à la solidarité entre citoyens et à l'économie des ressources, mais l'avenir reste incertain pour une île déjà en proie à une crise multidimensionnelle.
Cuba produit très peu de pétrole et de gaz naturel sur son territoire. Historiquement, le pays dépendait des importations en provenance de l'URSS, puis de la Russie, ainsi que du Venezuela. Cependant, les sanctions américaines et les crises économiques successives dans ces pays ont réduit ces approvisionnements, forçant Cuba à importer du carburant à des prix élevés sur le marché international, souvent en dollars, une devise que l'île a du mal à se procurer.