À partir de ce samedi 7 juin 2026, les détenteurs de cartes Visa et Mastercard ne pourront plus effectuer de paiements à Cuba. Cette mesure fait suite à l’interruption des relations entre une banque étrangère et Fincimex S.A., l’institution financière en charge des transactions par cartes sur l’île, a annoncé la Banque centrale de Cuba dans un communiqué publié hier. Selon BFM Business, cette décision est directement liée aux nouvelles sanctions imposées par l’administration Trump contre le régime cubain, qualifiées par La Havane de « stratégie d’asphyxie » contre le peuple.
Dès le 1er mai dernier, le président américain Donald Trump a signé un décret présidentiel renforçant le dispositif de pression économique contre Cuba. Celui-ci cible notamment les entreprises étrangères collaborant avec des entités cubaines sanctionnées, dont le conglomérat Gaesa, contrôlé par l’armée et actif dans plusieurs secteurs stratégiques de l’économie locale. Depuis janvier 2026, Washington mène une politique de « pression maximale » contre l’île, qu’elle considère comme une « menace extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis, en raison de sa proximité géographique avec la Floride et de ses liens présumés avec le Venezuela.
Ce qu'il faut retenir
- Suspension des paiements par cartes : Les transactions par Visa et Mastercard seront impossibles à partir du 7 juin 2026, après la rupture des relations entre une banque étrangère et Fincimex, filiale financière du groupe Gaesa.
- Nouvelles sanctions américaines : Un décret signé par Donald Trump le 1er mai 2026 renforce le blocus économique contre Cuba, ciblant les entreprises étrangères en lien avec des entités sanctionnées.
- Gaesa dans le viseur de Washington : Le groupe, contrôlé par l’armée cubaine et actif dans l’hôtellerie, la distribution ou encore les télécommunications, est accusé de soutenir le régime en place.
- Crise énergétique aggravée : Le blocus pétrolier américain, couplé à des pannes répétées du réseau électrique, plonge l’île dans une situation de pénurie persistante.
- Retrait progressif des acteurs étrangers : Plusieurs groupes hôteliers, comme l’espagnol Meliá ou le canadien Blue Diamond, ont déjà annoncé la suspension de leurs activités à Cuba « avec effet immédiat ».
Un blocus économique renforcé depuis le début de l’année
La décision de suspendre les paiements par cartes s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre Washington et La Havane. Dès janvier 2026, l’administration Trump avait durci son embargo pétrolier contre Cuba, limitant drastiquement l’approvisionnement en carburant de l’île. Les autorités cubaines estiment que ces mesures visent à « asphyxier » l’économie locale et, par ricochet, la population. Dans un communiqué, la Banque centrale de Cuba a dénoncé une « stratégie délibérée » pour fragiliser le pays, alors que les Cubains font déjà face à des pénuries chroniques de denrées et de médicaments.
L’île de 9,6 millions d’habitants, située à seulement 150 km des côtes de Floride, est sous embargo américain depuis 1962. Pourtant, le régime castriste a toujours trouvé des moyens de contourner ces restrictions, notamment via des entreprises comme Gaesa, qui gère des hôtels, des supermarchés ou encore des services de téléphonie. Mais cette fois, le gouvernement américain semble déterminé à frapper plus fort, en ciblant directement les acteurs économiques liés à l’État cubain.
Des entreprises étrangères contraintes de quitter l’île
Les sanctions américaines ne se limitent pas aux paiements électroniques. Depuis plusieurs semaines, des acteurs majeurs du tourisme international annoncent leur retrait progressif de Cuba. Mardi 5 juin, le groupe hôtelier espagnol Meliá a indiqué suspendre « avec effet immédiat » une partie de ses activités sur l’île, invoquant « la situation actuelle ». La veille, la chaîne canadienne Blue Diamond avait fait de même, mettant fin à la totalité de ses opérations à Cuba. Selon l’AFP, le groupe espagnol Iberostar aurait également décidé de quitter une dizaine d’hôtels qu’il gérait en partenariat avec Gaesa.
Ces départs ne sont pas anodins : le tourisme représente l’une des principales sources de devises pour Cuba, avec plus de 4 millions de visiteurs en 2025 avant la crise actuelle. Les observateurs s’interrogent désormais sur l’impact économique de ces retraits, alors que l’île dépend largement des revenus générés par les stations balnéaires pour importer des denrées essentielles.
Une crise énergétique qui s’aggrave
Au-delà des sanctions financières, Cuba subit également les conséquences d’un blocus énergétique de plus en plus pesant. Le réseau électrique, largement dépendant des centrales thermiques alimentées au pétrole, souffre de coupures répétées depuis le début de l’année. Une panne massive a notamment paralysé une grande partie de l’île mi-mai, plongeant des villes entières dans le noir pendant plusieurs jours. Les autorités cubaines ont imputé ces dysfonctionnements à la réduction drastique des livraisons de carburant en provenance des États-Unis et de leurs alliés.
Cette situation aggrave une crise humanitaire déjà marquée par des pénuries de nourriture, de médicaments et de pièces détachées pour les infrastructures. Les Cubains, habitués depuis des décennies aux privations, voient leurs conditions de vie se dégrader encore, alors que le gouvernement peine à trouver des alternatives pour compenser l’arrêt des importations clés.
« Cette interruption [des paiements par cartes] est directement en lien avec l’ordre exécutif signé le 1er mai par Donald Trump et fait partie de la stratégie d’asphyxie contre le peuple cubain. »
Côté américain, l’administration Trump justifie sa politique par la nécessité de « protéger la sécurité nationale » et de contrer l’influence de Cuba dans la région, notamment au Venezuela. Pour l’instant, aucun signe n’indique un relâchement de la pression, alors que les prochaines élections présidentielles américaines, prévues en novembre 2026, pourraient encore durcir le ton à l’encontre de La Havane.
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Parce qu’une banque étrangère a rompu ses relations avec Fincimex S.A., l’institution cubaine qui gère les transactions par cartes Visa et Mastercard. Cette rupture fait suite aux sanctions américaines renforcées contre le groupe Gaesa, contrôlé par l’armée cubaine, considéré comme un soutien du régime en place. Selon BFM Business, cette décision s’inscrit dans une « stratégie d’asphyxie » contre l’économie cubaine.
Plusieurs groupes hôteliers ont annoncé leur retrait, dont Meliá (Espagne), Blue Diamond (Canada) et Iberostar (Espagne), qui a décidé de quitter une dizaine d’établissements gérés en partenariat avec Gaesa. Ces départs aggravent la crise économique de l’île, très dépendante des revenus du tourisme.