Selon France 24, à Cuba, la crise énergétique s’aggrave alors que l’île fait face à un effondrement économique sans précédent. Entre la pression des sanctions imposées par Washington et les difficultés internes, la population tente de survivre au quotidien, comme en témoignent les habitants de La Havane.

Ce qu'il faut retenir

  • La crise énergétique à Cuba s’accompagne d’un effondrement économique marqué par l’intensification des sanctions américaines.
  • Les coupures d’électricité prolongées et les pénuries de carburant aggravent les conditions de vie de la population.
  • Les habitants de La Havane doivent s’adapter à des coupures quotidiennes, parfois de plusieurs heures, selon les quartiers.
  • Les sanctions américaines, renforcées ces dernières années, limitent l’accès de l’île aux ressources essentielles, dont le pétrole.

Une crise énergétique aggravée par les tensions géopolitiques

Depuis plusieurs mois, Cuba subit une crise énergétique d’une ampleur inédite, aggravée par les sanctions américaines qui visent à étouffer l’économie de l’île. Selon des observateurs, ces mesures, renforcées depuis 2019, restreignent l’accès de Cuba aux importations de pétrole et de pièces détachées, essentielles pour maintenir en état les centrales électriques. « Les coupures d’électricité sont devenues monnaie courante », a déclaré un responsable local sous couvert d’anonymat. Autant dire que la situation s’est dramatiquement dégradée pour des millions de Cubains, contraints de composer avec des pénuries quotidiennes.

Les autorités cubaines ont reconnu, dans un communiqué publié en juillet 2026, que la production d’électricité avait chuté de 30 % par rapport à l’année précédente. Cette baisse s’explique en partie par le vieillissement des infrastructures et le manque de carburant nécessaire au fonctionnement des centrales thermiques. À La Havane, les habitants dénoncent des coupures pouvant durer jusqu’à dix heures par jour, selon les quartiers, et des files d’attente interminables pour l’essence, quand celle-ci est disponible.

Un effondrement économique aux conséquences sociales dramatiques

L’effondrement économique qui frappe Cuba depuis 2020 s’est encore intensifié en 2026. L’île, déjà fragilisée par la pandémie de Covid-19 et la chute des recettes touristiques, subit de plein fouet les conséquences des sanctions américaines. « Le PIB cubain a reculé de 11 % en 2025 », a précisé un rapport de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), cité par France 24. Cette situation a entraîné une inflation galopante, avec des prix des denrées alimentaires multipliés par deux en un an, selon les associations locales.

Les Cubains doivent désormais faire face à des pénuries de médicaments, d’aliments de base et de produits d’hygiène. Les hôpitaux, souvent équipés de matériel vétuste, peinent à traiter les patients, tandis que les coupures d’électricité perturbent les chaînes de froid, aggravant les risques sanitaires. « On ne mange plus à notre faim », a témoigné María González, une habitante de La Havane, dans une déclaration recueillie par un journaliste de France 24. Les familles les plus modestes, déjà touchées par la crise, dépendent désormais de l’aide internationale ou de l’envoi de colis alimentaires depuis l’étranger.

Les sanctions américaines, un levier de pression toujours actif

Les sanctions imposées par les États-Unis depuis six décennies ont été renforcées sous l’administration Trump, puis maintenues sous celle de Biden. En 2026, Washington a ajouté de nouvelles mesures, ciblant notamment le secteur pétrolier cubain. « Ces sanctions visent à isoler le régime, mais elles touchent en premier lieu la population civile », a souligné un expert en géopolitique interrogé par France 24.

Le blocus interdit aux entreprises américaines et étrangères de commercer avec Cuba sous peine de sanctions, limitant ainsi l’accès de l’île aux devises étrangères. Résultat : le pays peine à importer des médicaments, des pièces détachées ou des denrées alimentaires. Les Cubains doivent composer avec un marché noir en pleine expansion, où les prix des produits de première nécessité sont souvent inaccessibles pour les ménages les plus pauvres. Les autorités cubaines dénoncent régulièrement ces mesures, les qualifiant de « crime contre l’humanité », mais les États-Unis justifient leur politique par la nécessité de faire pression sur le gouvernement de La Havane.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’année 2026, plusieurs scénarios pourraient se dessiner. D’une part, les autorités cubaines pourraient tenter de négocier un assouplissement partiel des sanctions avec l’administration américaine, dans l’espoir de relancer l’économie. D’autre part, l’île pourrait renforcer ses liens avec des partenaires alternatifs, comme la Russie ou la Chine, pour contourner le blocus. Enfin, la pression internationale pourrait pousser les États-Unis à revoir leur politique, surtout si la situation humanitaire continue de se dégrader.

Pour l’instant, la population cubaine reste en première ligne, entre résilience et désespoir. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si La Havane parvient à stabiliser son réseau électrique ou si la crise s’aggrave encore.