Le Comité international olympique (CIO) a officiellement fermé la porte aux sports « toutes saisons » pour les Jeux d’hiver 2030, selon RMC Sport. Pourtant, une initiative portée par le Conseil départemental de la Haute-Saône et plusieurs figures du cyclisme français tente de faire revenir l’institution sur sa décision, à quelques semaines seulement de l’officialisation du programme olympique.
Une lettre ouverte, cosignée par Laurent Seguin, président du Conseil départemental de la Haute-Saône, et Lucie Lefèvre, championne de France de cyclo-cross à deux reprises (2012 et 2013), a été adressée au CIO le 20 mai 2026. Ce courrier plaide en faveur de l’intégration de cette discipline hivernale, malgré le refus catégorique formulé par l’instance dirigeante le 7 mai dernier. L’objectif affiché ? Faire du vélo, et plus particulièrement du cyclo-cross, un symbole de santé publique, d’écologie et d’accessibilité universelle.
Ce qu'il faut retenir
- Le 7 mai 2026, le CIO a annoncé son refus d’intégrer les « sports d’été et toutes saisons » au programme des JO d’hiver 2030, selon RMC Sport.
- Une lettre ouverte a été envoyée au CIO le 20 mai 2026, signée notamment par Laurent Seguin et Lucie Lefèvre.
- Le cyclo-cross était envisagé comme épreuve additionnelle pour les Jeux de 2030, portés par la Haute-Saône.
- Les signataires mettent en avant les arguments sanitaires, écologiques et fédérateurs de cette discipline.
- Le CIO doit officialiser le programme olympique en juin 2026.
Un lobbying tardif mais déterminé pour le cyclo-cross
Alors que le CIO a clairement indiqué sa préférence pour des sports strictement hivernaux, les partisans du cyclo-cross refusent de capituler. La lettre ouverte envoyée au CIO, dont une copie a été transmise à RMC Sport, repose sur plusieurs arguments chocs. D’abord, ses auteurs soulignent que cette discipline, pratiquée sous la pluie, la neige ou le vent, pourrait devenir l’une des épreuves les plus médiatisées des Jeux. « Il est vraisemblable que les épreuves de cyclo-cross seront les plus suivies, au même titre que les descentes de ski alpin ou que les finales de hockey », écrivent-ils, évoquant même un « impact similaire aux épreuves cyclistes autour de Montmartre lors de Paris 2024 ».
Laurent Seguin, à travers cette missive, insiste sur le rôle du vélo comme « objet d’émancipation par tous les temps, en toute saison, à toute altitude, par tout climat ». Lucie Lefèvre, pour sa part, rappelle que le cyclo-cross pourrait servir de vitrine aux politiques mondiales de santé publique : « lutte contre les maladies chroniques, lutte contre l’obésité, bien-être et santé mentale ». Autant d’enjeux que les signataires estiment pouvoir porter grâce à cette discipline.
Le vélo, un levier de transformation sociale et écologique
Au-delà du sport, c’est une vision sociétale que défendent Seguin et Lefèvre. Ils rappellent que le vélo, sous toutes ses formes, est « un puissant levier de transformation de la mobilité humaine », notamment dans un contexte de sortie progressive des énergies fossiles. « Si vous avez l’audace d’accompagner ce changement au moment où le monde tente de sortir de sa dépendance aux énergies fossiles, c’est rappeler que le vélo sous toutes ses formes est un puissant levier de transformation de la mobilité humaine », peut-on lire dans la lettre.
Les deux signataires s’adressent directement à Kirsty Coventry, présidente du CIO depuis peu, pour lui rappeler que l’institution n’est pas figée dans le passé. « On dit les voix du CIO impénétrables, on décrit parfois l’institution comme conservatrice, nous croyons le contraire et votre récente élection comme première femme présidente le démontre », écrivent-ils. « Nous avons confiance, vous incarnez notre espoir, il n’est pas trop tard. » Une tentative de flatterie stratégique pour tenter d’infléchir une décision déjà prise.
Un pari risqué dans un calendrier déjà verrouillé
Malgré l’enthousiasme des promoteurs du cyclo-cross, les chances de succès semblent minces. Le CIO a acté son refus des sports « toutes saisons » après des mois de consultations et d’études. Le programme olympique pour les Jeux de 2030 doit être officialisé en juin 2026, laissant peu de marge de manœuvre aux derniers recalés. « On n’est plus 100 ans en arrière », avait d’ailleurs réagi, amer, un responsable du trail et du cyclo-cross après l’annonce du 7 mai, selon RMC Sport.
Pourtant, les signataires de la lettre ouverte refusent de baisser les bras. Ils misent sur l’effet d’entraînement que pourrait provoquer leur initiative. En s’adressant à Kirsty Coventry, ils espèrent peut-être que son élection récente, inédite dans l’histoire du CIO, puisse ouvrir une brèche dans une institution souvent perçue comme rigide. « Vous incarnez notre espoir », martèlent-ils, sans pour autant fournir de plan B au cas où leur tentative échouerait.
Quoi qu’il arrive, cette initiative révèle une fois de plus les tensions entre tradition et modernité au sein du mouvement olympique. Le vélo, longtemps cantonné à des compétitions estivales, tente de s’imposer comme une discipline universelle, capable de s’adapter aux contraintes climatiques et sociales. Reste à savoir si le CIO sera sensible à ce discours.