Saint-Claud (Jura), 3 juin 2026 — La société Dalloz Créations, spécialisée dans la fabrication de verres solaires haut de gamme et connue pour avoir équipé les fameuses lunettes aviateur portées par Emmanuel Macron lors du forum économique de Davos en janvier 2025, a été placée en liquidation judiciaire. Selon Capital, cette décision du tribunal de commerce de Lons-le-Saunier, rendue le 17 avril 2026, met un terme définitif à l’activité du groupe et entraîne le licenciement de ses 29 salariés. Le fonds de commerce, lui, est désormais mis en vente.
Ce qu'il faut retenir
- Dalloz Créations, fournisseur de verres pour les lunettes d’Emmanuel Macron à Davos en 2025, est en liquidation judiciaire depuis le 17 avril 2026.
- L’entreprise, fondée en 1957 et basée à Saint-Claud (Jura), employait 29 salariés dont les contrats seront rompus.
- Le chiffre d’affaires est passé de 3,8 millions d’euros en 2023 à 2,5 millions en 2025, entraînant un redressement judiciaire en janvier 2024.
- La société, pionnière dans l’injection de matériaux nobles (or, platine) dans les verres, misait sur la relocalisation et la montée en gamme.
- Les verres Dalloz équipaient la monture Pacific 01 S d’Henry Jullien, portée par le président lors du forum de Davos.
Une mise en lumière médiatique suivie d’un déclin économique
En janvier 2025, Dalloz Créations avait bénéficié d’une visibilité exceptionnelle lorsque le président de la République, Emmanuel Macron, avait porté lors du forum de Davos une paire de lunettes aviateur de la marque Henry Jullien. Ces montures, équipées de verres bleus miroités signés Dalloz, avaient été présentées comme un symbole de la filière lunetière jurassienne. Dans un message publié sur LinkedIn, le groupe s’était dit « fier » et « reconnaissant » envers Henry Jullien pour cette collaboration, saluant une « mise en lumière » de son savoir-faire. Autant dire que ce coup de projecteur médiatique était alors perçu comme un atout majeur pour une entreprise dont l’atelier, installé dans le Jura depuis 1921, mise sur l’excellence artisanale et la production locale.
Pourtant, cette reconnaissance publique n’a pas suffi à enrayer le déclin financier de Dalloz Créations. Selon Capital, le groupe a vu son chiffre d’affaires chuter de **3,8 millions d’euros en 2023 à 2,5 millions en 2025**, une baisse de près de 35 % en deux ans. Cette dégradation a conduit à l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire en janvier 2024, dans l’espoir de redresser la barre. Mais les efforts n’ont pas abouti : le tribunal de commerce de Lons-le-Saunier a prononcé, le 17 avril 2026, la résolution du plan de redressement et ouvert une liquidation judiciaire, actant l’arrêt définitif des activités.
Une spécialisation pionnière, mais un marché en crise
Fondée en 1957 par Christian Dalloz, la société s’était distinguée par des innovations techniques dans le domaine des verres solaires. Elle fut notamment précurseure dans l’utilisation du polycarbonate, un matériau léger et résistant, et a développé des procédés d’injection d’or ou de platine dans les verres, une signature distinctive pour une clientèle haut de gamme. Ces choix stratégiques, couplés à une communication axée sur la relocalisation et l’artisanat, avaient permis à Dalloz Créations de se positionner sur un segment premium du marché.
Pourtant, malgré ces atouts, l’entreprise n’a pu résister aux pressions d’un secteur en mutation. Le marché des verres haut de gamme, déjà concurrentiel, a été fragilisé par la crise économique post-Covid et l’inflation, qui ont pesé sur les dépenses des ménages en produits de luxe. D’autres facteurs, comme la hausse des coûts des matières premières ou la concurrence des géants asiatiques, ont également joué en défaveur de Dalloz Créations. Les difficultés se sont accumulées, rendant impossible toute reprise malgré les efforts de redressement.
Une filière lunetière jurassienne sous tension
La liquidation de Dalloz Créations intervient dans un contexte déjà marqué par des tensions dans la filière lunetière du Jura, berceau historique de l’industrie française des lunettes. Ce territoire, qui concentre des savoir-faire uniques et des ateliers d’excellence, fait face à des défis structurels : pression concurrentielle internationale, coûts de production élevés, et une demande en baisse pour des produits premium. Selon TF1, cité par Capital, la cessation des paiements avait été fixée au 20 mars 2026, mais la situation n’a pu être stabilisée à temps.
Le secteur avait déjà connu des restructurations douloureuses ces dernières années. En 2023, la fermeture d’un site emblématique avait marqué les esprits, rappelant la fragilité des entreprises artisanales face aux aléas économiques. Avec la disparition de Dalloz Créations, ce sont 29 emplois directs qui disparaissent, un coup dur pour une région où l’industrie lunetière reste un pilier économique. Le fonds de commerce mis en vente pourrait, dans le meilleur des cas, permettre une reprise partielle par un repreneur, mais les chances de sauvetage des emplois restent minces.
« Un grand merci à Henry Jullien pour sa confiance et cette collaboration qui met en lumière la richesse et la complémentarité de la filière lunetière du Jura. »
— Extrait du message publié sur LinkedIn par Dalloz Créations après le port des lunettes par Emmanuel Macron à Davos en janvier 2025.
Reste à savoir si les pouvoirs publics ou les institutions régionales interviendront pour soutenir un secteur en déclin. La disparition de Dalloz Créations pourrait en effet servir de signal d’alarme pour une industrie qui, malgré ses atouts, doit désormais faire face à des défis bien plus larges que la simple concurrence internationale.
Dalloz Créations s’était spécialisée dans les verres solaires haut de gamme fabriqués en Europe. La société était pionnière dans l’utilisation du polycarbonate et avait développé des procédés d’injection d’or ou de platine dans les verres, une signature distinctive pour une clientèle aisée. Ses verres équipaient notamment les lunettes aviateur Pacific 01 S d’Henry Jullien, portées par Emmanuel Macron à Davos en 2025.
Les 29 salariés de Dalloz Créations devraient être licenciés d’ici l’été 2026, sauf si un repreneur se manifeste dans les prochains jours. Le fonds de commerce est mis en vente par le tribunal de commerce de Lons-le-Saunier, mais aucune date butoir n’a été communiquée pour l’instant. Si aucun acheteur ne se présente, les actifs pourraient être liquidés, entraînant la disparition définitive de l’entreprise.