L’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, devenu fin 2025 actionnaire de TotalEnergies, appelle à une politique économique favorable aux entreprises en France. Selon Le Figaro, il souligne que si Paris adopte des mesures perçues comme hostiles aux entrepreneurs, le pays en paiera le prix fort, à un an de l’élection présidentielle.

Ce qu'il faut retenir

  • Daniel Kretinsky est actionnaire de TotalEnergies, Editis, Casino et Fnac Darty, devenant ainsi un acteur majeur du capitalisme français.
  • Il mise sur la croissance organique et la consolidation dans l’énergie, la grande distribution et la logistique, en misant sur des services essentiels aux citoyens.
  • Il alerte sur le risque d’un désaveu des politiques pro-business, notamment face à la montée des tendances « d’autodestruction » en Europe.
  • Son groupe, EPH, a enregistré la plus forte croissance en Europe dans le secteur de l’énergie.

Un investisseur engagé dans des secteurs stratégiques

Dans un entretien exclusif accordé au Figaro, Daniel Kretinsky précise que ses ambitions en France ne visent pas à « gérer le déclin », mais à « chercher de la croissance » dans des secteurs aussi divers que l’énergie, la grande distribution ou la logistique. « Ces secteurs ont pour point commun la nature essentielle des services fournis aux citoyens, où notre obsession est de proposer le meilleur service au meilleur prix », explique-t-il. Son groupe, EPH, se présente comme le premier acteur énergétique en termes de croissance en Europe, avec une stratégie axée sur l’exécution rigoureuse de ses plans dans les entreprises dont il contrôle le capital.

Des craintes face à l’évolution des politiques économiques françaises

À quelques mois de l’échéance présidentielle de 2027, Kretinsky n’hésite pas à tirer la sonnette d’alarme. Il juge que la France, comme d’autres pays européens, présente des « fortes tendances à l’autodestruction » lorsqu’elle met en place des politiques perçues comme défavorables aux entrepreneurs et au capital. « Si la France mène des politiques hostiles au capital et aux entrepreneurs, elle va le payer très cher », met-il en garde. Ces propos interviennent alors que le débat sur l’attractivité économique du pays s’intensifie, notamment dans un contexte de transition énergétique et de tensions sur les prix de l’énergie.

Le milliardaire tchèque, qui s’est progressivement imposé comme un acteur incontournable du paysage économique français, rappelle que ses investissements s’inscrivent dans une logique de long terme. Il mise sur des opérations de consolidation et une croissance soutenue, tout en insistant sur la nécessité de maintenir un environnement favorable aux affaires. « Nous cherchons à la fois de la croissance organique et des opérations de consolidation », précise-t-il, soulignant que EPH a déjà démontré sa capacité à performer dans un marché concurrentiel.

La transition énergétique, un enjeu central pour TotalEnergies

L’entrée de Kretinsky au capital de TotalEnergies fin 2025 s’inscrit dans un contexte marqué par la volonté de l’État français de réduire la dépendance du pays aux importations d’hydrocarbures. Selon Le Figaro, le chef de l’État, Emmanuel Macron, a d’ailleurs reçu ce mardi matin les principaux acteurs du secteur de l’électricité, de la distribution et de l’industrie pour accélérer l’électrification du pays. Une réunion à laquelle participaient distributeurs, fournisseurs d’énergie et industriels, venus présenter de nouvelles offres.

Dans ce cadre, l’engagement de Kretinsky dans TotalEnergies pourrait s’avérer stratégique. Son groupe, EPH, a déjà prouvé sa capacité à innover dans le domaine de l’énergie, avec une croissance marquée ces dernières années. Pour l’homme d’affaires, l’enjeu est double : soutenir la transition énergétique tout en garantissant la rentabilité des investissements. « Notre priorité est la bonne exécution de nos stratégies dans les sociétés dont nous sommes l’actionnaire de contrôle », rappelle-t-il.

Et maintenant ?

Les prochains mois s’annoncent décisifs pour Daniel Kretinsky et ses investissements en France. Si les politiques économiques devaient évoluer vers un cadre moins favorable aux entreprises, ses activités pourraient en pâtir. En parallèle, la transition énergétique et les discussions sur l’attractivité du territoire français devraient rester au cœur des débats, notamment à l’approche de l’élection présidentielle. Reste à voir si les annonces récentes du gouvernement suffiront à rassurer les investisseurs internationaux.

Pour l’heure, Kretinsky mise sur la stabilité et la croissance, tout en appelant à une politique économique ambitieuse. Son message est clair : la France a tout à gagner à rester un terre d’accueil pour le capital et l’innovation. Une position qui, si elle est entendue, pourrait redéfinir le paysage économique français dans les années à venir.

Daniel Kretinsky est actionnaire de TotalEnergies (énergie), Editis (médias), Casino (grande distribution) et Fnac Darty (distribution spécialisée), selon Le Figaro.