Selon Franceinfo – Faits divers, les conséquences des récents incendies qui ont frappé le Var continuent de se faire sentir dans le secteur agricole. À Cotignac, plus précisément à la ferme du Gros Bessillon, une partie des vaches ne produit plus de lait depuis les feux de forêt qui ont marqué l’été 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Près de la moitié des vaches de la ferme du Gros Bessillon ne produisent plus de lait depuis les incendies.
  • Le stress des animaux, lié aux évacuations et aux changements de conditions d’élevage, est pointé comme la cause principale.
  • La production de fromage est menacée, entraînant un manque à gagner estimé à 18 000 euros.
  • Une cagnotte en ligne a permis de récolter plus de 6 000 euros pour soutenir la ferme.
  • Deux nouvelles vaches, Rififi et Hubola, ont été achetées grâce à la solidarité locale et ont déjà commencé à produire du lait.

Une ferme familiale en difficulté après les incendies

La ferme du Gros Bessillon, située à Cotignac dans le Var, est une exploitation familiale spécialisée dans l’élevage de vaches et de chèvres. Depuis le passage des incendies, le troupeau est en état de choc. Sur les images tournées le 21 juillet 2026, on distingue encore dans le ciel une épaisse fumée, symbole des feux qui ont ravagé la région. Les évacuations précipitées et la présence répétée de moyens de lutte contre les incendies ont profondément perturbé les animaux. « Elles nous ont senties très stressées. Il y a eu plein de monde qu’elles ne connaissaient pas autour. Elles sont parties dans un endroit qu’elles ne connaissaient pas », explique Stéphanie Bernardi, cogérante de la ferme.

Les conditions d’élevage ont également changé. Lors de leur évacuation, les vaches n’ont emporté que quelques bottes de foin. La qualité de cette nourriture et les rations distribuées n’étaient pas adaptées à leurs besoins. « On avait fait une traite de fortune comme on pouvait, avec plein de collègues. Ils nous ont aidés à les tenir, autant les chèvres que les vaches. Elles n’étaient pas dans leur cadre naturel », précise Stéphanie Bernardi. Ces perturbations ont un impact direct sur la production laitière du troupeau.

Un manque à gagner estimé à 18 000 euros pour la ferme

La ferme du Gros Bessillon transforme une partie de son lait en fromage, une activité qui représente une part importante de ses revenus. Avec la baisse de production laitière, cette activité est désormais menacée. Les gérants estiment le manque à gagner à 18 000 euros, une somme qui met en péril la pérennité de l’exploitation. Face à cette situation, la solidarité s’est organisée rapidement. Une cagnotte en ligne a été lancée par des amis et des anonymes, permettant de récolter plus de 6 000 euros à ce jour.

Grâce à ces fonds, les cogérants ont pu investir dans deux nouvelles vaches, Rififi et Hubola. Ces animaux, achetés dans l’espoir de relancer la production, ont déjà commencé à donner du lait. « C’est un peu l’espoir de la ferme. Elles ont fait la première traite à la ferme. Elles ont fait du lait. On était ravis », se réjouit Stéphanie Bernardi. Cependant, leur acclimatation prendra encore quelques semaines avant que leur production ne soit optimale.

La résilience d’une exploitation face aux crises

L’histoire de la ferme du Gros Bessillon illustre les difficultés rencontrées par les éleveurs du Var après les incendies. Les animaux, comme les humains, subissent les conséquences des catastrophes naturelles. Les changements brutaux de leur environnement, combinés au stress des évacuations, peuvent avoir des répercussions durables sur leur santé et leur productivité. Dans ce contexte, l’entraide joue un rôle clé pour permettre aux exploitations de surmonter ces épreuves.

Les vaches Rififi et Hubola représentent un symbole de cette résilience. Leur arrivée a redonné un espoir concret à l’exploitation, mais leur intégration prendra du temps. « Maintenant, il faut qu’elles s’acclimatent », souligne Stéphanie Bernardi. Leur succès futur dépendra de leur adaptation aux conditions locales et de la stabilisation de la situation environnementale dans la région.

Et maintenant ?

La ferme du Gros Bessillon mise sur une reprise progressive de sa production laitière dans les prochaines semaines. Les nouvelles vaches devront s’habituer à leur nouvel environnement, tandis que le troupeau existant devrait retrouver un rythme normal d’ici quelques mois. Les gérants espèrent également bénéficier d’aides supplémentaires, notamment de la part des collectivités locales ou des dispositifs de crise mis en place après les incendies. Une évaluation précise des dégâts et des besoins de l’exploitation sera nécessaire pour déterminer les prochaines étapes.

Les incendies qui ont frappé le Var cet été ont laissé des traces bien au-delà des zones brûlées. Pour les éleveurs, la reprise passe autant par la reconstruction matérielle que par la restauration du bien-être animal. L’exemple de la ferme du Gros Bessillon montre que, malgré l’ampleur des défis, la solidarité et l’adaptation peuvent ouvrir la voie à une sortie de crise.