Si les spectateurs du Tour de France 2026 retiennent surtout les attaques en montagne ou les sprints enlevés, une partie essentielle de la performance des coureurs se joue bien avant la ligne d’arrivée : dans leur assiette. Selon Franceinfo - Sport, l’équipe Decathlon-CMA CGM a dévoilé les secrets de sa cuisine itinérante, où chaque repas est étudié pour optimiser la récupération et l’énergie des athlètes. Une logistique nutritionnelle aussi précise que la préparation des étapes.
Organisée autour de 6 à 8 repas par jour, l’alimentation des coureurs s’adapte en permanence aux exigences de la course, avec des menus conçus pour éviter les carences et maximiser les apports caloriques. Un défi de taille quand on sait que certains coureurs brûlent jusqu’à 8 000 calories lors d’une étape de montagne comme l’Alpe d’Huez. « L’équilibre est crucial, mais la variété l’est tout autant », a souligné le chef cuisinier de l’équipe, Jean-Luc Delorme, contacté par Franceinfo - Sport.
Ce qu'il faut retenir
- L’équipe Decathlon-CMA CGM sert 6 à 8 repas par jour aux coureurs pour couvrir leurs besoins énergétiques.
- Les coureurs peuvent brûler jusqu’à 8 000 calories lors d’étapes exigeantes comme l’Alpe d’Huez.
- Les menus sont adaptés en fonction des étapes : plus riches en glucides avant les cols, plus protéinés après les efforts intenses.
- La cuisine est itinérante et suit le parcours du Tour, avec des produits locaux pour varier les saveurs.
- Le chef cuisinier Jean-Luc Delorme supervise l’élaboration des repas, en collaboration avec des nutritionnistes.
Une cuisine mobile au service des champions
Installée dans un camion aménagé, la cuisine de l’équipe Decathlon-CMA CGM accompagne les coureurs depuis le départ de Barcelone, le 29 juin 2026. Équipée de fours professionnels et de chambres froides, elle permet de préparer des plats chauds à toute heure, y compris après les arrivées tardives. « On ne parle pas de simples repas, mais de carburant », a expliqué Delorme. « Chaque ingrédient est choisi pour son apport en glucides, protéines ou lipides, selon la phase de la course. »
Les menus évoluent en fonction des besoins. Avant les étapes de plaine ou les contre-la-montre, les coureurs consomment davantage de pâtes, de riz ou de pommes de terre pour charger en glycogène. En revanche, après une étape de montagne, les protéines (poisson, poulet, œufs) et les légumes sont privilégiés pour la récupération musculaire. « L’objectif est de limiter la fatigue et les blessures », a précisé le chef, qui travaille en étroite collaboration avec l’équipe médicale et les nutritionnistes de la formation.
Des produits locaux pour éviter la monotonie
Pour éviter la lassitude, la cuisine mise sur les produits de saison et les spécialités régionales. « Autant dire que le menu change radicalement selon que l’on soit en Bretagne, dans les Pyrénées ou en Provence », a commenté Delorme. En Auvergne, par exemple, les coureurs ont pu déguster une tarte aux myrtilles après une étape dans le Massif central, tandis qu’en Alsace, des baeckeoffe ont été servis pour un apport calorique optimal.
Les collations jouent également un rôle clé. Barres énergétiques maison, compotes, fruits secs ou smoothies sont distribués en permanence pour éviter les coups de fatigue. « On évite les sucres rapides, sauf en course, où ils permettent de maintenir l’énergie », a détaillé le cuisinier. Les boissons, elles, sont enrichies en électrolytes pour compenser la transpiration et les pertes minérales.
Un suivi médical et nutritionnel constant
Derrière cette organisation, une équipe de nutritionnistes suit en temps réel les données des coureurs : poids, hydratation, taux de glycémie… « On ajuste les menus en fonction des analyses sanguines effectuées chaque matin », a indiqué Sophie Martin, nutritionniste de l’équipe. « Un coureur en déficit de fer verra son alimentation enrichie en viande rouge ou en légumineuses, par exemple. »
Les coureurs sont également sensibilisés à l’importance de l’hydratation. « On leur sert des eaux aromatisées ou des boissons isotoniques, mais aussi des tisanes pour favoriser la digestion », a ajouté Martin. « Certains ont des préférences, comme le thé vert après le dîner, et on s’adapte. » Une attention particulière est portée aux coureurs souffrant d’intolérances ou d’allergies, comme c’est le cas pour Tadej Pogačar, qui évite le gluten.
Quant aux coureurs, ils devront composer avec l’accumulation de fatigue et la pression du classement général. « La nutrition ne fait pas tout, mais elle peut faire la différence entre une place sur le podium et une place dans le peloton », a résumé Martin. Une phrase qui résume à elle seule l’importance de ces repas, souvent invisibles pour les fans, mais essentiels pour la course.
Selon Franceinfo - Sport, les aliments riches en fibres insolubles (comme les céréales complètes non raffinées) ou en graisses saturées (fast-food, fritures) sont évités avant les étapes, car ils peuvent causer des troubles digestifs. Les produits laitiers sont aussi limités pour les coureurs intolérants, et l’alcool est bien sûr proscrit.