À 40 mètres sous la surface de la Méditerranée, au large de Marseille, une équipe de plongeurs bénévoles surveille l’état de santé des gorgones. Ces organismes marins, cousins des coraux, jouent un rôle clé dans la préservation de la biodiversité marine. Libération, qui a suivi cette mission, rapporte que ces espèces sont aujourd’hui menacées par le réchauffement climatique et les activités humaines.
Ce qu'il faut retenir
- Une équipe de bénévoles évalue l’état de santé des gorgones entre la surface et 40 mètres de profondeur.
- Ces organismes marins, essentiels à la biodiversité, sont menacés par le réchauffement climatique et les activités humaines.
- La mission s’inscrit dans un projet de suivi scientifique des fonds marins méditerranéens.
- Les gorgones sont des espèces fixées, jouant un rôle similaire à celui des coraux dans les écosystèmes.
- Leur déclin pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble de la chaîne alimentaire marine.
Une mission de surveillance inédite dans les eaux marseillaises
C’est une plongée au cœur des fonds méditerranéens que Libération a suivie. Entre 0 et 40 mètres de profondeur, une équipe de bénévoles, composée de plongeurs et de biologistes marins, a passé plusieurs jours à évaluer l’état de santé des gorgones. Ces organismes, souvent comparés aux coraux, forment des structures complexes qui abritent une multitude d’espèces.
Leur rôle est crucial : ils filtrent l’eau, fournissent un habitat à des centaines d’organismes et participent à la stabilité des écosystèmes marins. Pourtant, leur survie est aujourd’hui compromise. « On constate une dégradation progressive de leur état de santé », explique un membre de l’équipe, qui préfère garder l’anonymat. « Les épisodes de canicule marine, de plus en plus fréquents, les fragilisent. »
Des menaces multiples pour un écosystème fragile
Les gorgones, comme d’autres espèces fixées, sont particulièrement vulnérables aux variations de température. Le réchauffement des eaux méditerranéennes, amplifié par le changement climatique, accélère leur déclin. À cela s’ajoutent les pressions anthropiques : ancrages de bateaux, chalutage ou encore pollution marine.
Selon les observations des plongeurs, certaines zones autrefois riches en gorgones sont aujourd’hui presque dépourvues de ces organismes. « On voit des colonies blanchir, signe d’un stress thermique important », précise un bénévole. « C’est un indicateur fort de la dégradation de l’écosystème. »
Un suivi scientifique pour anticiper les risques
Cette mission s’inscrit dans un projet plus large de suivi des fonds marins méditerranéens. Mené par des associations locales et des scientifiques, il vise à documenter l’évolution de ces écosystèmes sur le long terme. Les données recueillies permettront d’alimenter les débats sur la protection de la Méditerranée.
« Ces plongeurs bénévoles sont des maillons essentiels de la recherche », souligne un chercheur en biologie marine. « Leur travail de terrain complète les études en laboratoire. Sans eux, on manquerait cruellement de données. » Les échantillons prélevés lors de ces plongées sont analysés en laboratoire pour évaluer la présence de pathogènes ou de polluants.
Les gorgones ne sont pas les seules concernées : de nombreuses espèces fixées, comme les éponges ou les coraux, subissent des pressions similaires. Leur disparition progressive pourrait, à terme, fragiliser l’ensemble de l’écosystème méditerranéen.
Les gorgones jouent un rôle d’habitat et de nurserie pour de nombreuses espèces marines. Elles filtrent également l’eau, contribuant à sa purification. Leur déclin pourrait entraîner une cascade de conséquences sur l’ensemble de l’écosystème.